Porfirio Díaz(1830 — 1915)
Porfirio Díaz
Mexique
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Général et homme d'État mexicain (1830-1915), Porfirio Díaz dirigea le Mexique de 1876 à 1911 lors d'une période appelée le Porfiriato. Son régime autoritaire favorisa la modernisation économique au prix de l'oppression politique, déclenchant la Révolution mexicaine.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Pauvre Mexique, si loin de Dieu et si près des États-Unis.»
Faits marquants
- 1830 : Naissance à Oaxaca, Mexique
- 1876 : Prise du pouvoir après la bataille de Tecoac
- 1876-1911 : Le Porfiriato — 35 ans de pouvoir quasi ininterrompu
- 1910 : Début de la Révolution mexicaine contre son régime
- 1911 : Renversement et exil en France, où il meurt en 1915
Œuvres & réalisations
Manifeste révolutionnaire proclamant le principe de non-réélection pour légitimer le renversement du président Lerdo de Tejada. Ce texte fonda la légitimité initiale de Díaz, qu'il trahira lui-même en restant au pouvoir plus de trente ans.
Díaz porta le réseau de chemins de fer de 400 km à plus de 20 000 km, reliant mines, régions agricoles et ports. Cette infrastructure attira les investissements étrangers mais profita surtout aux compagnies américaines et britanniques.
Les réformes législatives ouvrirent le sous-sol mexicain aux investisseurs étrangers. Le Mexique devint l'un des premiers producteurs mondiaux d'argent et développa une industrie pétrolière naissante, enrichissant les actionnaires étrangers mais peu la population.
Díaz transforma Mexico en capitale moderne à l'européenne : Paseo de la Reforma inspiré des Champs-Élysées, réseau d'égouts, éclairage électrique, bâtiments néoclassiques. Ces transformations incarnaient sa vision du progrès 'à la française'.
Díaz mit fin aux décennies de guerres civiles en créant un corps de police rurale (Rurales) et en neutralisant ses adversaires politiques par la cooptation ou la répression. Cette 'paix porfirienne' permit la modernisation économique mais au prix des libertés civiques.
Díaz organisa en septembre 1910 des festivités grandioses pour le centenaire de l'Indépendance mexicaine, invitant des délégations du monde entier. Ces célébrations fastueuses contrastèrent crûment avec la misère paysanne et précédèrent de quelques semaines le début de la Révolution.
Anecdotes
Né dans une famille modeste d'Oaxaca, Porfirio Díaz était d'origine métisse mixtèque et espagnole. Jeune homme, il étudia d'abord le droit sous la tutelle de Benito Juárez, lui-même originaire d'Oaxaca, avant de se tourner vers la carrière militaire lors de la guerre de Réforme entre libéraux et conservateurs.
Lors de la bataille de Puebla, le 5 mai 1862, le jeune commandant Porfirio Díaz contribua de manière décisive à repousser l'armée française, pourtant bien mieux équipée. Cette victoire inattendue sur une puissance européenne devint un symbole national et est toujours célébrée chaque année sous le nom de Cinco de Mayo.
En 1876, Díaz lança son soulèvement armé avec le slogan 'Pas de réélection !' pour renverser le président Lerdo de Tejada. Ironiquement, une fois au pouvoir, il fit modifier la Constitution pour se faire réélire indéfiniment, dirigeant le Mexique pendant plus de trente ans sans interruption.
En 1908, Díaz accorda une interview retentissante au journaliste américain James Creelman, déclarant que le Mexique était prêt pour la démocratie et qu'il ne briguerait pas de nouveau mandat. Cette déclaration fut prise au sérieux par ses opposants, notamment Francisco Madero, et contribua directement au déclenchement de la Révolution mexicaine deux ans plus tard.
Renversé par la Révolution en 1911, Díaz s'exila à Paris où il mourut en 1915. Il avait 84 ans et n'avait plus revu son pays natal depuis quatre ans. Ses restes ne furent rapatriés au Mexique qu'un siècle plus tard, lors de commémorations officielles en 2011.
Sources primaires
Que el principio de no reelección del Ejecutivo Federal y gobernadores de los estados, será elevado a precepto constitucional. (Le principe de non-réélection du pouvoir exécutif fédéral et des gouverneurs des États sera élevé au rang de précepte constitutionnel.)
I welcome an opposition party in the Mexican Republic. If it appears, I will regard it as a blessing, not as an evil. And if it can develop power, not to exploit but to govern, I will stand by it, support it, advise it and forget myself in the successful inauguration of complete democratic government in the country.
El pueblo mexicano... se ha insurreccionado en bandas armadas... He sido árbitro de sus destinos durante más de un cuarto de siglo... No soy el hombre indicado para conjurar el peligro. (Le peuple mexicain s'est soulevé en bandes armées... J'ai été l'arbitre de ses destins depuis plus d'un quart de siècle... Je ne suis pas l'homme désigné pour conjurer le danger.)
Desde niño fui aficionado a las armas y a la vida de campaña; desde joven estuve siempre dispuesto a defender las causas que juzgué justas para mi patria. (Depuis l'enfance j'ai eu le goût des armes et de la vie de campagne ; depuis ma jeunesse j'ai toujours été prêt à défendre les causes que j'estimais justes pour ma patrie.)
Lieux clés
Ville natale de Porfirio Díaz, né le 15 septembre 1830 dans une famille modeste. Berceau également de Benito Juárez, cette ville du sud du Mexique fut le lieu de sa formation intellectuelle et de ses premiers engagements militaires.
Théâtre de la bataille du 5 mai 1862 (Cinco de Mayo) où Díaz se distingua en repoussant l'armée française. Il reprit également la ville en 1867 lors de la restauration de la République, consolidant sa réputation militaire.
Siège du pouvoir exécutif mexicain, lieu de travail principal de Díaz pendant plus de trente ans de présidence. Il y recevait les ambassadeurs, signait les lois et dirigeait la modernisation du pays.
Résidence officielle du président mexicain, que Díaz fit rénover et agrandir dans le style européen : mobilier Empire, jardins à la française, salons de réception. Il y vécut avec sa famille et y reçut de nombreux dignitaires étrangers.
Ville d'exil de Díaz après sa démission en mai 1911. Admirateur de la culture et du modèle français, il y passa ses quatre dernières années et y mourut le 2 juillet 1915, sans jamais avoir revu le Mexique.






