Raimu (1883-1946) est l'un des plus grands acteurs français du XXe siècle, célèbre pour ses rôles dans la trilogie marseillaise de Marcel Pagnol (Marius, Fanny, César). Son jeu expressif et sa voix inimitable en font une icône du cinéma et du théâtre français.
Raimu(1883 — 1946)
Raimu
France
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Je ne joue pas la comédie, je vis mes personnages.»
Faits marquants
- Né le 17 décembre 1883 à Toulon sous le nom de Jules Auguste Muraire
- Débute au café-concert et au music-hall avant de conquérir le théâtre parisien
- Joue César dans la trilogie de Marcel Pagnol (Marius 1931, Fanny 1932, César 1936)
- Orson Welles le considérait comme le plus grand acteur du monde
- Décède le 20 septembre 1946 à Neuilly-sur-Seine
Œuvres & réalisations
Premier volet de la trilogie marseillaise adaptée de la pièce de Marcel Pagnol, ce film révèle Raimu au grand public cinématographique dans le rôle de César Olivier, père de Marius. Son interprétation mêlant autorité et tendresse établit immédiatement un registre dramatique nouveau dans le cinéma français.
Second volet de la trilogie, 'Fanny' approfondit le personnage de César, pris entre orgueil et amour paternel. Raimu y démontre une palette émotionnelle exceptionnelle, passant de la colère à la tendresse avec une fluidité qui impressionna toute la critique de l'époque.
Troisième volet de la trilogie, réalisé par Pagnol lui-même, 'César' est considéré comme le chef-d'œuvre de Raimu. La scène des retrouvailles entre César et son fils Marius est unanimement citée comme l'un des sommets du jeu d'acteur dans l'histoire du cinéma français.
Dans ce film adapté d'une nouvelle de Jean Giono, Raimu incarne un boulanger provençal inconsolable depuis que sa femme l'a quitté pour un berger. Sa performance solo dans la scène du four est citée par Orson Welles lui-même comme une référence absolue d'interprétation cinématographique.
Film dans lequel Raimu donne la réplique à la jeune Michèle Morgan dans son premier grand rôle. Il y incarne un juré populaire et naïf dont la bonté est exploitée, offrant une comédie dramatique empreinte d'humanité.
Comédie satirique sur le monde du cinéma, dans laquelle Raimu partage l'affiche avec Fernandel. Le film aborde avec humour les illusions de gloire et la dureté du milieu artistique, deux thèmes que Raimu connaissait intimement après des décennies de métier.
Anecdotes
Orson Welles, l'un des plus grands cinéastes du XXe siècle, déclara un jour : « Raimu est le plus grand acteur du monde, et je ne connais pas son égal. » Cette phrase, prononcée par un homme qui avait côtoyé les meilleurs talents hollywoodiens, résume le respect universel que suscitait le comédien toulonnais, même au-delà des frontières françaises.
Raimu, de son vrai nom Jules Auguste César Muraire, commença sa carrière dans les cafés-concerts de Toulon vers 1900, mimant et chantant devant des publics populaires. Rien ne le prédisposait à devenir une star nationale : enfant pauvre, sans formation académique, il apprit le métier d'acteur en observant et en improvisant, construisant son art à la force du caractère.
Marcel Pagnol écrivit spécialement le personnage de César pour Raimu, convaincu qu'aucun autre acteur ne pouvait incarner ce cafetier marseillais à la fois bourru, tendre et comique. Raimu fut d'abord réticent à jouer un personnage secondaire dans 'Marius' (1929), estimant que son statut de vedette de music-hall méritait un rôle principal — il finit par accepter, et César devint son rôle le plus célèbre.
Sur les tournages, Raimu était réputé pour son caractère volcanique : il pouvait interrompre une scène pour exiger qu'on reprenne depuis le début si un détail lui déplaisait, ou exploser contre un partenaire qui avait raté sa réplique. Pourtant, ses partenaires de jeu s'accordaient à dire que cette exigence intransigeante produisait des scènes d'une intensité dramatique rare.
Pendant l'Occupation allemande (1940-1944), Raimu continua à tourner en France, ce qui lui valut des critiques après la Libération. Épuisé et affecté par les reproches, sa santé déclina rapidement. Il mourut le 20 septembre 1946 à Neuilly-sur-Seine, laissant une filmographie d'une quarantaine de films en moins de vingt ans de carrière cinématographique.
Sources primaires
J'ai écrit César pour Raimu. Je ne concevais pas ce personnage sans lui, sans cette voix, sans ce visage où passent en quelques secondes la colère, la tendresse et la malice.
Je ne fais pas semblant de jouer. Je suis le personnage, je vis avec lui, je souffre avec lui. Si je n'y crois pas moi-même, comment voulez-vous que le public y croie ?
Raimu était impossible et génial à la fois. Il vous regardait avec des yeux qui brûlaient, et vous n'aviez plus qu'à répondre vrai, parce qu'il ne tolérait rien d'autre.
Raimu est le plus grand acteur du monde, et je ne connais pas son égal dans aucun pays.
Mon cher Marcel, je veux bien jouer César, mais seulement si tu me promets que ce vieux bonhomme a de la noblesse. Les gens de Marseille ne sont pas des pitres — ils ont du cœur.
Lieux clés
Ville natale de Raimu (né Jules Muraire le 17 juillet 1883), Toulon est une cité portuaire provençale où il fit ses premières armes dans les cafés-concerts locaux. L'accent et la sensibilité méridionale qu'il forgea dans sa jeunesse toulonnaise marquèrent toute sa carrière.
Cadre mythique de la trilogie de Pagnol, le Vieux-Port de Marseille est le décor imaginaire du Bar de la Marine où César règne en maître. Bien que les tournages aient eu lieu en partie en studio, Marseille est la ville symbolique de l'œuvre majeure de Raimu.
C'est à Paris, sur les scènes des Folies Bergère et du Théâtre de Paris, que Raimu bâtit sa réputation nationale dans les années 1910-1920. La création scénique de 'Marius' en 1929 au Théâtre de Paris fut le tremplin de sa carrière cinématographique.
Raimu s'établit dans cette commune bourgeoise de la banlieue parisienne en fin de vie, et c'est là qu'il mourut le 20 septembre 1946 à l'âge de 63 ans, épuisé par des années de travail intense et par les tensions de l'après-guerre.
Plusieurs films de Raimu, notamment ceux produits par Marcel Pagnol, furent tournés aux Studios de la Victorine à Nice, le grand centre de production cinématographique du Sud de la France dans les années 1930-1940.
Objets typiques

Symbole par excellence du Sud de la France, les boules de pétanque sont indissociables de l'univers de Raimu et des personnages provençaux qu'il incarnait. Dans 'César', la partie de cartes au bar du Vieux-Port côtoie l'esprit de la pétanque comme loisir populaire masculin de l'entre-deux-guerres.

Fond de teint épais, khôl et rouge à lèvres composaient le maquillage de scène des acteurs de théâtre et de music-hall, nécessaire pour que les expressions soient visibles depuis la salle. Raimu, formé au café-concert, maîtrisait cet art du masque expressif avant de l'adapter aux exigences plus subtiles de la caméra.

Boisson anisée emblématique de Marseille et de la Provence, le pastis est omniprésent dans l'univers de la trilogie Pagnol. Au comptoir du bar de César, il incarne la convivialité méditerranéenne et le mode de vie populaire que Raimu portait à l'écran avec une authenticité saisissante.

L'arrivée du cinéma parlant dans les années 1930 révolutionna l'industrie et porta au premier plan les acteurs à la voix marquante. Raimu, dont l'accent provençal et le timbre grave étaient immédiatement reconnaissables, devint l'une des grandes voix du cinéma français précisément grâce à cette technologie.

Dans le rôle de César, propriétaire du Bar de la Marine à Marseille, Raimu portait le tablier blanc caractéristique des bistrots français. Objet banal du quotidien populaire, il devenait sous son interprétation le costume d'un personnage à la dignité profonde, entre autorité paternelle et générosité méditerranéenne.

Les parties de cartes au café sont un motif récurrent dans la trilogie de Pagnol, reflétant un loisir central de la sociabilité masculine provençale. La scène des cartes dans 'César' est devenue une référence absolue du cinéma français, immortalisant les joutes verbales entre amis autour d'un jeu.
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Vie quotidienne
Matin
Raimu se levait tard, habitude héritée des nuits de music-hall et de théâtre. Sa matinée commençait par une lecture attentive des journaux — il suivait la presse avec passion, notamment les pages culturelles et politiques. Il prenait un café fort à la provençale avant d'apprendre ou de revoir ses textes, souvent à voix haute, testant les intonations et les silences.
Après-midi
Les après-midi de tournage ou de répétition étaient intenses : Raimu arrivait sur le plateau avec ses répliques parfaitement maîtrisées mais réclamait souvent de nombreuses prises pour trouver la version qui lui semblait juste. Les jours sans travail, il aimait retrouver des amis pour une partie de cartes, prolongée de discussions animées sur le théâtre, la politique ou le football.
Soir
Les soirées de représentation voyaient Raimu se transformer totalement : concentré, exigeant, il entrait en scène avec une puissance qui électrisait le public. Après le spectacle, il retrouvait souvent des amis dans des brasseries parisiennes ou marseillaises, aimant la table généreuse, la conversation qui s'étire et les anecdotes de métier partagées avec ses pairs.
Alimentation
Raimu était un amateur de cuisine provençale et méditerranéenne : bouillabaisse, aïoli, brandade de morue et plats mijotés composaient ses préférences. Il appréciait le vin rosé de Provence et, bien sûr, le pastis, cette boisson anisée qui incarnait à ses yeux la convivialité du Midi. La table était pour lui un espace de plaisir et de sociabilité autant que de nourriture.
Vêtements
Hors scène, Raimu s'habillait avec la sobriété bourgeoise d'un homme du peuple parvenu à la notoriété : costume sombre, chapeau feutre, cravate — la mise en scène du comédien respecté. Il n'aimait pas les excès de mode et gardait quelque chose du sérieux méridional dans sa façon de se vêtir, loin des coquetteries de certaines stars parisiennes.
Habitat
Raimu vécut longtemps dans des appartements parisiens confortables, notamment dans les quartiers bourgeois de la capitale. En fin de vie, il s'installa à Neuilly-sur-Seine dans une résidence tranquille. Il n'oublia jamais ses origines toulonnaises et gardait une affection profonde pour la maison familiale du Midi, qu'il évoquait avec nostalgie dans ses entretiens.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Fanny (film de Marc Allégret)
1932






