Rawlinson

Rawlinson

6 min de lecture

PolitiqueMilitairePolitiqueXIXe siècleXIXe siècle, apogée de l'Empire britannique et essor de l'archéologie orientale en Perse et en Mésopotamie

Officier et diplomate britannique de l'armée des Indes, Henry Rawlinson est l'un des principaux déchiffreurs de l'écriture cunéiforme. Il copia et traduisit l'inscription trilingue de Behistun, ouvrant l'accès aux langues de la Mésopotamie antique.

Questions fréquentes

Henry Rawlinson (1810-1895) était un officier, diplomate et orientaliste britannique, célèbre pour avoir déchiffré l'écriture cunéiforme. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a copié et traduit l'inscription trilingue de Behistun (en Iran actuel), l'équivalent d'une pierre de Rosette pour le cunéiforme. Sans lui, la lecture des textes mésopotamiens aurait été retardée de plusieurs décennies. Polyglotte hors pair, il mêla carrière militaire, diplomatie et science, devenant l'un des pères de l'assyriologie.

Faits marquants

  • Né en 1810 en Angleterre, mort en 1895
  • Copie l'inscription de Behistun en Perse à partir de 1835
  • Publie le déchiffrement du cunéiforme vieux-perse en 1846-1847
  • Cofondateur de l'assyriologie moderne, membre de la Royal Asiatic Society
  • Diplomate britannique à Bagdad et à Téhéran

Œuvres & réalisations

Copie et traduction de l'inscription de Behistun (vieux-perse) (1846)

Restitution du long texte de Darius Ier, première grande clé du déchiffrement du cunéiforme perse achéménide.

Déchiffrement de l'écriture babylonienne (1850-1851)

Travaux établissant la valeur des signes babyloniens, écriture complexe et polyvalente, à partir de la colonne babylonienne de Behistun.

Mémoires dans le Journal of the Royal Asiatic Society (1846-1855)

Série d'articles savants exposant méthode et résultats, fondateurs de l'assyriologie moderne.

Participation au test à l'aveugle de 1857 (1857)

Traduction indépendante d'un texte assyrien inédit qui prouva la fiabilité du déchiffrement devant la communauté scientifique.

England and Russia in the East (1875)

Essai géopolitique sur la rivalité anglo-russe en Asie centrale (le « Grand Jeu »), reflet de sa carrière de diplomate et de stratège.

Édition de The Cuneiform Inscriptions of Western Asia (1861 et années suivantes)

Vaste recueil de textes cunéiformes publié sous sa direction au British Museum, base documentaire pour les assyriologues.

Anecdotes

Pour copier l'inscription de Behistun, gravée à plus de 60 mètres de hauteur sur une falaise, Rawlinson se suspendait à des échelles et à des cordages au-dessus du vide. Les passages les plus inaccessibles furent atteints grâce à un jeune garçon kurde, plus agile, qui escalada la paroi pour appliquer du papier humide sur la pierre et en prendre l'empreinte.

Rawlinson travailla des années sur le texte en vieux-perse de Behistun avant même de soupçonner que les deux autres colonnes étaient en élamite et en babylonien. C'est en comparant les noms de rois comme Darius, Xerxès et Hystaspe qu'il put attribuer une valeur sonore aux signes cunéiformes.

En 1857, pour prouver que le babylonien était réellement déchiffré, la Royal Asiatic Society envoya un même texte inédit à quatre savants, dont Rawlinson, scellé séparément. Leurs traductions concordèrent largement, ce qui convainquit la communauté scientifique que le déchiffrement était fiable et non une invention.

Avant de devenir un savant, Rawlinson était surtout un officier : il arriva en Perse en 1835 pour réorganiser l'armée du shah. C'est en stationnant près de Kermanshah, au pied de la falaise de Behistun, qu'il commença à s'intéresser aux mystérieuses inscriptions du roi Darius.

Polyglotte hors pair, Rawlinson apprenait les langues orientales avec une rapidité déconcertante. On raconte qu'il pouvait réciter de longs passages du Coran en arabe et conversait en persan, en hindoustani et en plusieurs dialectes, ce qui servit autant sa carrière diplomatique que ses recherches archéologiques.

Sources primaires

The Persian Cuneiform Inscription at Behistun, decyphered and translated (Journal of the Royal Asiatic Society) (1846)
L'inscription de Behistun, gravée par ordre de Darius, fils d'Hystaspe, sur le roc, demeurait illisible : j'entrepris d'en copier chaque ligne afin d'en restituer la lecture.
Inscription de Darius à Behistun (copiée et traduite par Rawlinson) (vers 520 av. J.-C. (copiée vers 1835-1847))
Je suis Darius, le grand roi, le roi des rois, le roi de Perse, le roi des provinces, fils d'Hystaspe, l'Achéménide.
A Commentary on the Cuneiform Inscriptions of Babylonia and Assyria (1850)
L'analyse comparée des signes babyloniens montre qu'un même caractère pouvait représenter plusieurs valeurs phonétiques, difficulté majeure du déchiffrement.
England and Russia in the East (essai géopolitique de Rawlinson) (1875)
La sécurité des possessions britanniques en Inde dépend de la vigilance avec laquelle nous surveillons les avancées de la Russie en Asie centrale.

Lieux clés

Falaise de Behistun (Bisotun), Perse

Site de l'inscription trilingue de Darius Ier, gravée dans le roc. Rawlinson y consacra des années de relevés périlleux qui ouvrirent le déchiffrement du cunéiforme.

Kermanshah, Perse

Ville proche de Behistun où Rawlinson était stationné comme officier. Sa position lui permit de revenir régulièrement étudier la falaise.

Bagdad, Mésopotamie (Empire ottoman)

Poste de Rawlinson comme agent politique britannique. Il y reçut des tablettes issues des fouilles de Ninive et y poursuivit ses recherches sur le babylonien.

Ninive (près de Mossoul)

Capitale assyrienne dont les fouilles fournirent de nombreuses inscriptions cunéiformes étudiées par Rawlinson pour confirmer ses lectures.

Londres, Angleterre

Ville où Rawlinson publia ses travaux, siégea au Parlement et au conseil de l'Inde, et présida des sociétés savantes. Il y mourut en 1895.

Voir aussi