Robert Bresson(1901 — 1999)

Robert Bresson

France

6 min de lecture

SpectacleRéalisateur/triceXXe siècleFrance du XXe siècle, des débuts du cinéma parlant à la Nouvelle Vague et au-delà ; époque marquée par les deux guerres mondiales et l'affirmation du cinéma comme art à part entière.

Robert Bresson (1901-1999) est un cinéaste français majeur du XXe siècle. Théoricien d'un cinéma épuré, il a forgé une esthétique du dépouillement en employant des acteurs non professionnels qu'il appelait ses « modèles ».

Questions fréquentes

Robert Bresson (1901-1999) est un réalisateur français qui a théorisé un cinéma radicalement épuré, qu'il appelait le « cinématographe ». Ce qui le rend singulier, c'est qu'il refusait les acteurs professionnels, qu'il jugeait trop théâtraux, et préférait des « modèles » non professionnels. Pour comprendre cela, il faut se rappeler qu'il était d'abord peintre : il composait ses plans comme des tableaux, avec un souci extrême du détail et du silence. Son influence sur le cinéma d'auteur est immense, de la Nouvelle Vague à des réalisateurs contemporains.

Citations célèbres

« Le cinématographe est une écriture avec des images en mouvement et des sons. »

Faits marquants

  • Naît en 1901 dans le Puy-de-Dôme.
  • Réalise « Le Journal d'un curé de campagne » en 1951, d'après le roman de Bernanos.
  • Réalise « Un condamné à mort s'est échappé » en 1956.
  • Réalise « Pickpocket » en 1959, œuvre emblématique de son style épuré.
  • Adapte « Mouchette » de Bernanos en 1967 ; meurt en 1999.

Œuvres & réalisations

Les Anges du péché (1943)

Premier long-métrage de Bresson, tourné sous l'Occupation, sur l'univers d'un couvent de religieuses. Il y affirme déjà son goût pour les sujets spirituels.

Les Dames du Bois de Boulogne (1945)

Drame aux dialogues écrits par Jean Cocteau. C'est le dernier film où Bresson dirige encore des acteurs professionnels.

Le Journal d'un curé de campagne (1951)

Adaptation du roman de Georges Bernanos, ce film révèle pleinement le style dépouillé de Bresson et reçoit de nombreux prix.

Un condamné à mort s'est échappé (1956)

Récit tendu de l'évasion d'un résistant emprisonné, nourri de la propre captivité de Bresson. Il lui vaut le Prix de la mise en scène à Cannes.

Pickpocket (1959)

Portrait d'un voleur à la tire parisien, devenu film culte. Sa chorégraphie des mains et son montage sec en font un modèle pour de nombreux cinéastes.

Au hasard Balthazar (1966)

Film bouleversant dont le héros est un âne, témoin de la cruauté humaine. Souvent cité parmi les plus grands films de tous les temps.

Notes sur le cinématographe (1975)

Recueil d'aphorismes où Bresson expose sa théorie d'un cinéma épuré, distinct du théâtre filmé. Un texte de référence pour les cinéastes.

L'Argent (1983)

Dernier film de Bresson, inspiré de Tolstoï, sur l'engrenage du mal déclenché par un faux billet. Il obtient le Prix de la mise en scène à Cannes.

Anecdotes

Avant de devenir cinéaste, Robert Bresson fut peintre. Il a gardé toute sa vie un œil de plasticien : il composait ses plans comme des tableaux, refusait l'agitation et cherchait l'essentiel dans le moindre détail, une main qui se ferme, une porte qui s'ouvre.

Bresson refusait les acteurs professionnels, qu'il appelait avec mépris des « cabotins ». Il choisissait des inconnus, ses « modèles », et leur faisait répéter leurs phrases des dizaines de fois, sans aucune intonation, jusqu'à ce que disparaisse tout jeu de théâtre. Pour lui, l'émotion vraie naissait de cette neutralité.

Pour tourner « Pickpocket » (1959), film sur un voleur à la tire, Bresson fit appel à un véritable prestidigitateur, Henri Kassagi, pour enseigner aux interprètes les gestes du vol. Les scènes de poches vidées dans la foule sont d'une précision époustouflante, filmées comme un ballet de mains.

Dans « Au hasard Balthazar » (1966), le personnage principal est un âne. Bresson suit toute la vie de l'animal, de maître en maître, pour parler de la cruauté et de l'innocence du monde. Le pari semblait fou, mais le film est aujourd'hui considéré comme l'un des plus grands de l'histoire du cinéma.

En 1983, à 82 ans, Bresson reçoit le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes pour « L'Argent », ex æquo avec le Russe Andreï Tarkovski. L'annonce déclencha des sifflets et des huées d'une partie du public, signe que son cinéma exigeant divisait encore profondément.

Sources primaires

Notes sur le cinématographe, Robert Bresson (1975)
Pas d'acteurs. (Pas de direction d'acteurs.) Pas de rôles. (Pas d'étude de rôles.) Pas de mise en scène. Mais l'emploi de modèles pris dans la vie. ÊTRE (modèles) au lieu de PARAÎTRE (acteurs).
Notes sur le cinématographe, Robert Bresson (1975)
Le cinématographe est une écriture avec des images en mouvement et des sons.
Notes sur le cinématographe, Robert Bresson (1975)
Rien de trop, rien qui manque.

Lieux clés

Bromont-Lamothe (Puy-de-Dôme)

Village d'Auvergne où Robert Bresson naît en 1901. Ses origines rurales et discrètes contrastent avec la grande carrière parisienne qu'il mènera.

Paris

Capitale où Bresson a vécu et travaillé l'essentiel de sa vie, cœur de l'industrie du cinéma français. Plusieurs de ses films, comme « Pickpocket », y sont tournés.

Cannes

Ville du Festival international du film, où Bresson fut récompensé à plusieurs reprises pour sa mise en scène, en 1957 et en 1983.

Droue-sur-Drouette (Eure-et-Loir)

Commune rurale où Robert Bresson s'éteint en 1999, à l'âge de 98 ans, loin de l'agitation du monde du cinéma.

Voir aussi