Pachamama
Pachamama
Divinité majeure des peuples andins, notamment inca, Pachamama est la Terre-Mère, déesse de la fertilité, de l'agriculture et du cycle des saisons. Vénérée depuis l'époque précoloniale, elle incarne la terre nourricière et fait l'objet d'offrandes rituelles encore pratiquées aujourd'hui dans les Andes.
Faits marquants
- Pachamama est attestée comme divinité centrale dans les traditions orales et rituelles des peuples andins bien avant la conquête espagnole (avant 1532).
- Au sein de l'Empire inca (vers 1438–1532), elle était vénérée aux côtés d'Inti, le dieu Soleil, illustrant une cosmologie duale terre/ciel.
- La cérémonie du « pago a la tierra » (offrande à la Terre) est un rite millénaire encore pratiqué dans les Andes boliviennes, péruviennes et argentines.
- Après la conquête espagnole (1532), le culte de Pachamama a connu un syncrétisme avec le catholicisme, notamment via une assimilation partielle à la Vierge Marie.
- Pachamama est aujourd'hui une figure symbolique des mouvements autochtones et écologistes en Amérique latine, inscrite dans la constitution équatorienne de 2008 sous le concept de « droits de la Nature ».
Œuvres & réalisations
Organisation de l'année en douze mois lunaires articulés autour des cycles de Pachamama (semailles, croissance, récoltes). Chaque mois comportait des cérémonies spécifiques en son honneur, rythmant toute la vie sociale inca.
Immenses terrasses en gradins sculptées dans les flancs des Andes par les Incas, considérées comme un dialogue concret avec Pachamama. Ce système irrigué nourrissait des millions de personnes et représente l'un des chefs-d'œuvre de l'ingénierie précolombienne.
Corpus de chants rituels en quechua transmis oralement de génération en génération, adressés à la Terre-Mère lors des semailles et des récoltes. Ces hymnes, partiellement recueillis par les chroniqueurs espagnols, témoignent d'une théologie sophistiquée.
Fêtes officielles de l'État inca associant le culte solaire (Inti) et les rites terrestres (Pachamama), célébrées à Cusco avec processions, sacrifices et libations. Elles illustrent la complémentarité cosmique du ciel et de la terre dans la pensée andine.
Rituel d'offrande à Pachamama pratiqué sans interruption depuis l'époque préinca jusqu'à aujourd'hui dans les communautés andines de Bolivie, Pérou et Équateur. Sa continuité sur plusieurs millénaires en fait l'un des rituels indigènes les plus persistants des Amériques.
Anecdotes
Lors de chaque plantation de maïs dans les Andes, les agriculteurs incas creusaient d'abord un petit trou dans la terre et y déposaient des feuilles de coca, de la chicha (bière de maïs) et parfois de la graisse de lama. Ce geste, appelé 'pago a la Tierra', signifiait littéralement 'payer la Terre' en remerciement de sa générosité. Sans ce rituel, la récolte risquait de ne jamais venir.
Chaque année, au mois d'août — considéré comme le mois de la Terre ouverte et affamée — les communautés andines organisaient des cérémonies collectives en l'honneur de Pachamama. On enterrait des offrandes dans des trous rituels appelés 'apacheta', contenant nourriture, tissu, et objets précieux, pour apaiser la déesse et garantir la fertilité des champs pour l'année à venir.
Les chroniqueurs espagnols du XVIe siècle, comme Cristóbal de Molina, furent frappés de voir que même après la conquête, les populations andines continuaient discrètement leurs offrandes à Pachamama sous couvert de pratiques agricoles ordinaires. La déesse survécut à l'évangélisation forcée en se fondant dans les rituels quotidiens liés à la terre.
Dans la cosmologie andine, Pachamama n'est pas seulement la terre physique : elle est l'espace-temps lui-même, car le mot quechua 'pacha' désigne à la fois la terre, le monde et le temps. Vénérer Pachamama, c'était donc honorer l'ensemble de l'univers vivant, une conception qui dépasse largement la simple divinité agricole.
Sources primaires
Adoraban a la Pachamama, que es la Tierra, ofreciéndole chicha y coca en los campos antes de sembrar, pidiéndole que diese fruto y sustento a los hombres.
Los indios en todo el Reyno, para sembrar la tierra, primero hablan con la Pachamama y le dan de comer y beber, diciendo que ella es la madre que los sustenta.
Tienen por costumbre invocar a la Pachamama antes de abrir la tierra con la chaquitaclla, reconociendo en ella una potencia viva que puede favorecer o castigar.
La tierra misma es una madre que recibe los muertos y devuelve la vida a las plantas; ella no se separa jamás du monde des vivants.
Lieux clés
Lieu d'origine mythique des Incas et siège de cultes à Pachamama parmi les plus anciens des Andes. Le lac est considéré comme le nombril du monde, point de contact entre la terre et le cosmos.
Capitale de l'Empire inca, organisée comme une représentation cosmique de l'univers andin. Les temples et les cérémonies à Pachamama y étaient intégrés au calendrier rituel officiel de l'État inca.
Cité inca perchée dans les nuages dont les terrasses agricoles en gradins sont une incarnation concrète de la relation sacrée entre les hommes et Pachamama. Son orientation suit les cycles solaires et terrestres.
Ancienne cité préinca près du lac Titicaca, centre religieux majeur où se développèrent les plus anciens rites agraires andins dont les traditions liées à la Terre-Mère.
Vallée fertile considérée comme un espace béni de Pachamama, heart de l'agriculture inca avec ses terrasses monumentales. Les cérémonies de semailles y étaient parmi les plus importantes du calendrier.
Galerie
San Ignacio y San Francisco contemplando la Eucaristía, Juan de Valdés Leal
Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Jl FilpoC
Wandmalerei Lübecker Str 19 (Moabit) Mother Earth&Sebastian Wandal&2020
Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — OTFW, Berlin
North America from low orbiting satellite Suomi NPP
Wikimedia Commons, Public domain — NASA/NOAA/GSFC/Suomi NPP/VIIRS/Norman Kuring
Autumn landscape near Gullesfjordbotn, Hinnøya, 2010 September
Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Ximonic (Simo Räsänen)
The Blue Marble label QS:Lar,"الگُلَّة (البلية) الزرقاء"label QS:Len,"The Blue Marble"
Wikimedia Commons, Public domain — NASA/Apollo 17 crew; taken by either Harrison Schmitt or Ron Evans


