René Duguay-Trouin(1673 — 1736)

René Duguay-Trouin

France

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MilitaireExplorationTemps modernesRègne de Louis XIV et guerre de Succession d'Espagne, apogée de la course maritime française

Corsaire malouin au service du roi de France, René Duguay-Trouin s'illustre par d'audacieuses prises de navires durant les guerres de Louis XIV. Anobli pour ses exploits, il termine sa carrière comme lieutenant général des armées navales après la prise de Rio de Janeiro en 1711.

Questions fréquentes

René Duguay-Trouin (1673-1736) est un corsaire malouin passé de simple roturier à lieutenant général des armées navales sous Louis XIV. Ce qui frappe ici, c'est son ascension fulgurante : né dans une famille d'armateurs, il obtient son premier commandement à seulement 18 ans, en 1691. Anobli en 1709 pour ses exploits, il devient l'un des plus hauts gradés de la marine royale. Contrairement à beaucoup de ses contemporains, il a su concilier la course privée et le service du roi, ce qui rend son parcours singulier.

Faits marquants

  • Naissance à Saint-Malo en 1673 dans une famille d'armateurs
  • Commande son premier navire corsaire dès l'âge de 18 ans (1691)
  • Anobli par Louis XIV en 1709 pour ses services
  • Mène la prise de Rio de Janeiro en 1711 lors de la guerre de Succession d'Espagne
  • Devient lieutenant général des armées navales et meurt à Paris en 1736

Œuvres & réalisations

Premier commandement de corsaire (1691)

À dix-huit ans, il prend la tête d'un navire de course et révèle aussitôt un talent exceptionnel pour la prise de bâtiments ennemis.

Évasion de la prison de Plymouth (1694)

Capturé par les Anglais, il s'évade de captivité et regagne la France : un épisode devenu légendaire de sa jeunesse.

Capture du convoi du cap Lizard (1707)

Avec le chevalier de Forbin, il s'empare de vaisseaux d'escorte et d'une partie d'un grand convoi anglais, l'un des grands succès de la course.

Anoblissement par Louis XIV (1709)

Le roi élève le corsaire roturier au rang de noble, reconnaissance officielle de ses services à l'État.

Prise de Rio de Janeiro (1711)

Exploit majeur : à la tête de dix-sept navires, il force la baie, prend la ville et impose une rançon considérable aux Portugais.

Lieutenant général des armées navales (1728)

Il atteint l'un des plus hauts grades de la marine royale, couronnant une carrière partie du simple métier de marin.

Mémoires de Monsieur Du Guay-Trouin (1730 (édition posthume 1740))

Récit de sa vie et de ses campagnes écrit par lui-même, précieuse source sur la guerre de course au temps de Louis XIV.

Anecdotes

Destiné par sa famille à devenir prêtre, le jeune René est si turbulent et passionné d'aventure qu'on l'envoie finalement sur les navires de l'armateur familial. À seulement dix-huit ans, en 1691, on lui confie son premier commandement de corsaire — un âge où d'autres apprennent encore le métier de mousse.

En 1694, après un combat acharné contre une escadre anglaise plus puissante, son navire est capturé et Duguay-Trouin se retrouve prisonnier à Plymouth, en Angleterre. Dans ses Mémoires, il raconte s'être évadé avec l'aide de complices locaux, traversant la Manche pour regagner la France et reprendre aussitôt la mer.

En octobre 1707, allié au chevalier de Forbin, il attaque au large du cap Lizard un grand convoi anglais en route vers le Portugal. Les deux corsaires s'emparent de plusieurs vaisseaux de guerre d'escorte et d'une partie du convoi marchand : c'est l'un des plus beaux coups de la course française.

Sa plus célèbre expédition, en 1711, vise Rio de Janeiro pour venger l'échec et la mort du corsaire Duclerc l'année précédente. À la tête d'une flotte de dix-sept navires financée par des investisseurs privés mais autorisée par le roi, il force l'entrée de la baie sous le feu des forts, prend la ville et impose une rançon colossale.

Né simple roturier, Duguay-Trouin est anobli par Louis XIV en 1709 pour ses exploits et termine sa carrière comme lieutenant général des armées navales, l'un des plus hauts grades de la marine. Sa devise latine, « Dedit haec insignia virtus » (« c'est la valeur qui a donné ces armes »), résume son ascension fulgurante.

Sources primaires

Mémoires de Monsieur Du Guay-Trouin, lieutenant général des armées navales (rédigés vers 1730, édition posthume 1740)
Je naquis à Saint-Malo le 10 septembre 1673. On me destinait à l'état ecclésiastique, mais je sentais en moi une inclination si vive pour la mer et pour la guerre que rien ne put m'en détourner.
Mémoires de Monsieur Du Guay-Trouin (relation de la prise de Rio de Janeiro) (1711 (publié 1740))
Après avoir forcé l'entrée de la baie malgré le feu des forts, je me rendis maître de la ville, et les habitants furent contraints de traiter avec moi et de payer une forte rançon pour racheter leurs maisons et leurs marchandises.
Lettres de noblesse accordées par Louis XIV à René Trouin, sieur du Gué (1709)
En récompense des services signalés rendus à l'État sur mer et des prises faites sur les ennemis, le roi accorde à René Trouin et à sa postérité le titre et les privilèges de noblesse, avec ses armes pour devise : Dedit haec insignia virtus.

Lieux clés

Saint-Malo

Cité corsaire fortifiée de Bretagne où naît Duguay-Trouin et d'où partaient les armateurs malouins. Le grand port de la course française au temps de Louis XIV.

Plymouth

Port militaire du sud de l'Angleterre où Duguay-Trouin est emprisonné en 1694 après la capture de son navire. Il parvient à s'en évader pour regagner la France.

Cap Lizard

Pointe sud de la Cornouailles, au large de laquelle Duguay-Trouin et Forbin s'emparent d'un grand convoi anglais en 1707.

Rio de Janeiro

Ville coloniale portugaise dont Duguay-Trouin force la baie et qu'il prend en 1711, lui imposant une lourde rançon. Son exploit le plus célèbre.

Brest

Grand port et arsenal de la marine royale en Bretagne, base de préparation et de commandement des escadres du roi. Duguay-Trouin y sert comme officier de la Marine.

Paris

Capitale du royaume où Duguay-Trouin meurt en 1736, devenu lieutenant général des armées navales et personnage respecté.

Voir aussi