Raijin
Raijin
Raijin est le dieu du tonnerre et de la foudre dans la mythologie shintoïste japonaise. Il est représenté comme un démon entouré de tambours qu'il frappe pour produire le tonnerre. Souvent associé à Fūjin, dieu du vent, il figure en gardien aux portes des grands temples bouddhistes et shintoïstes.
Faits marquants
- Raijin est l'une des plus anciennes divinités du panthéon shintoïste japonais
- Il est représenté entouré d'un cercle de tambours (taiko) qu'il frappe pour créer le tonnerre
- Son compagnon Fūjin, dieu du vent, lui est presque toujours associé dans l'iconographie
- Leurs statues gardent l'entrée de nombreux temples, notamment le Sanjūsangen-dō de Kyoto (XIIIe siècle)
- Le tonnerre (kaminari) était interprété dans la culture japonaise comme la manifestation directe de sa colère ou de sa joie
Œuvres & réalisations
Chef-d'œuvre du style Rinpa, ce paravent à fond or représente Raijin et Fūjin dans un mouvement tourbillonnant. Conservé au temple Kennin-ji de Kyoto, il est l'image canonique de Raijin dans l'art japonais classique.
Sculptées en bois laqué et peint par le maître Tankei et ses élèves, ces statues monumentales sont des trésors nationaux japonais. Elles incarnent la fusion de l'esthétique bouddhiste et des croyances shintoïstes autour de Raijin.
Le maître Ogata Kōrin réinterprète le paravent de Sōtatsu dans un style plus épuré et raffiné, témoignant de la vitalité de l'iconographie de Raijin et de sa transmission entre artistes du courant Rinpa.
Hokusai représente Raijin dans plusieurs estampes de ses Cent Vues du mont Fuji et autres séries, popularisant son image auprès du grand public de l'époque Edo et influençant durablement l'iconographie du dieu du tonnerre.
La grande lanterne rouge de la Porte du Tonnerre, flanquée des statues de Raijin et Fūjin, est devenue le symbole d'Asakusa et l'une des images les plus photographiées du Japon. Elle matérialise le rôle de gardien de Raijin.
Les deux grandes chroniques mythologiques japonaises fondent le récit littéraire de Raijin, décrivant sa naissance du corps d'Izanami et établissant sa place dans la hiérarchie divine shintoïste pour les siècles suivants.
Anecdotes
Selon une croyance populaire japonaise très répandue, les enfants doivent cacher leur nombril pendant les orages, car Raijin est réputé dévorer les ventres des petits imprudents. Cette superstition, encore vivace au Japon aujourd'hui, a traversé les siècles comme outil éducatif pour protéger les enfants du froid et de l'humidité des nuits d'été orageuses.
Raijin est intimement lié à la culture du riz : les paysans japonais croyaient que la foudre fertilisait les rizières en libérant de l'azote dans le sol. Une bonne saison orageuse était donc considérée comme un signe de bénédiction divine, et Raijin était prié pour garantir des récoltes abondantes.
Les célèbres statues en bois de Raijin et de son compagnon Fūjin placées à l'entrée du temple Sensō-ji à Asakusa (Tokyo) dateraient du XIIIe siècle. Ces gardiens monumentaux, hauts de plusieurs mètres, étaient censés repousser les mauvais esprits et protéger les fidèles — une tradition qui fusionne les croyances shintoïstes et bouddhistes.
Le peintre Tawaraya Sōtatsu a immortalisé Raijin et Fūjin au XVIIe siècle dans un paravent laqué d'or devenu l'un des chefs-d'œuvre de l'art japonais. Cette représentation dynamique — Raijin entouré de ses tambours frappés à toute vitesse — a influencé des générations d'artistes et reste l'image canonique du dieu du tonnerre.
Dans la mythologie shintoïste, Raijin est parfois présenté comme l'un des enfants d'Izanagi et Izanami, les divinités créatrices du Japon. Selon le Nihon Shoki, plusieurs divinités du tonnerre naquirent du corps en décomposition d'Izanami dans le royaume des morts, associant ainsi Raijin à la fois à la destruction et à la régénération de la nature.
Sources primaires
Du corps d'Izanami surgirent huit divinités du tonnerre, habitant chacune une partie de son être : Ōkami (grand tonnerre), Honoikazuchi (tonnerre de feu), Kuroikazuchi (tonnerre noir)...
Izanagi, ayant pénétré dans le Yomi no Kuni pour y retrouver Izanami, vit son corps parcouru de divinités du tonnerre. Saisi d'effroi, il prit la fuite, poursuivi par les Shikome et les esprits foudroyants.
Paravent à deux panneaux sur fond or représentant Raijin (à droite), entouré de tambours disposés en cercle, et Fūjin (à gauche) tenant un sac à vents, tous deux en mouvement dynamique sur un fond d'or.
Les statues de Raijin et Fūjin sculptées par Tankei et ses élèves furent installées aux extrémités de la galerie principale pour assurer la protection des mille et un Kannon dorés alignés dans le sanctuaire.
Plusieurs poèmes de cette anthologie évoquent le tonnerre (kaminari) comme voix divine résonnant entre ciel et terre, symbole à la fois redouté et vénéré des anciens Japonais.
Lieux clés
Gardien emblématique de ce temple bouddhiste fondé en 645, Raijin y trône en statue monumentale à côté de Fūjin dans la grande porte Kaminarimon (Porte du Tonnerre), l'un des sites les plus visités du Japon.
Ce temple conserve les statues en bois sculpté de Raijin et Fūjin réalisées en 1254 par Tankei, classées trésors nationaux japonais. Elles encadrent les mille et un Kannon dorés de la galerie longue de 120 mètres.
Ce grand sanctuaire shintoïste fondé en 768 vénère notamment des divinités liées au tonnerre et aux forces naturelles. Il illustre la fusion des cultes shintoïstes et bouddhistes dans lesquels Raijin occupe une place de gardien.
C'est ici que les typhons de 1274 et 1281, interprétés comme l'intervention de Raijin et Fūjin, détruisirent les flottes mongoles de Kubilaï Khan, ancrant définitivement le mythe du kamikaze (vent divin) dans l'identité japonaise.
Ce musée conserve plusieurs des représentations les plus anciennes de Raijin, dont des peintures et sculptures des périodes Heian et Kamakura, permettant de retracer l'évolution de son iconographie sur plus de mille ans.
Galerie

Trimmed AN00000116 001 l British Museum
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Beauty and the Thunder God by Yamamoto Shunkyo, 1904, painting on paper
Wikimedia Commons, Public domain — Yamamoto Shunkyo








