Navigateur britannique né en 1939, premier homme à réaliser un tour du monde à la voile en solitaire et sans escale (1968-1969), à bord de son ketch Suhaili. Il remporte ainsi la Golden Globe Race, ouvrant l'ère des grandes courses océaniques en solitaire.
Robin Knox-Johnston(1939 — ?)
Robin Knox-Johnston
Royaume-Uni
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né le 17 mars 1939 à Putney (Londres)
- 14 juin 1968 : départ de Falmouth à bord du ketch Suhaili pour la Sunday Times Golden Globe Race
- 22 avril 1969 : seul rescapé de la course, il boucle le premier tour du monde en solitaire et sans escale en 312 jours
- 1996 : cofonde la Clipper Round the World Yacht Race
- 2006-2007 : à 67 ans, il achève le Velux 5 Oceans, devenant l'un des plus âgés à boucler un tour du monde en solitaire
Œuvres & réalisations
À bord du Suhaili, en 312 jours, il devient le premier homme à boucler le globe sans escale ni assistance, remportant la Golden Globe Race.
Récit autobiographique de sa traversée, devenu un classique de la littérature maritime.
Avec Peter Blake, il établit le record du tour du monde en équipage le plus rapide à bord d'un grand catamaran.
Il crée une course autour du monde permettant à des navigateurs amateurs de s'affronter sur des monocoques identiques.
À près de 68 ans, il boucle un nouveau tour du monde en solitaire, devenant l'un des plus vieux marins à le faire en course.
Anobli par la reine pour ses exploits, il devient Sir Robin Knox-Johnston, figure majeure de la voile britannique.
Anecdotes
Le bateau de Robin Knox-Johnston, le Suhaili, était un petit ketch de neuf mètres construit en teck à Bombay (Mumbai) en 1964. Officier de la marine marchande en poste aux Indes, il l'avait fait bâtir là-bas puis ramené jusqu'en Angleterre par le cap de Bonne-Espérance, avant même de songer au tour du monde.
Sur les neuf concurrents partis pour la Golden Globe Race, Knox-Johnston fut le seul à terminer. Le Français Bernard Moitessier, en tête pour le temps, renonça à rentrer et poursuivit sa route vers Tahiti ; l'Anglais Donald Crowhurst, lui, falsifia son journal de bord et disparut en mer, drame qui marqua durablement la course.
Pendant le voyage, les coutures de la coque du Suhaili se mirent à fuir. Knox-Johnston plongea à plusieurs reprises sous le bateau, en pleine mer et un couteau à portée de main par crainte des requins, pour recalfater les joints avec du coton et de l'étoupe.
Sa radio tomba en panne durant de longues semaines : on resta sans nouvelles de lui et certains le crurent perdu, jusqu'à ce qu'un cargo le repère au large de la Nouvelle-Zélande. À son arrivée à Falmouth le 22 avril 1969, après 312 jours de mer, un officier lui aurait demandé d'où il venait ; il répondit simplement : « De Falmouth. »
Plus de trente-cinq ans plus tard, à près de 68 ans, Knox-Johnston repartit faire le tour du monde en solitaire lors de la Velux 5 Oceans (2006-2007), devenant l'un des plus vieux marins à boucler une course océanique autour du globe.
Sources primaires
Le journal offre un trophée, le Golden Globe, au premier marin réalisant un tour du monde à la voile en solitaire et sans escale, et une prime de 5 000 livres à celui qui le fera dans le temps le plus court.
Récit autobiographique de la traversée à bord du Suhaili, dans lequel le navigateur décrit sa solitude, ses avaries et le franchissement des trois grands caps de l'hémisphère sud.
Notes quotidiennes de navigation tenues par Knox-Johnston durant les 312 jours de mer, consignant positions, météo, réparations et état des provisions.
Lieux clés
Quartier du sud-ouest de Londres où Robin Knox-Johnston naît en 1939.
Port d'où il appareille le 14 juin 1968 et où il revient le 22 avril 1969, point de départ et d'arrivée de son tour du monde.
Ville où le Suhaili fut construit en teck en 1964, alors qu'il servait dans la marine marchande aux Indes.
Premier des trois grands caps franchis lors de la traversée, à la pointe sud de l'Afrique.
Cap du sud-ouest australien, deuxième grand cap des mers du Sud sur sa route.
Le plus redouté des trois caps, à l'extrémité sud de l'Amérique, qu'il franchit dans des mers déchaînées avant de remonter l'Atlantique.
Objets typiques

Ketch en teck de neuf mètres construit à Bombay, à bord duquel Knox-Johnston réalisa son tour du monde sans escale. Robuste mais lent, ce voilier devint l'icône de son exploit.

Instrument permettant de mesurer la hauteur du soleil ou des astres pour calculer sa position. Knox-Johnston naviguait à l'estime et au sextant, sans GPS.

Dispositif mécanique relié à la barre qui maintient le cap en suivant le vent, permettant au solitaire de dormir et de manœuvrer. Le sien tomba en panne, l'obligeant à brider la barre lui-même.

Montre de précision indispensable pour déterminer la longitude lors des points astronomiques. Une erreur de quelques secondes faussait toute la position.

Cahier où il consignait chaque jour position, météo et avaries. C'est l'authenticité de ces relevés qui distingua son exploit de la fraude de Crowhurst.

Vêtements imperméables huilés protégeant du froid et des paquets de mer dans les mers australes. Indispensables pour tenir des heures à la barre sous les grains.

Provisions de longue conservation embarquées pour des mois de mer, complétées par les poissons pêchés. La gestion des vivres était vitale sur une traversée aussi longue.
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Vie quotidienne
Matin
Au réveil, Knox-Johnston commençait par pomper l'eau accumulée dans les fonds du Suhaili, qui prenait l'eau, puis vérifiait le réglage des voiles et la tenue du cap. Si le ciel le permettait, il prenait une hauteur du soleil au sextant pour faire le point.
Après-midi
L'après-midi se passait à la maintenance permanente : couture des voiles déchirées, réparation des gréements, recalfatage des coutures. Il consacrait aussi du temps à la cuisine, à la lecture et à l'entretien de son matériel de navigation.
Soir
Le soir, il préparait un repas chaud, mettait son journal de bord à jour et s'autorisait parfois un peu d'alcool pour fêter une étape. Le sommeil se prenait par courtes tranches, l'oreille toujours attentive au moindre changement de mer ou de vent.
Alimentation
Il vivait de conserves, de corned-beef, de riz et de biscuits embarqués pour des mois, complétés par les poissons pêchés en route. L'eau douce, soigneusement rationnée, était recueillie en partie grâce à la pluie.
Vêtements
Dans les mers froides du Sud, il portait pulls de laine, ciré huilé et bottes pour rester des heures à la barre sous les embruns. Sous les tropiques, il naviguait au contraire en short ou torse nu, à cause de la chaleur.
Habitat
Sa « maison » se réduisait à la minuscule cabine du Suhaili : une couchette étroite, une table à cartes, une lampe à pétrole et des coffres de provisions. Tout y était humide, exigu et constamment en mouvement.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Premier tour du monde à la voile en solitaire et sans escale
1968-1969
A World of My Own
1969
Trophée Jules Verne (Enza New Zealand)
1994
Fondation de la Clipper Round the World Yacht Race
1996
Velux 5 Oceans Race
2006-2007
Titre de chevalier (Sir)
1995





