Déesse du feu, des volcans et de la création dans la mythologie hawaïenne, Pélé est une figure centrale de la tradition orale polynésienne. Elle est réputée habiter le cratère Halemaʻumaʻu du volcan Kīlauea, sur l'île d'Hawaï. Son mythe, transmis oralement par le peuple hawaiien, explique la formation des îles volcaniques du Pacifique.
Pele
Pélé
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Selon la tradition orale hawaïenne, Pélé est originaire de Kahiki (terme désignant une terre lointaine, probablement les îles de la Société ou les Marquises)
- Elle aurait fui sa patrie après un conflit avec sa sœur Nāmaka, déesse de la mer, et aurait voyagé d'île en île avant de s'établir au Kīlauea
- Les éruptions volcaniques étaient interprétées par les Hawaïens comme l'expression de sa colère ou de sa puissance créatrice
- Son mythe est attesté dans les chants traditionnels (mele) et les récits narratifs (moʻolelo) collectés à partir du XIXe siècle par des ethnographes comme Martha Beckwith
- Pélé est encore aujourd'hui vénérée par une partie de la population hawaïenne autochtone
Œuvres & réalisations
Pélé est créditée, dans la mythologie, de la formation continue des îles hawaïennes par ses éruptions. Ce récit constitue la principale 'œuvre' attribuée à la déesse dans la tradition orale.
Long poème épique en plusieurs milliers de vers, transmis oralement par des haku mele (maîtres des chants), retraçant les aventures de Pélé et de sa sœur bien-aimée Hiʻiaka. Il est considéré comme le chef-d'œuvre de la littérature orale polynésienne.
Ensemble de chants et de danses hula sacrés dédiés à Pélé, exécutés lors de cérémonies religieuses. Ces performances constituaient à la fois un acte de dévotion et une transmission vivante du mythe.
Récits de la relation amoureuse entre Pélé et le demi-dieu Lohiʻau, illustrant les thèmes de jalousie, de fidélité et de puissance divine. Ces moʻolelo sont parmi les plus populaires de la tradition hawaïenne.
Après le contact européen, la musique hawaïenne intégra des instruments nouveaux tout en conservant les thèmes traditionnels. De nombreux morceaux de guitare slide hawaïenne évoquent Pélé et les paysages volcaniques.
Anecdotes
Selon la tradition hawaïenne, Pélé aurait quitté sa terre natale — probablement Tahiti ou les Marquises — après une dispute avec sa sœur Nāmaka, déesse de la mer. Elle traversa l'océan Pacifique d'île en île, creusant des cratères pour y établir sa demeure, jusqu'à trouver refuge dans le Kīlauea, assez profond pour que les eaux de Nāmaka ne puissent l'atteindre.
Pélé est aussi connue pour ses amours tragiques avec le demi-dieu Lohiʻau. Elle l'aperçut en rêve, joua du tambour et dansa le hula avec lui, puis envoya sa sœur Hiʻiaka le chercher. La jalousie de Pélé provoqua une série de catastrophes volcaniques, illustrant comment les émotions divines façonnent le paysage physique des îles.
Dans de nombreux récits hawaïens, Pélé apparaît déguisée en vieille femme ou en jeune beauté pour tester la générosité des mortels. Ceux qui l'accueillent et lui offrent de la nourriture reçoivent sa protection ; ceux qui la repoussent risquent de voir la lave engloutir leurs terres. Cette tradition explique pourquoi l'hospitalité était une valeur fondamentale dans la culture hawaïenne.
Les éruptions du Kīlauea sont encore aujourd'hui interprétées par certains Hawaïens comme des manifestations de l'humeur de Pélé. Lorsque la lave coule vers la mer, on dit que Pélé étend son territoire et crée de nouvelles terres — une vision de la destruction comme acte de création continue, propre à la cosmogonie polynésienne.
Le chant épique hawaïen 'Pele and Hiiaka', transmis oralement pendant des siècles avant d'être transcrit au XXe siècle, décrit en détail les aventures de Pélé et de sa sœur préférée. Ce récit, long de plusieurs milliers de vers, est considéré comme l'une des œuvres littéraires les plus riches de toute la Polynésie.
Sources primaires
Chant traditionnel hawaïen transmis oralement par les kahuna (prêtres) et récitants, décrivant la puissance créatrice de Pélé, ses voyages et son installation dans le Kīlauea. Collecté et partiellement transcrit par des missionnaires et chercheurs hawaïens au XIXe siècle.
Emerson recueillit auprès de récitants hawaïens les chants épiques relatant les aventures de Pélé et de sa sœur Hiʻiaka. Il écrit : 'Ces chants constituent la grande épopée hawaïenne, transmise de génération en génération par des spécialistes de la mémoire orale, les haku mele.'
Beckwith réunit les récits mythologiques hawaïens collectés auprès des derniers gardiens de la tradition orale : 'Pélé est décrite comme la grande ancêtre, celle dont le corps est la terre elle-même, et dont le souffle est la vapeur qui monte des cratères.'
David Malo, érudit hawaïen du XIXe siècle, nota dans son ouvrage Moʻolelo Hawaiʻi des fragments de la mythologie de Pélé tels que transmis par les chefs et prêtres de son époque, soulignant son rôle de divinité fondatrice du territoire volcanique hawaïen.
Lieux clés
Demeure principale de Pélé selon la tradition hawaïenne. Ce cratère actif sur l'île d'Hawaï est considéré comme le foyer sacré de la déesse, et les éruptions qui s'y produisent sont interprétées comme ses manifestations.
L'île la plus grande et la plus jeune de l'archipel, entièrement façonnée par l'activité volcanique. Elle est considérée comme le territoire de prédilection de Pélé, celle qu'elle a créée et continue de modeler.
La trajectoire de Pélé depuis ses premières îles jusqu'au Kīlauea correspond géographiquement à l'alignement nord-ouest/sud-est des îles hawaïennes, du plus vieux au plus jeune — une coïncidence frappante entre mythe et géologie.
Zone sacrée comprenant le Kīlauea et le Mauna Loa, lieu de pèlerinage pour les Hawaïens attachés à la tradition. Les visiteurs sont traditionnellement invités à ne pas emporter de roches volcaniques, par respect pour Pélé.
Selon les récits, Pélé est originaire de Kahiki, terme hawaïen désignant la terre ancestrale lointaine des Polynésiens. Cette référence ancre le mythe dans la mémoire des grandes migrations du Pacifique.
Objets typiques

Grand tambour cylindrique recouvert de peau de requin, utilisé lors des cérémonies en l'honneur de Pélé. Les récits la montrent jouant du pahu pour appeler Lohiʻau à elle en rêve.

Les deux types de coulées de lave hawaïennes sont directement associés à Pélé : la lave pāhoehoe, lisse et sinueuse, représente sa grâce, tandis que la lave ʻaʻā, rugueuse et acérée, incarne sa colère.

Petites sphères de verre volcanique naturel, noir et lustré, projetées lors des éruptions. Les Hawaïens les considèrent comme les larmes de la déesse, et leur collecte est entourée de respect rituel.

Fines filaments de lave solidifiée en verre volcanique, emportés par le vent lors des éruptions. Ces fils dorés ou noirs sont vus comme les cheveux de Pélé répandus sur le paysage.

Plante sacrée utilisée dans les rituels hawaïens, notamment pour se protéger des forces surnaturelles. Portée comme bouclier ou vêtement lors des cérémonies dédiées à Pélé.

Récipient sacré en bois de koa utilisé pour les offrandes alimentaires lors des rituels en l'honneur de Pélé et des divinités volcaniques. Symbole de l'abondance et de la générosité attendue des mortels.
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Vie quotidienne
Matin
Dans les récits hawaïens, Pélé s'éveille avec les premières lueurs de l'aube dans son foyer du cratère Halemaʻumaʻu. Elle observe l'océan depuis les hauteurs du Kīlauea, sentant les flux géothermiques qui animent la terre. Parfois, elle prend forme humaine et descend dans les villages pour observer les mortels.
Après-midi
Pélé façonne et modèle la terre par ses éruptions, créant de nouvelles côtes et vallées. Dans les moʻolelo, elle joue du tambour pahu, danse le hula sacré et reçoit les offrandes des prêtres kahuna qui viennent en procession au bord du cratère pour l'apaiser ou la remercier.
Soir
La nuit, Pélé erre sous forme de flamme ou de femme mystérieuse le long des routes volcaniques. C'est à ces heures qu'elle teste les voyageurs en leur demandant de l'aide. Elle peut aussi voyager en rêve, comme lorsqu'elle rencontre Lohiʻau, franchissant les distances de l'archipel par la seule force de son esprit.
Alimentation
En tant que divinité, Pélé se nourrit des offrandes rituelles : poissons, cochons, fruits et fleurs de lehua déposés au bord du cratère par les prêtres. Dans les récits où elle prend forme humaine, elle mange comme les mortels, souvent invitée à partager un repas, ce qui constitue un test de générosité pour ses hôtes.
Vêtements
Pélé est souvent décrite vêtue de kapa, tissu fabriqué à partir d'écorce de mûrier à papier battue et teinte. Ses vêtements sont aux couleurs du feu — rouge, orange et noir — et ornés de motifs géométriques traditionnels hawaïens. Ses cheveux sont longs et noirs, souvent comparés à des coulées de lave.
Habitat
La demeure de Pélé est le cratère Halemaʻumaʻu du Kīlauea, qu'elle a choisi après un long voyage à travers l'archipel. Ce foyer souterrain de lave en fusion constitue un palais naturel de feu et de roche. Dans les récits où elle se déplace, elle peut aussi habiter temporairement des grottes volcaniques ou des tubes de lave.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Un style visuel puisant dans les motifs géométriques polynésiens et les pétroglyphes hawaïens, dominé par les teintes de lave incandescente contrastant avec le noir du basalte et le ciel étoilé du Pacifique.
Ambiance sonore
L'environnement sonore de Pélé mêle les grondements sourds du volcan actif, le sifflement de la lave entrant dans l'océan et les battements du tambour cérémoniel, créant une atmosphère à la fois sauvage et sacrée.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Création des îles hawaïennes (mythe cosmogonique)
tradition orale ancienne
Cycle épique Pele and Hiʻiaka
tradition orale, transcrit en 1915
Hula pahu — danses rituelles en l'honneur de Pélé
tradition précoloniale
Moʻolelo (récits narratifs) sur Pélé et Lohiʻau
tradition orale, collectés au XIXe siècle
Kī hōʻalu (musique de guitare hawaïenne) inspirée de Pélé
XIXe-XXe siècle






