Pele

Pélé

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MythologieReligieux/seAvant J.-C.Époque précoloniale polynésienne (tradition orale transmise depuis l'installation des premiers Polynésiens à Hawaï, vers le Ve-VIIe siècle apr. J.-C.)

Déesse du feu, des volcans et de la création dans la mythologie hawaïenne, Pélé est une figure centrale de la tradition orale polynésienne. Elle est réputée habiter le cratère Halemaʻumaʻu du volcan Kīlauea, sur l'île d'Hawaï. Son mythe, transmis oralement par le peuple hawaiien, explique la formation des îles volcaniques du Pacifique.

Questions fréquentes

Pélé est la déesse du feu, des volcans et de la création dans la mythologie hawaïenne. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle n'est pas une simple divinité destructrice : ses éruptions sont vues comme un acte de création continue, façonnant les îles hawaïennes. Elle habite le cratère Halemaʻumaʻu du volcan Kīlauea, sur l'île d'Hawaï. Son mythe, transmis oralement, raconte son voyage depuis Kahiki (Tahiti ou les Marquises) jusqu'à l'archipel, où elle creuse des cratères pour établir sa demeure.

Faits marquants

  • Selon la tradition orale hawaïenne, Pélé est originaire de Kahiki (terme désignant une terre lointaine, probablement les îles de la Société ou les Marquises)
  • Elle aurait fui sa patrie après un conflit avec sa sœur Nāmaka, déesse de la mer, et aurait voyagé d'île en île avant de s'établir au Kīlauea
  • Les éruptions volcaniques étaient interprétées par les Hawaïens comme l'expression de sa colère ou de sa puissance créatrice
  • Son mythe est attesté dans les chants traditionnels (mele) et les récits narratifs (moʻolelo) collectés à partir du XIXe siècle par des ethnographes comme Martha Beckwith
  • Pélé est encore aujourd'hui vénérée par une partie de la population hawaïenne autochtone

Œuvres & réalisations

Création des îles hawaïennes (mythe cosmogonique) (tradition orale ancienne)

Pélé est créditée, dans la mythologie, de la formation continue des îles hawaïennes par ses éruptions. Ce récit constitue la principale 'œuvre' attribuée à la déesse dans la tradition orale.

Cycle épique Pele and Hiʻiaka (tradition orale, transcrit en 1915)

Long poème épique en plusieurs milliers de vers, transmis oralement par des haku mele (maîtres des chants), retraçant les aventures de Pélé et de sa sœur bien-aimée Hiʻiaka. Il est considéré comme le chef-d'œuvre de la littérature orale polynésienne.

Hula pahu — danses rituelles en l'honneur de Pélé (tradition précoloniale)

Ensemble de chants et de danses hula sacrés dédiés à Pélé, exécutés lors de cérémonies religieuses. Ces performances constituaient à la fois un acte de dévotion et une transmission vivante du mythe.

Moʻolelo (récits narratifs) sur Pélé et Lohiʻau (tradition orale, collectés au XIXe siècle)

Récits de la relation amoureuse entre Pélé et le demi-dieu Lohiʻau, illustrant les thèmes de jalousie, de fidélité et de puissance divine. Ces moʻolelo sont parmi les plus populaires de la tradition hawaïenne.

Kī hōʻalu (musique de guitare hawaïenne) inspirée de Pélé (XIXe-XXe siècle)

Après le contact européen, la musique hawaïenne intégra des instruments nouveaux tout en conservant les thèmes traditionnels. De nombreux morceaux de guitare slide hawaïenne évoquent Pélé et les paysages volcaniques.

Anecdotes

Selon la tradition hawaïenne, Pélé aurait quitté sa terre natale — probablement Tahiti ou les Marquises — après une dispute avec sa sœur Nāmaka, déesse de la mer. Elle traversa l'océan Pacifique d'île en île, creusant des cratères pour y établir sa demeure, jusqu'à trouver refuge dans le Kīlauea, assez profond pour que les eaux de Nāmaka ne puissent l'atteindre.

Pélé est aussi connue pour ses amours tragiques avec le demi-dieu Lohiʻau. Elle l'aperçut en rêve, joua du tambour et dansa le hula avec lui, puis envoya sa sœur Hiʻiaka le chercher. La jalousie de Pélé provoqua une série de catastrophes volcaniques, illustrant comment les émotions divines façonnent le paysage physique des îles.

Dans de nombreux récits hawaïens, Pélé apparaît déguisée en vieille femme ou en jeune beauté pour tester la générosité des mortels. Ceux qui l'accueillent et lui offrent de la nourriture reçoivent sa protection ; ceux qui la repoussent risquent de voir la lave engloutir leurs terres. Cette tradition explique pourquoi l'hospitalité était une valeur fondamentale dans la culture hawaïenne.

Les éruptions du Kīlauea sont encore aujourd'hui interprétées par certains Hawaïens comme des manifestations de l'humeur de Pélé. Lorsque la lave coule vers la mer, on dit que Pélé étend son territoire et crée de nouvelles terres — une vision de la destruction comme acte de création continue, propre à la cosmogonie polynésienne.

Le chant épique hawaïen 'Pele and Hiiaka', transmis oralement pendant des siècles avant d'être transcrit au XXe siècle, décrit en détail les aventures de Pélé et de sa sœur préférée. Ce récit, long de plusieurs milliers de vers, est considéré comme l'une des œuvres littéraires les plus riches de toute la Polynésie.

Sources primaires

He Mele no Pele — Chant cérémoniel en l'honneur de Pélé (tradition orale antérieure au XIXe siècle)
Chant traditionnel hawaïen transmis oralement par les kahuna (prêtres) et récitants, décrivant la puissance créatrice de Pélé, ses voyages et son installation dans le Kīlauea. Collecté et partiellement transcrit par des missionnaires et chercheurs hawaïens au XIXe siècle.
Pele and Hiʻiaka — transcription de Nathaniel B. Emerson (1915)
Emerson recueillit auprès de récitants hawaïens les chants épiques relatant les aventures de Pélé et de sa sœur Hiʻiaka. Il écrit : 'Ces chants constituent la grande épopée hawaïenne, transmise de génération en génération par des spécialistes de la mémoire orale, les haku mele.'
Traditions of Hawaiʻi — recueil de Martha Beckwith (1940)
Beckwith réunit les récits mythologiques hawaïens collectés auprès des derniers gardiens de la tradition orale : 'Pélé est décrite comme la grande ancêtre, celle dont le corps est la terre elle-même, et dont le souffle est la vapeur qui monte des cratères.'
Récits des aliʻi (chefs) hawaïens consignés par David Malo (vers 1840)
David Malo, érudit hawaïen du XIXe siècle, nota dans son ouvrage Moʻolelo Hawaiʻi des fragments de la mythologie de Pélé tels que transmis par les chefs et prêtres de son époque, soulignant son rôle de divinité fondatrice du territoire volcanique hawaïen.

Lieux clés

Cratère Halemaʻumaʻu, Kīlauea, Hawaï

Demeure principale de Pélé selon la tradition hawaïenne. Ce cratère actif sur l'île d'Hawaï est considéré comme le foyer sacré de la déesse, et les éruptions qui s'y produisent sont interprétées comme ses manifestations.

Île d'Hawaï (Big Island)

L'île la plus grande et la plus jeune de l'archipel, entièrement façonnée par l'activité volcanique. Elle est considérée comme le territoire de prédilection de Pélé, celle qu'elle a créée et continue de modeler.

Chaîne des volcans hawaïens (du nord-ouest au sud-est)

La trajectoire de Pélé depuis ses premières îles jusqu'au Kīlauea correspond géographiquement à l'alignement nord-ouest/sud-est des îles hawaïennes, du plus vieux au plus jeune — une coïncidence frappante entre mythe et géologie.

Parc national des volcans d'Hawaï

Zone sacrée comprenant le Kīlauea et le Mauna Loa, lieu de pèlerinage pour les Hawaïens attachés à la tradition. Les visiteurs sont traditionnellement invités à ne pas emporter de roches volcaniques, par respect pour Pélé.

Kahiki (terre d'origine mythique — Tahiti ou les Marquises)

Selon les récits, Pélé est originaire de Kahiki, terme hawaïen désignant la terre ancestrale lointaine des Polynésiens. Cette référence ancre le mythe dans la mémoire des grandes migrations du Pacifique.

Voir aussi