Mathématicien et astronome français (1749–1827), Laplace est l'auteur du Traité de mécanique céleste et a développé la théorie des probabilités. Il formula l'hypothèse nébulaire sur la formation du système solaire.
Pierre-Simon Laplace(1749 — 1827)
Pierre-Simon de Laplace
France
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Je n'avais pas besoin de cette hypothèse.»
« Le poids de la preuve doit être proportionnel à l'étrangeté du fait.»
Faits marquants
- 1749 : naissance à Beaumont-en-Auge, Normandie
- 1796 : publication de l'Exposition du système du monde et formulation de l'hypothèse nébulaire
- 1798–1825 : publication du Traité de mécanique céleste en 5 volumes
- 1812 : publication de la Théorie analytique des probabilités
- 1827 : mort à Paris ; membre de l'Académie des sciences et pair de France
Œuvres & réalisations
Premier grand résultat de Laplace : il démontre que les perturbations mutuelles des planètes sont périodiques et non cumulatives, garantissant la stabilité du système solaire. Ce mémoire fonde la mécanique céleste comme discipline mathématique rigoureuse.
Synthèse accessible de l'astronomie newtonienne, sans une seule formule, destinée au grand public cultivé. Laplace y expose pour la première fois l'hypothèse nébulaire sur la formation du système solaire à partir d'un nuage de gaz en rotation.
Chef-d'œuvre scientifique de Laplace, traduit en anglais par Mary Somerville, qui rassemble et développe toute la théorie mathématique du mouvement des corps célestes sous l'effet de la gravitation. L'ouvrage reste une référence fondamentale pendant tout le XIXe siècle.
Somme mathématique fondatrice de la théorie moderne des probabilités, qui y reçoit pour la première fois un traitement systématique et rigoureux. Laplace y développe notamment la méthode des fonctions génératrices et l'application des probabilités aux sciences sociales.
Introduction non technique à la Théorie analytique, destinée aux lecteurs non mathématiciens. Laplace y formule sa vision déterministe de l'univers et imagine le célèbre « démon de Laplace », intellect hypothétique capable de tout prédire.
Application pionnière du calcul des probabilités aux verdicts judiciaires et aux erreurs humaines. Ce travail anticipe la statistique sociale et influença des penseurs comme Condorcet et plus tard Quételet.
Anecdotes
Lorsque Napoléon Bonaparte lut la Mécanique céleste et demanda à Laplace pourquoi Dieu n'y apparaissait pas, le savant lui aurait répondu avec assurance : « Sire, je n'ai pas eu besoin de cette hypothèse. » Cette réplique célèbre illustre le tournant décisif du XVIIIe siècle finissant, où la science prétendait expliquer l'univers sans recourir au divin.
Napoléon nomma Laplace ministre de l'Intérieur en novembre 1799, mais le renvoya au bout de six semaines seulement, jugeant qu'il « apportait l'esprit des infiniment petits dans l'administration ». Laplace fut alors nommé vice-président du Sénat, poste plus en accord avec son tempérament de théoricien.
Dans son Essai philosophique sur les probabilités (1814), Laplace imagina un être hypothétique — que la postérité appellera le « démon de Laplace » — capable de connaître la position et la vitesse de chaque particule de l'univers. Pour cet intellect parfait, affirmait-il, l'avenir et le passé seraient aussi présents que l'instant actuel. Cette pensée de génie a nourri les débats sur le déterminisme jusqu'au XXe siècle.
Laplace formula indépendamment de l'allemand Kant l'hypothèse nébulaire : le système solaire se serait formé par condensation progressive d'un nuage de gaz en rotation. Cette idée, exposée en 1796 dans son Exposition du système du monde, resta longtemps spéculative mais fut confirmée dans ses grandes lignes par l'astrophysique moderne.
Célèbre pour son opportunisme politique, Laplace sut traverser la Révolution, le Consulat, l'Empire et la Restauration en restant toujours en bonne position. À la chute de Napoléon, il vota la déchéance de l'Empereur au Sénat, ce que ses contemporains jugèrent d'une ingratitude remarquable. Il mourut en 1827 chargé d'honneurs, peu de temps après avoir dicté ses dernières corrections à la Mécanique céleste.
Sources primaires
« Toutes les révolutions du système planétaire peuvent être considérées comme les oscillations d'une grande horloge dont le ressort est la gravitation universelle. »
« J'ai cherché à établir que les phénomènes célestes et toutes leurs variations n'exigent d'autre force que la gravitation universelle, agissant en raison inverse du carré des distances. »
« Nous devons envisager l'état présent de l'univers comme l'effet de son état antérieur et comme la cause de celui qui va suivre. Une intelligence qui, pour un instant donné, connaîtrait toutes les forces dont la nature est animée… n'omettrait rien qui fût incertain, et l'avenir comme le passé seraient présents à ses yeux. »
« La théorie des probabilités n'est, au fond, que le bon sens réduit au calcul. »
« J'ai démontré que les inégalités planétaires sont périodiques et que les grands axes des orbites ne peuvent changer de manière séculaire sous l'action mutuelle des planètes. »
Lieux clés
Village natal de Laplace, situé dans le Calvados. Fils de paysan aisé, il y reçut ses premières leçons auprès des bénédictins locaux avant d'être remarqué pour ses dons exceptionnels en mathématiques.
Établissement où Laplace obtint son premier poste de professeur de mathématiques à son arrivée à Paris, grâce à l'appui de d'Alembert. C'est là qu'il examina le jeune Bonaparte en 1785 lors de son admission comme artilleur.
Institution scientifique centrale de l'astronomie française où Laplace collabora avec les observateurs pour obtenir les données célestes qui alimentaient ses théories. Ses travaux sur les perturbations planétaires s'appuyaient directement sur les mesures effectuées ici.
Résidence de campagne de Laplace où il reçut régulièrement des savants de premier plan (Berthollet, Gay-Lussac, Humboldt) au sein de la célèbre Société d'Arcueil. Ce cercle informel fut l'un des foyers intellectuels les plus actifs de l'Europe napoléonienne.
Siège de l'Académie des sciences où Laplace présenta la plupart de ses mémoires fondateurs et joua un rôle d'organisateur de la science française pendant quarante ans. Il en fut l'une des figures dominantes sous l'Empire et la Restauration.
Objets typiques

Instrument essentiel de l'astronome au XVIIIe siècle, la lunette permettait d'observer les planètes et de mesurer leurs positions avec précision. Laplace utilisait les observations collectées à l'Observatoire de Paris pour valider ses théories sur les perturbations planétaires.

Avant les calculatrices, les astronomes et mathématiciens dépendaient de vastes tables de logarithmes pour effectuer leurs calculs. Laplace les utilisait quotidiennement pour résoudre les équations différentielles décrivant les mouvements célestes.

Instrument de mesure du temps servant à chronométrer les passages d'étoiles au méridien, le pendule de précision était indispensable à l'astronomie de position. Ses données alimentaient les calculs que Laplace transformait en lois mathématiques.

Représentation tridimensionnelle de la voûte étoilée, le globe céleste permettait de visualiser les constellations et les trajectoires des planètes. Laplace s'en servait pour illustrer ses cours et expliquer ses découvertes sur la stabilité du système solaire.

Grand instrument fixé au mur de l'observatoire, permettant de mesurer avec précision les angles d'élévation des astres. Les mesures réalisées avec cet instrument à l'Observatoire de Paris fournirent à Laplace les données observationnelles de la Mécanique céleste.

Outil d'écriture universel des savants du XVIIIe siècle, la plume d'oie servait à rédiger les mémoires académiques et les volumineuses pages de la Mécanique céleste. On rapporte que Laplace laissait parfois des lacunes dans ses démonstrations avec la note « il est aisé de voir que », au grand désespoir de ses lecteurs.
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Vie quotidienne
Matin
Laplace se levait tôt et consacrait les premières heures du matin au calcul dans son cabinet de travail. Il était réputé pour sa capacité de concentration intense et remplissait de grandes feuilles de formules en travaillant en silence, ne s'interrompant que pour vérifier des observations astronomiques ou consulter ses tables de logarithmes.
Après-midi
L'après-midi était souvent réservé aux obligations académiques : séances de l'Institut, lecture de mémoires soumis par des confrères, et rédaction de rapports scientifiques. À Arcueil, Laplace recevait des savants dans sa villa — Berthollet, Gay-Lussac, Humboldt — pour des discussions scientifiques qui se prolongeaient autour de la table.
Soir
Les soirées parisiennes étaient volontiers mondaines : Laplace fréquentait les salons littéraires et scientifiques en vogue sous l'Empire, où sciences et politique se mêlaient. Il était connu pour soigner ses relations avec le pouvoir et adapter habilement ses positions aux circonstances.
Alimentation
La table d'un académicien aisé sous l'Empire était abondante : viandes rôties, volailles normandes en souvenir de ses origines, vins de qualité. À Arcueil, les repas collectifs avec la Société d'Arcueil mêlaient bonne chère et débats scientifiques animés.
Vêtements
Laplace portait les habits de l'élite intellectuelle et administrative de son temps : habit brodé pour les cérémonies officielles au Sénat ou à l'Institut, redingote sobre pour les journées de travail. Sous l'Empire, ses fonctions de sénateur lui conféraient un uniforme officiel distinctif.
Habitat
Laplace possédait un appartement parisien dans un quartier bourgeois et une villa à Arcueil, au sud de Paris, où il aimait travailler à l'écart de l'agitation de la capitale. Cette maison de campagne, dotée d'un laboratoire partagé avec son ami Berthollet, était le centre de la Société d'Arcueil.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Mémoire sur la stabilité du système solaire
1773
Exposition du système du monde
1796
Traité de mécanique céleste (5 tomes)
1799–1825
Théorie analytique des probabilités
1812
Essai philosophique sur les probabilités
1814
Mémoire sur la théorie des probabilités appliquée aux jugements criminels
1816






