Bartholomew Roberts(1682 — 1722)

Bartholomew Roberts

royaume de Grande-Bretagne, royaume d'Angleterre

7 min de lecture

MilitaireExplorationSociétéTemps modernesDébut du XVIIIe siècle, apogée de l'âge d'or de la piraterie dans l'Atlantique et les Caraïbes, sur fond d'essor du commerce colonial et de la traite atlantique.

Bartholomew Roberts, dit « Black Bart », est un pirate gallois considéré comme le plus prolifique de l'âge d'or de la piraterie. En à peine trois ans (1719-1722), il captura plus de 400 navires dans l'Atlantique et les Caraïbes avant d'être tué au combat par la Royal Navy.

Questions fréquentes

Pour comprendre qui était Bartholomew Roberts, il faut imaginer un marin gallois qui, en à peine trois ans (1719-1722), a capturé plus de 400 navires dans l'Atlantique et les Caraïbes. Ce qui le rend singulier, c'est moins le nombre de prises que l'efficacité et l'audace de ses coups, comme le pillage du galion Sagrada Família au large du Brésil. Ce qu'il faut retenir, c'est que sa mort en 1722 est souvent considérée comme la fin de l'âge d'or de la piraterie, car il incarnait à la fois la discipline et la démesure de cette époque.

Citations célèbres

« « Une vie joyeuse et courte, telle sera ma devise. » (propos rapporté par Charles Johnson dans A General History of the Pyrates, 1724) »

Faits marquants

  • Né vers 1682 à Casnewydd-Bach (Little Newcastle), au Pays de Galles.
  • En 1719, capturé par le pirate Howell Davis ; à la mort de ce dernier, il est élu capitaine par l'équipage.
  • Entre 1719 et 1722, il capture plus de 400 navires, record de l'âge d'or de la piraterie.
  • Il impose à ses équipages un code de conduite strict (les « articles ») et était réputé sobre, préférant le thé à l'alcool.
  • Tué au combat le 10 février 1722 au large du cap Lopez (Gabon) par le HMS Swallow du capitaine Chaloner Ogle ; sa mort marque souvent la fin de l'âge d'or de la piraterie.

Œuvres & réalisations

Capture du galion Sagrada Família (1719)

L'un des plus gros butins de l'histoire de la piraterie : 40 000 moidores d'or et des bijoux destinés au roi du Portugal, pris au cœur d'une flotte marchande dans la baie de Tous-les-Saints.

Les Articles de l'équipage (code pirate) (vers 1720)

Charte écrite organisant la vie à bord, le partage du butin et la discipline ; elle illustre une forme d'auto-gouvernement et reste l'un des codes pirates les mieux documentés.

Raid sur le port de Trepassey (1720)

Coup d'éclat à Terre-Neuve : avec un seul navire, Roberts s'empara d'un port entier et détruisit 22 bateaux sans véritable combat.

Plus de 400 navires capturés (1719-1722)

En à peine trois ans, Roberts intercepta plus de 400 vaisseaux dans l'Atlantique, les Caraïbes et au large de l'Afrique, devenant le pirate le plus prolifique de son temps.

Création de ses pavillons personnels (vers 1720)

Roberts dessina des pavillons à son image, dont celui aux deux crânes « ABH » et « AMH », outils de terreur psychologique entrés dans la légende de la piraterie.

Le Royal Fortune, navire amiral (1721)

Réarmement d'un ancien navire négrier en puissant vaisseau de guerre d'une quarantaine de canons, base de ses dernières campagnes au large de l'Afrique de l'Ouest.

Anecdotes

En 1719, au large du Brésil, Roberts osa s'glisser au milieu d'une flotte de 42 navires marchands portugais protégés par deux vaisseaux de guerre. Il repéra le plus richement chargé, le galion Sagrada Família, et s'en empara : à bord, 40 000 pièces d'or (moidores) et des bijoux destinés au roi du Portugal. C'est l'un des plus gros butins de toute l'histoire de la piraterie.

Contrairement au cliché du pirate ivre de rhum, Roberts ne buvait que du thé. Il imposait à son équipage une discipline stricte par des « Articles » : lumières éteintes à huit heures du soir, interdiction des jeux d'argent à bord et des querelles, que l'on devait régler à terre, au pistolet ou au sabre.

Le jour de sa dernière bataille, en novembre 1722, Roberts s'habilla avec faste : gilet et culotte de damas rouge, plume écarlate au chapeau, et une chaîne d'or ornée d'une croix de diamants prise au butin portugais. Il fut tué d'un coup de mitraille à la gorge dès le début de l'affrontement contre le navire de la Royal Navy.

Selon sa volonté, son équipage jeta aussitôt son corps à la mer, lesté de boulets, pour empêcher les Anglais de l'exhiber. On ne retrouva jamais sa dépouille. Sa mort est souvent considérée comme la fin de « l'âge d'or de la piraterie ».

En juin 1720, Roberts entra seul avec son navire dans le port de Trepassey, à Terre-Neuve, où mouillaient 22 bateaux et plus d'un millier d'hommes. Pris de panique, marins et pêcheurs s'enfuirent à terre sans combattre, et le pirate s'empara du port presque sans tirer un coup de feu.

Sources primaires

Charles Johnson, A General History of the Pyrates (chapitre sur le capitaine Roberts) (1724)
Dans un service honnête, il n'y a que maigre pitance, bas salaires et dur labeur ; ici, abondance et satiété, plaisir et aisance, liberté et puissance. Non : une vie joyeuse et courte, voilà ma devise.
Les Articles de l'équipage de Bartholomew Roberts (chasse-partie reproduite par Johnson) (vers 1720)
Tout homme a voix dans les affaires d'importance et un droit égal aux provisions fraîches et aux liqueurs fortes saisies. Les lumières et les chandelles devront être éteintes à huit heures du soir ; ceux qui veulent boire après cette heure le feront sur le pont, dans l'obscurité.
Actes du procès de l'équipage de Roberts, cour d'amirauté du château de Cape Coast (1722)
Sur les 169 hommes capturés vivants par le HMS Swallow, la cour condamna 52 pirates à être pendus, les autres étant acquittés, déportés ou envoyés au bagne.

Lieux clés

Casnewydd-Bach (Little Newcastle), pays de Galles

Village du Pembrokeshire où naît Roberts vers 1682. Une statue y rappelle aujourd'hui le pirate le plus célèbre du pays de Galles.

Baie de Tous-les-Saints (Bahia), Brésil

C'est ici, au milieu d'une flotte marchande portugaise, que Roberts s'empara du galion Sagrada Família et de son fabuleux trésor en 1719.

Trepassey, Terre-Neuve

Port de pêche que Roberts pilla en juin 1720, faisant fuir équipages et habitants et détruisant 22 navires.

Cap Lopez, Gabon

Au large de ce cap d'Afrique équatoriale, Roberts fut tué au combat le 10 novembre 1722 par le HMS Swallow ; son corps fut immergé par son équipage.

Château de Cape Coast, Ghana

Forteresse négrière où se tint, en 1722, le procès des survivants de l'équipage de Roberts ; 52 d'entre eux y furent pendus.

Voir aussi