Juriste et homme politique français, René Cassin est l'un des principaux rédacteurs de la Déclaration universelle des droits de l'homme (1948). Résistant de la première heure aux côtés du général de Gaulle, il reçut le prix Nobel de la paix en 1968.
René Cassin(1887 — 1976)
René Cassin
France
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« La dignité de l'être humain est le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde.»
« Les droits de l'homme ne sont pas un luxe réservé aux peuples riches.»
Faits marquants
- 1887 : Naissance à Bayonne
- 1940 : Rejoint de Gaulle à Londres et participe à la France libre
- 1948 : Corédacteur principal de la Déclaration universelle des droits de l'homme adoptée par l'ONU
- 1968 : Prix Nobel de la paix
- 1976 : Décès à Paris
Œuvres & réalisations
Texte fondateur du droit international des droits humains dont Cassin est le principal rédacteur. Adoptée à Paris par l'ONU, elle proclame trente droits fondamentaux et reste le document le plus traduit de l'histoire.
Traité international auquel Cassin contribue activement, instituant pour la première fois un mécanisme juridictionnel contraignant — la Cour européenne — pour protéger les droits fondamentaux en Europe.
Institution créée par Cassin pour former des juristes du monde entier aux droits humains. Elle porte aujourd'hui son nom et rayonne à l'échelle internationale, organisant chaque année une session d'enseignement pour des centaines de participants.
Cassin contribue activement à cette première grande conférence mondiale sur les droits de l'homme, qui dresse un bilan de vingt ans d'application de la Déclaration universelle et appelle à renforcer les mécanismes de protection.
Cassin préside pendant plus de trente ans cette organisation internationale juive vouée à l'éducation et à la défense des droits des populations juives dans le monde, engagement qu'il mène en parallèle de son travail à l'ONU.
Anecdotes
Le 28 juin 1940, deux jours à peine après l'armistice signé par Pétain, René Cassin monte dans un avion à Bordeaux et rejoint de Gaulle à Londres. Il est l'un des tout premiers hauts fonctionnaires français à rallier la France libre, abandonnant poste, famille et biens pour continuer le combat. De Gaulle le nomme aussitôt conseiller juridique du Comité national français.
Grièvement blessé à la jambe lors de la bataille de la Marne en septembre 1914, Cassin garde toute sa vie des séquelles physiques de la Première Guerre mondiale. Cette expérience traumatisante forge sa conviction profonde que seul un droit international solide peut prévenir les guerres et protéger les individus contre la barbarie des États.
En 1945, Cassin apprend que sa sœur Ida et son beau-frère ont été déportés et assassinés dans les camps nazis. Cette tragédie personnelle renforce encore son engagement dans la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l'homme : derrière chaque article, il y a pour lui le souvenir des millions de victimes du nazisme.
Lors des négociations de 1947-1948 à l'ONU, Cassin rédige en une nuit le second projet de la Déclaration, qui devient la base de travail de toute la Commission. Il travaille à un rythme frénétique, cherchant des formulations capables de recueillir l'assentiment de délégués aussi différents que les Américains, les Soviétiques et les représentants des pays arabes.
En 1968, à 81 ans, Cassin reçoit le prix Nobel de la paix à Oslo. Il reverse une grande partie de la récompense à l'Institut International des Droits de l'Homme qu'il vient de fonder à Strasbourg, refusant d'en faire un trophée personnel et en faisant un outil au service de la cause qu'il a défendue toute sa vie.
Sources primaires
Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.
Vingt ans après la proclamation de la Déclaration universelle, des millions d'êtres humains voient encore leurs droits fondamentaux bafoués. C'est pourquoi nous devons renforcer sans relâche les mécanismes internationaux capables de les défendre concrètement.
La légitimité de la France combattante ne réside pas dans le respect formel d'un armistice signé sous la contrainte, mais dans la fidélité aux principes fondateurs de la République et aux engagements internationaux librement souscrits par la France.
Il ne suffit pas de proclamer les droits : il faut les garantir par des mécanismes internationaux contraignants, sans quoi la Déclaration ne sera qu'un vœu pieux sans portée réelle pour les individus.
Lieux clés
Ville natale de René Cassin, dans les Pyrénées-Atlantiques. Son attachement à sa région et à la culture française nourrit toute sa vie son amour de la liberté et de la République.
Ville où Cassin rejoint de Gaulle et la France libre en juin 1940. Il y travaille comme conseiller juridique du gouvernement en exil, contribuant à la reconstruction institutionnelle de la France résistante.
Lieu où l'Assemblée générale de l'ONU adopte la Déclaration universelle des droits de l'homme le 10 décembre 1948. Cassin y présente le texte au nom de la délégation française lors d'une séance historique.
Siège du Conseil d'État, où Cassin exerce pendant plus de quarante ans, jusqu'à la vice-présidence. C'est de là qu'il coordonne une grande partie de son engagement juridique et international.
Institution dont Cassin est l'un des pères fondateurs et qu'il préside de 1965 à 1968. À Strasbourg, il fonde également en 1969 l'Institut International des Droits de l'Homme, qui porte désormais son nom.
Monument républicain où les cendres de René Cassin sont transférées le 5 octobre 1987, pour le centenaire de sa naissance. Il y repose parmi les grands serviteurs de la République, en reconnaissance de son engagement exceptionnel pour les droits humains.
Objets typiques

Instrument du juriste et du diplomate, la plume a servi à Cassin pour rédiger et annoter les innombrables versions de la Déclaration universelle lors des séances de la Commission onusienne. Ses manuscrits annotés à l'encre rouge sont conservés aux archives de l'ONU.

Vêtement officiel noir à galons dorés porté lors des audiences solennelles du Conseil d'État. Cassin a siégé dans cette institution pendant plus de quarante ans, jusqu'à en devenir vice-président, incarnant la plus haute tradition juridique française.

Décernée à Oslo le 10 décembre 1968, cette médaille en or consacre l'œuvre d'une vie au service des droits humains. Cassin est le premier juriste français à recevoir cette distinction et en reverse une grande partie du montant à ses fondations.

Symbole de l'organisation internationale fondée en 1945, au sein de laquelle Cassin a travaillé pendant des années pour bâtir le cadre juridique universel des droits de l'homme. Le bleu ONU et la mappemonde représentent l'ambition universaliste qu'il a défendue.

Les multiples versions dactylographiées et corrigées à la main conservées aux archives de l'ONU témoignent du travail acharné de Cassin pour trouver des formulations acceptables par toutes les nations. Ces feuillets couverts de ratures sont les véritables brouillons de l'un des textes les plus importants de l'histoire humaine.
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Vie quotidienne
Matin
Cassin se lève tôt, vers six heures. Il commence sa journée par la lecture des dépêches diplomatiques et de la presse internationale, indispensable pour un homme au cœur des négociations mondiales. Il dicte ensuite son courrier avant de rejoindre le Conseil d'État ou la délégation française à l'ONU.
Après-midi
Ses après-midi sont consacrés aux longues séances de négociation à la Commission des droits de l'homme ou aux audiences du Conseil d'État. Il prépare méticuleusement ses interventions, annotant les projets de texte à l'encre rouge, cherchant le mot juste capable de recueillir l'assentiment de délégués aux traditions juridiques très différentes.
Soir
Le soir, il travaille encore — relire des projets de convention, préparer des conférences, écrire des articles de doctrine. Grand lecteur de philosophie et de droit, il se plonge volontiers dans Montesquieu, Rousseau ou Kant, dont les idées ont nourri sa conception universaliste des droits de l'homme.
Alimentation
Homme du Sud-Ouest, Cassin garde un attachement aux saveurs de son Pays basque natal. À Paris et à New York, il mange sobrement ; son travail intellectuel intense prime sur les plaisirs de la table. Durant les années de guerre à Londres, il partage comme tous les résistants les rations britanniques.
Vêtements
En tant que conseiller d'État, il revêt la robe officielle noire à galons dorés pour les audiences solennelles. Dans sa vie quotidienne de diplomate, il porte le costume trois pièces sombre, la cravate sobre et le chapeau feutre, tenue habituelle de la haute fonction publique française des années 1940-1960.
Habitat
Cassin vit à Paris dans un appartement du 9e arrondissement. Pendant la guerre, il réside dans différents logements londoniens mis à disposition des membres de la France libre. Lors des sessions de l'ONU à New York ou Genève, il séjourne dans des hôtels proches des Sièges des Nations Unies.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Déclaration universelle des droits de l'homme
10 décembre 1948
Convention européenne des droits de l'homme
4 novembre 1950
Fondation de l'Institut International des Droits de l'Homme, Strasbourg
1969
Conférence internationale de Téhéran sur les droits de l'homme
1968
Présidence de l'Alliance Israélite Universelle
1943—1976






