Pol Pot(1925 — 1998)

Pol Pot

Cambodge, Indochine française, Kampuchéa démocratique, République populaire du Kampuchéa, République khmère, État du Cambodge, royaume du Cambodge

6 min de lecture

PolitiqueMilitaireXXe siècleCambodge de la seconde moitié du XXe siècle, marqué par la guerre froide, la décolonisation de l'Indochine, la guerre du Viêt Nam et l'expérience totalitaire des Khmers rouges.

Pol Pot, de son vrai nom Saloth Sâr, est un homme d'État et révolutionnaire cambodgien, secrétaire général du Parti communiste du Kampuchéa. Chef des Khmers rouges, il dirige le Cambodge de 1975 à 1979 et porte la responsabilité du génocide cambodgien qui fit environ 1,7 million de morts.

Questions fréquentes

Pol Pot, de son vrai nom Saloth Sâr, est le chef des Khmers rouges et le principal responsable du génocide cambodgien (1975-1979). Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a dirigé l'un des régimes les plus radicaux de l'histoire, inspiré par le maoïsme et un communisme agraire extrême. Moins un homme politique classique qu'un révolutionnaire fanatique, il a imposé une refonte totale de la société, abolissant l'argent, la famille et la religion, au prix d'environ 1,7 million de morts. Sa singularité tient à son isolement : contrairement à d'autres dictateurs communistes, il a coupé le Cambodge du monde extérieur pendant près de quatre ans.

Faits marquants

  • Né en 1925 (Saloth Sâr) dans la province de Kampong Thom, au Cambodge
  • Prend le pouvoir à Phnom Penh le 17 avril 1975 à la tête des Khmers rouges
  • Instaure le Kampuchéa démocratique (1975-1979) : évacuation des villes, abolition de la monnaie, travail forcé dans les campagnes
  • Responsable du génocide cambodgien (env. 1,7 million de morts, soit près d'un quart de la population)
  • Renversé par l'intervention vietnamienne en janvier 1979, il meurt en 1998 dans la jungle

Œuvres & réalisations

Fondation du Parti communiste du Kampuchéa (1960)

Organisation clandestine dont Pol Pot prit la tête, noyau idéologique et militaire du futur régime khmer rouge.

Proclamation du Kampuchéa démocratique (1975-1976)

Instauration d'un État communiste agraire radical visant à refonder entièrement la société cambodgienne (« Année zéro »).

Plan quadriennal agricole (1977)

Programme imposant des quotas de production de riz démesurés, à l'origine de famines massives et de travail forcé.

Évacuation forcée des villes (avril 1975)

Déportation de millions de citadins vers les campagnes, l'une des décisions les plus meurtrières du régime.

Système de coopératives et de communes rurales (1975-1979)

Collectivisation totale abolissant la propriété privée, l'argent et la famille traditionnelle au profit de l'Angkar.

Appareil de répression (Santebal et prison S-21) (1975-1979)

Police politique et réseau de centres de détention organisant les purges, la torture et les exécutions de masse.

Anecdotes

Né Saloth Sâr dans une famille de paysans relativement aisés, le jeune Pol Pot obtint une bourse pour étudier l'électronique et la radiotechnique à Paris au début des années 1950. Il échoua à ses examens, mais c'est là qu'il découvrit le marxisme et fréquenta des cercles communistes français.

Pol Pot fut l'un des dirigeants les plus secrets du XXe siècle : pendant des années, il dissimula sa véritable identité derrière des pseudonymes. Beaucoup de Cambodgiens ignoraient même qui était réellement le « Frère numéro un » qui gouvernait leur pays.

Dès la prise de Phnom Penh le 17 avril 1975, les Khmers rouges vidèrent la capitale en quelques jours, forçant des centaines de milliers d'habitants — y compris les malades sortis des hôpitaux — à marcher vers les campagnes pour y travailler la terre.

Le régime décréta l'« Année zéro » : l'argent, les écoles, les religions, la propriété privée et la médecine moderne furent abolis. Le calendrier devait recommencer de zéro pour bâtir une société agraire entièrement nouvelle.

Renversé par l'invasion vietnamienne en 1979, Pol Pot ne fut jamais jugé par un tribunal international. Il mourut en 1998 dans la jungle, en résidence surveillée par ses propres anciens compagnons khmers rouges qui l'avaient mis aux arrêts.

Sources primaires

Discours de proclamation du Kampuchéa démocratique, Pol Pot (1976)
Plus de deux mille ans d'histoire du peuple cambodgien s'achèvent ; une ère entièrement nouvelle commence.
Registres et photographies du centre de détention S-21 (Tuol Sleng) (1975-1979)
Chaque prisonnier était photographié à son arrivée et contraint de rédiger des « confessions » détaillées avant son exécution.
Constitution du Kampuchéa démocratique (janvier 1976)
Toutes les propriétés importantes des moyens de production sont la propriété collective de l'État du peuple et la propriété commune des coopératives.
Entretien de Pol Pot avec la journaliste Nate Thayer (1997)
Ma conscience est tranquille. Je suis venu pour mener la lutte, pas pour tuer des gens.

Lieux clés

Prek Sbauv (province de Kampong Thom)

Village natal de Saloth Sâr, où il naquit dans une famille de paysans relativement prospères.

Paris, France

Ville où Pol Pot étudia au début des années 1950 et découvrit le marxisme dans les cercles communistes étudiants.

Phnom Penh, Cambodge

Capitale prise par les Khmers rouges le 17 avril 1975 puis entièrement vidée de ses habitants en quelques jours.

Prison S-21 (Tuol Sleng), Phnom Penh

Ancien lycée transformé en centre de détention et de torture où des milliers de personnes furent interrogées avant d'être exécutées. Aujourd'hui musée du génocide.

Choeung Ek (« Killing Fields »)

Champ d'exécution près de Phnom Penh où des dizaines de milliers de victimes furent enterrées dans des fosses communes. Mémorial du génocide cambodgien.

Anlong Veng, frontière thaïlandaise

Dernier bastion des Khmers rouges dans la jungle, où Pol Pot fut jugé par les siens puis mourut en 1998.

Voir aussi