Raymond Devos (1922-2006) est un humoriste et artiste de scène français d'origine belge. Virtuose du langage, il a bâti une œuvre unique fondée sur les jeux de mots, les paradoxes et l'absurde verbal, jouée sur les plus grandes scènes.
Raymond Devos(1922 — 2006)
Raymond Devos
France
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Mon Dieu, faites que je fasse rire les gens.»
« Rien, c'est déjà quelque chose... la preuve, c'est qu'on peut le soustraire.»
« Quand on n'a rien à dire, il faut le dire tout de suite.»
Faits marquants
- Né le 9 novembre 1922 à Mouscron (Belgique)
- S'impose dans les années 1950-1960 comme maître du sketch et du monologue humoristique
- Se produit à l'Olympia et sur les plus grandes scènes françaises tout au long de sa carrière
- Élu à l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique en 1998
- Mort le 15 juin 2006 à Saint-Rémy-lès-Chevreuse (France)
Œuvres & réalisations
Sketch emblématique jouant sur l'homophonie entre la ville de Caen et l'adverbe « quand ». Un modèle de l'humour verbal poussé à l'absurde.
Monologue philosophique et burlesque sur l'agitation humaine, devenu l'un de ses numéros les plus repris.
Sketch qui décortique les redondances de la langue française avec une logique implacable et hilarante.
Numéro fondé sur un jeu de mots filé, illustrant sa virtuosité à faire dérailler le sens des mots.
Sa consécration scénique qui l'installe durablement parmi les grands du one-man-show français.
Recueil réunissant l'ensemble de ses textes, qui fait entrer son œuvre dans le patrimoine littéraire.
Reconnaissance institutionnelle de son travail sur la langue, rare pour un humoriste de scène.
Anecdotes
Né à Mouscron en Belgique en 1922, Raymond Devos grandit dans une famille modeste ruinée par la crise de 1929. Adolescent, il enchaîne les petits métiers — manutentionnaire, docker, apprenti dans une épicerie — avant de trouver sa voie sur les planches.
Devos était un authentique homme-orchestre : il jouait d'une quinzaine d'instruments, dont la clarinette, le piano, la guitare et la trompette. Il glissait souvent des intermèdes musicaux dans ses spectacles, mêlant le clown, le mime et le jongleur au verbe.
Son sketch le plus célèbre, « Caen », joue sur la confusion entre la ville de Caen et l'adverbe « quand » : « À Caen, les vacances ? » Ce jeu sur l'homophonie est devenu un cas d'école de son art du calembour et du malentendu poussé jusqu'à l'absurde.
En 1978, la vedette américaine Jerry Lewis, admiratif, l'invite à jouer à Broadway. Devos, dont tout l'art repose sur la langue française, releva le défi en adaptant certains numéros, prouvant que sa gestuelle de mime pouvait franchir la barrière de la langue.
Perfectionniste maladif, Devos pouvait travailler un sketch pendant des mois, voire des années, avant de le juger digne de la scène. Il notait ses trouvailles verbales sur des carnets et affirmait que ses meilleures idées lui venaient la nuit ou en marchant.
Sources primaires
J'étais l'autre jour à Caen pour affaires. En sortant de la gare, j'ai vu un train qui partait. J'aurais bien voulu le prendre... Il partait à Caen, en même temps que moi.
Où courent-ils ? Chaque fois que je vois quelqu'un courir dans la rue, je me demande : où court-il ? Court-il après quelque chose, ou fuit-il quelque chose ?
Moi qui vous parle, il m'est arrivé un jour de monter en haut d'un arbre. Vous me direz : on ne peut pas monter en bas ! Bien sûr ! Mais on peut descendre en bas !
Mon Dieu, faites que je réussisse, car ce n'est pas facile de faire rire les gens intelligents ; les imbéciles, c'est trop facile.
Lieux clés
Ville natale de Raymond Devos, tout près de la frontière française. Il y naît en 1922 dans une famille modeste.
Salle mythique du music-hall parisien où Devos triomphe à partir de 1963. Ses passages y deviennent des rendez-vous attendus de son public.
Commune de la vallée de Chevreuse où Devos vit et travaille dans sa propriété. Il y meurt en 2006.
En 1978, sur l'invitation de Jerry Lewis, Devos y joue et fait découvrir son art aux États-Unis.
Institution belge qui l'accueille parmi ses membres en 1989, reconnaissance de son art du langage.
Objets typiques

Instrument indispensable du monologuiste de scène, autour duquel Devos construisait ses déplacements et ses silences. Il en jouait comme d'un partenaire de jeu.

L'un des nombreux instruments dont Devos jouait en scène. Il intercalait ses numéros musicaux entre les sketches, en véritable homme-orchestre.
📷 CC BY 4.0 · Wikimedia Commons ↗
Devos y consignait ses trouvailles verbales, calembours et paradoxes, souvent notés la nuit. Ils constituaient le laboratoire de son écriture.

Devos apparaissait en costume sobre, souvent noir, silhouette rondelette qui contrastait avec l'agilité de son mime. Une tenue neutre qui laissait toute la place au verbe.

Accessoire de clown et de mime qu'il utilisait dans certains numéros, clin d'œil à la tradition burlesque. Objet de jeu autant que de silhouette.

Devos maniait aussi des instruments de percussion et de fanfare pour ses intermèdes d'homme-orchestre. Ils soulignaient le côté clownesque et musical de ses spectacles.
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Vie quotidienne
Matin
Homme de la nuit et de la scène, Devos se levait tard et consacrait souvent ses matinées au repos et à la lecture. Il notait au réveil les idées et jeux de mots surgis pendant son sommeil.
Après-midi
L'après-midi était dédié au travail d'écriture et de répétition : il ciselait ses textes pendant des mois, jouait de ses instruments et testait la musicalité de chaque phrase à voix haute.
Soir
La soirée appartenait au public : entrée en scène, silences maîtrisés, mime et musique. Perfectionniste, il analysait ses représentations une fois le rideau tombé.
Alimentation
Bon vivant, Devos appréciait la cuisine généreuse et conviviale, reflet de ses origines du Nord et de Belgique. Sa silhouette rondelette faisait partie de son personnage de scène.
Vêtements
En scène, il portait un costume sobre, souvent sombre, laissant toute la place au verbe et au geste. À la ville, il gardait une allure discrète d'artisan du langage.
Habitat
Il vivait dans une propriété à Saint-Rémy-lès-Chevreuse, en vallée de Chevreuse, entouré de ses instruments et de ses carnets. Un cadre calme propice à son long travail d'écriture.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
« Caen »
années 1960
« Sens dessus dessous » (« Où courent-ils ? »)
années 1970
« Le pléonasme »
années 1960-1970
« La mer démontée »
années 1970
Triomphe à l'Olympia
1963
« Matière à rire », l'intégrale
1991
Élection à l'Académie royale de Belgique
1989






