Reine d'Angleterre par son mariage avec Édouard III en 1328, Philippa de Hainaut fut une souveraine respectée, connue pour sa clémence et son influence bienveillante. Elle joua un rôle important dans la cour anglaise et fut mécène des arts et des lettres.
Philippa de Hainaut(1310 — 1369)
Philippa de Hainaut
royaume d'Angleterre
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Née vers 1314 dans le comté de Hainaut (actuelle Belgique)
- Épouse Édouard III d'Angleterre en 1328
- Intercède en 1347 pour sauver les Bourgeois de Calais condamnés à mort par Édouard III
- Protège et finance le chroniqueur Jean Froissart
- Décède en 1369 au château de Windsor
Œuvres & réalisations
Acte de clémence majeur par lequel Philippa obtint la grâce des six notables de Calais condamnés à mort par Édouard III. Cet épisode, rapporté par Froissart, a traversé les siècles comme le symbole de sa bonté et de son influence sur son époux.
En accueillant Froissart à sa cour et en finançant ses voyages, Philippa permit la rédaction des Chroniques, source historique fondamentale sur le XIVe siècle. Son mécénat assura la transmission de la mémoire de la guerre de Cent Ans aux générations futures.
Philippa apporta son soutien royal à la fondation du Queen's College, contribuant au développement de l'enseignement supérieur en Angleterre. Ce collège porte encore son nom de façon symbolique et perpétue sa mémoire à Oxford.
En l'absence d'Édouard III parti guerroyer en France, Philippa assura la régence du royaume d'Angleterre et contribua à mobiliser les forces contre l'invasion écossaise. La victoire de Neville's Cross et la capture du roi David II d'Écosse furent en partie le résultat de son action de gouvernement.
Le tombeau de Philippa, réalisé en albâtre par le sculpteur Jean de Liège, est l'un des premiers portraits funéraires réalistes d'une souveraine en Angleterre. Il constitue un témoignage artistique exceptionnel de l'esthétique gothique internationale du XIVe siècle.
Anecdotes
En 1347, après la longue et épuisante résistance de Calais face aux armées d'Édouard III, le roi décida de faire exécuter six bourgeois de la ville qui s'étaient rendus pour épargner leurs concitoyens. Philippa, alors enceinte, s'agenouilla devant son mari en pleurant et le supplia d'accorder sa grâce aux condamnés. Le roi, ému par cette intercession, céda : les six bourgeois eurent la vie sauve. Cette scène est immortalisée dans les Chroniques de Froissart et plus tard dans la célèbre sculpture de Rodin.
Philippa était la patronne du chroniqueur Jean Froissart, qui entra à son service vers 1361. Elle lui permit de voyager à travers l'Europe pour collecter des témoignages sur les grands événements de son époque. Grâce à cette générosité royale, Froissart put rédiger ses célèbres Chroniques, qui constituent aujourd'hui une source historique majeure sur la guerre de Cent Ans et la société chevaleresque du XIVe siècle.
En 1346, pendant qu'Édouard III combattait en France lors de la campagne qui mena à la victoire de Crécy, le roi d'Écosse David II en profita pour envahir l'Angleterre. Philippa, jouant le rôle de régente, contribua à mobiliser les défenses anglaises. Les forces anglaises écrasèrent les Écossais à la bataille de Neville's Cross et capturèrent le roi David II. Cette double victoire en une même année renforça considérablement le prestige du couple royal.
Philippa de Hainaut fut à l'origine de la fondation du Queen's College d'Oxford en 1341. Le chapelain de la reine, Robert de Eglesfield, créa ce collège en son honneur et le plaça sous sa protection royale. Philippa contribua à son soutien financier, participant ainsi au développement de l'enseignement supérieur en Angleterre, à une époque où les universités étaient des institutions réservées aux clercs et aux élites.
Philippa donna naissance à douze enfants, dont plusieurs jouèrent un rôle central dans l'histoire anglaise. Son fils aîné Édouard, surnommé le Prince Noir, devint l'un des chevaliers les plus célèbres de son époque, vainqueur à Poitiers en 1356. Son fils Jean de Gand fut le père du futur roi Henri IV. Philippa assura ainsi la continuité dynastique des Plantagenêts et sa descendance marqua profondément l'histoire médiévale anglaise.
Sources primaires
La reine d'Angleterre, qui grandement aimait ces bourgeois de Calais, se jeta à genoux devant le roi son seigneur et dit : 'Ha, gentil sire, depuis que je passai la mer en grand péril, je ne vous ai requis ni don ni grâce ; or vous supplie humblement et requiers en propre don que, pour l'amour de moi, vous veuilliez avoir merci de ces six hommes.'
Ce collège est fondé en l'honneur de Dieu, de la Vierge Marie et de la très illustre reine Philippa, épouse de notre seigneur le roi Édouard III, dont la grâce et la faveur royale ont permis la création de cette maison d'étude.
La reine notre dame Philippa a intercédé en faveur des marchands flamands arrêtés à Southampton, obtenant leur libération par grâce royale et le retour de leurs marchandises, témoignant de sa sollicitude envers les sujets du roi.
Item, je lègue à mon cher seigneur et époux le roi toutes mes robes, joyaux, pierreries et biens mobiliers, le priant humblement de pourvoir à l'acquittement de mes dettes et à la dotation de mes dames d'honneur selon leur mérite et fidèle service.
Lieux clés
Ville natale de Philippa, capitale du comté de Hainaut, aujourd'hui dans le nord de la France. C'est là qu'elle grandit et reçut l'éducation d'une princesse avant son mariage avec le futur roi d'Angleterre.
Lieu du mariage de Philippa et d'Édouard III le 24 janvier 1328. Cette cathédrale gothique, l'une des plus grandes d'Angleterre, fut le cadre de l'union qui fit de Philippa reine d'Angleterre.
Résidence royale préférée de Philippa, où elle passa une grande partie de sa vie et où elle mourut le 15 août 1369. Ce château royal, au bord de la Tamise, était le cœur de la vie de cour sous Édouard III.
Ville française assiégée par Édouard III en 1346-1347, où Philippa obtint la grâce des six bourgeois condamnés à mort. Cet épisode reste l'acte de clémence le plus célèbre de son règne.
Lieu du couronnement de Philippa (1330) et de sa sépulture (1369). Son gisant funéraire en albâtre, l'un des premiers portraits réalistes d'une souveraine anglaise, est toujours visible dans l'abbaye.
Collège universitaire fondé en 1341 sous la protection de Philippa par son chapelain Robert de Eglesfield. Ce soutien à l'enseignement illustre le rôle de mécène de la reine dans la vie intellectuelle anglaise.
Objets typiques

Recueil de prières illustré de miniatures, objet de dévotion quotidien de la reine. Philippa, femme pieuse et cultivée, possédait plusieurs manuscrits enluminés hérités de la tradition artistique flamande de sa région natale.

Insigne du pouvoir royal porté lors des cérémonies officielles. Philippa fut couronnée reine d'Angleterre le 4 mars 1330 à l'abbaye de Westminster, consolidant son statut de souveraine à part entière.

Tissage mural en laine et soie représentant des scènes de cour ou de chasse, emblème du raffinement flamand dont Philippa était issue. Elle contribua à introduire le goût des arts textiles flamands à la cour anglaise.

Matrice de cire utilisée pour authentifier les actes officiels et la correspondance de la reine. Le sceau de Philippa la représente en majesté sur son trône, entourée des armes de Hainaut et d'Angleterre.

Objet de dévotion portable, composé de perles précieuses servant à compter les prières. Les inventaires royaux du XIVe siècle mentionnent plusieurs chapelets appartenant à Philippa, témoins de sa piété personnelle.

Vêtement de cérémonie typique d'une reine médiévale, orné de fourrures précieuses et brodé de fils d'or. Philippa était réputée pour l'élégance de sa cour et l'influence de la mode flamande qu'elle importa en Angleterre.
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Vie quotidienne
Matin
Philippa commençait sa journée par la prière et la messe matinale dans la chapelle royale, accompagnée de ses dames d'honneur. Elle consacrait ensuite du temps à l'administration de sa maison royale : réception des pétitions, gestion des finances de son douaire et supervision des nombreux domestiques attachés à sa cour.
Après-midi
L'après-midi était souvent consacré aux affaires de la cour : audiences, réception d'ambassadeurs ou de nobles, et suivi de l'éducation de ses nombreux enfants. Philippa s'intéressait également à la lecture de manuscrits enluminés et pouvait recevoir des chroniqueurs ou des lettrés tels que Froissart pour discuter de leurs travaux.
Soir
Les soirées à la cour d'Édouard III étaient marquées par des banquets solennel où ménestrels et jongleurs divertissaient l'assemblée. Philippa présidait ces festivités aux côtés du roi, veillant à l'étiquette courtoise, avant de se retirer pour les prières du soir — complies — puis le repos dans les appartements royaux.
Alimentation
La table royale proposait des viandes rôties (cerf, sanglier, cygne), des poissons en jours de jeûne, et des épices orientales (poivre, gingembre, cannelle) importées à grands frais. Les banquets comprenaient également des pâtisseries sucrées au miel et des vins de Gascogne ou du Rhin, servis dans des coupes dorées.
Vêtements
Philippa portait des robes longues en velours ou en damas de soie, souvent aux couleurs des armes royales, bordées de fourrures précieuses comme l'hermine réservée à la royauté. Elle arborait des coiffes et voiles fixés par des broches et diadèmes en or, et ses doigts étaient ornés de bagues gestuelles à pierre précieuses selon la mode flamande et anglaise de son époque.
Habitat
Philippa résidait principalement dans les châteaux royaux de Windsor, Westminster et Woodstock, vastes ensembles de bâtiments en pierre comportant grandes salles, chapelle, cuisines et jardins. Ses appartements privés étaient meublés de lits à baldaquin recouverts de draps de lin fin, de coffres en bois sculpté pour les vêtements, et de tapisseries flamandes qui réchauffaient les murs de pierre.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Intercession pour les Bourgeois de Calais
1347
Patronage de Jean Froissart et des Chroniques
1361-1369
Protection et soutien au Queen's College d'Oxford
1341
Régence lors de la campagne de France (1346)
1346
Gisant funéraire à l'abbaye de Westminster
vers 1367






