Peintre post-impressionniste français, cofondateur du groupe des Nabis. Célèbre pour ses scènes intimistes aux couleurs vibrantes — intérieurs, nus, jardins — Bonnard renouvelle la peinture française de la première moitié du XXe siècle.
Pierre Bonnard(1867 — 1947)
Pierre Bonnard
France
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« La couleur est très difficile à trouver. Il faut la découvrir.»
« Je cherche quelque chose de difficile : la profondeur sans la lourdeur.»
Faits marquants
- 1867 : naissance à Fontenay-aux-Roses
- 1889 : cofonde le groupe des Nabis avec Denis, Vuillard et Sérusier
- 1891 : premières affiches lithographiques remarquées (France-Champagne)
- 1912-1939 : séjours réguliers dans le Midi, installe son atelier au Cannet (1926)
- 1947 : décès au Cannet, quelques jours après avoir retouché un dernier tableau
Œuvres & réalisations
L'une des premières œuvres majeures de Bonnard, marquée par l'influence des estampes japonaises dans son cadrage asymétrique et ses aplats décoratifs. Elle affirme le style Nabi naissant.
Nu allongé de Marthe, traité avec une sensualité douce et une gamme colorée chaude. Cette toile illustre le regard intime et bienveillant que Bonnard pose sur le corps féminin.
Chef-d'œuvre de la maturité, ce tableau montre une table dressée devant une fenêtre ouverte sur un jardin éclatant. Il synthétise la capacité de Bonnard à faire vibrer intérieur et extérieur dans une même lumière dorée.
L'une des plus célèbres représentations de Marthe dans son bain, où le corps est presque dissous dans les reflets colorés de l'eau. Un sommet de son exploration chromatique et de son intimisme.
Vue plongeante sur le jardin méditerranéen de sa villa, irradié d'une lumière chaude et dorée. Cette toile est emblématique de ses années provençales, explosives de couleurs pures.
Dernière grande toile de Bonnard, achevée peu avant sa mort. Un amandier en pleine floraison contre un ciel bleu intense — ultime hymne à la vie et à la couleur méditerranéenne.
Anecdotes
En 1889, Pierre Bonnard et ses amis Paul Sérusier, Maurice Denis et Édouard Vuillard fondent le groupe des Nabis — mot hébreu signifiant « prophètes ». Fascinés par la leçon de Gauguin rapportée par Sérusier sur un couvercle de boîte à cigares (appelé le « Talisman »), ils décident de révolutionner la peinture en renonçant à l'illusion du volume au profit de la couleur pure.
Pierre Bonnard rencontre en 1893 Maria Boursin, une jeune femme qui se fait appeler Marthe de Méligny. Elle devient son modèle principal pendant cinquante ans. Extrêmement pudique et solitaire, Marthe passait ses journées à se laver : Bonnard la peignit des centaines de fois dans son bain, transformant ce geste quotidien en une exploration infinie de la lumière et de la couleur.
Contrairement à ses contemporains, Bonnard ne peignait jamais devant son modèle. Il croquait des scènes dans de petits carnets qu'il emportait partout, puis restituait ses impressions de mémoire dans l'atelier. Il était convaincu que la mémoire retient l'essentiel là où l'œil enregistre trop, et cherchait, disait-il, « quelque chose de plus vrai que le vrai ».
Dans les années 1920, Bonnard entretient une liaison avec Renée Monchaty, une jeune peintre admirative de son œuvre. Lorsqu'il épouse finalement Marthe en 1925, Renée, désespérée, se suicide. Cette tragédie pèse sur les dernières décennies de sa vie, et l'on reconnaît parfois ses traits dans certains portraits féminins de cette période.
Réfugié à Le Cannet, sur les hauteurs de Cannes, pendant la Seconde Guerre mondiale, Bonnard continue de peindre jusqu'à ses 79 ans. Sur son lit de mort en janvier 1947, il demande à son neveu Charles Terrasse de corriger l'herbe d'un tableau qui lui semble trop jaune — ultime témoignage de sa quête permanente de la couleur juste.
Sources primaires
« Nous cherchons tous les deux la même chose par des voies différentes. Ce qui nous rapproche, c'est que ni vous ni moi ne voulons rester dans l'imitation du réel. »
« La peinture des Nabis était une peinture de formule. On avait découvert quelque chose, et on suivait cette découverte. Après, il a fallu trouver sa propre voie, revenir à la nature, à la sensation. »
« Je travaille beaucoup et commence à entrevoir ce que pourrait être la peinture telle que je la conçois — quelque chose de fervent et de clair à la fois. »
« Je me suis souvent demandé si j'avais le droit d'appeler mes toiles des tableaux. Ce sont des tentatives pour retrouver une émotion que j'ai eue et qui est déjà loin quand je commence à peindre. »
Lieux clés
Ville de naissance de Pierre Bonnard en 1867, alors commune verdoyante de la banlieue parisienne entourée de roseraies. C'est dans ce cadre bourgeois et jardiné que se forge son goût pour l'intimité domestique.
C'est à Paris, à l'Académie Julian et à l'École des Beaux-Arts, que Bonnard forme le groupe des Nabis et commence sa carrière. Montmartre est le cœur de sa vie artistique et bohème durant les années 1890-1900.
Propriété familiale des Bonnard dans le Dauphiné. Pierre y passe de nombreux étés et y peint les premiers jardins et scènes champêtres qui deviendront une signature durable de son œuvre.
Bonnard acquiert en 1912 une petite maison appelée La Roulotte près de Vernon. Il y cultive un jardin luxuriant dont il tire d'innombrables toiles aux couleurs exubérantes, sous la lumière douce de la Normandie.
Bonnard s'installe définitivement dans cette villa des hauteurs de Cannes à partir de 1927. La lumière méditerranéenne y transforme sa palette ; il y vit et peint jusqu'à sa mort le 23 janvier 1947.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
La Partie de croquet
1892
L'Indolente
1899
Nu dans la baignoire
1936-1938
Le Jardin du Cannet
1937
L'Amandier en fleur
1946-1947






