Biographie

Roger Bacon, surnommé Doctor Mirabilis, est un moine franciscain, philosophe et savant anglais du XIIIe siècle. Pionnier de la méthode expérimentale, il défendit l'observation et les mathématiques comme fondements de la connaissance, bien avant la science moderne.

Roger Bacon(1220 — 1292)

Roger Bacon

royaume d'Angleterre

6 min de lecture

PhilosophieSciencesSpiritualitéPhilosopheMoyen ÂgeMoyen Âge tardif, XIIIe siècle, essor des universités et de la scolastique

Questions fréquentes

Roger Bacon était un moine franciscain, philosophe et savant anglais du XIIIe siècle. Ce qu'il faut retenir, c'est que son surnom de Doctor Mirabilis (« Docteur admirable ») ne tient pas à des miracles, mais à l'étendue exceptionnelle de son savoir, qui couvrait la philosophie, les mathématiques, l'optique et même l'alchimie. Ce qui frappe ici, c'est qu'il a défendu l'expérience et l'observation bien avant la science moderne, ce qui le rend singulier dans son époque dominée par la scolastique. Il a enseigné à l'Université d'Oxford et à l'Université de Paris, deux des plus grands centres intellectuels du Moyen Âge.

Faits marquants

  • Né vers 1220 en Angleterre, étudie et enseigne à Oxford puis à Paris
  • Entre dans l'ordre franciscain vers 1257
  • Rédige vers 1267 l'Opus majus, l'Opus minus et l'Opus tertium à la demande du pape Clément IV
  • Pionnier des études d'optique et de la réfraction de la lumière
  • Meurt vers 1292, laissant une œuvre prônant l'expérience (scientia experimentalis)

Œuvres & réalisations

Opus majus (vers 1267)

Œuvre maîtresse de Bacon, vaste somme abordant les causes de l'erreur, les langues, les mathématiques, l'optique et la science expérimentale, rédigée pour le pape Clément IV.

Opus minus (vers 1267)

Résumé et complément de l'Opus majus, où Bacon insiste sur les obstacles à la vérité et sur la réforme des études.

Opus tertium (vers 1267)

Troisième volet adressé au pape, présentant ses idées et défendant l'importance des mathématiques et de l'expérience.

De multiplicatione specierum (De la multiplication des espèces) (vers 1262)

Traité d'optique et de philosophie naturelle expliquant comment la lumière et les influences se propagent dans l'espace.

Epistola de secretis operibus artis et naturae (vers 1260)

Lettre célèbre annonçant des machines volantes, des bateaux et des chars autopropulsés, et niant la réalité de la magie au profit de l'art et de la nature.

Compendium studii philosophiae (vers 1272)

Critique acerbe de l'enseignement, de l'ignorance des langues et des mœurs du clergé de son temps.

Communia mathematica et travaux sur le calendrier (vers 1267)

Réflexions sur les mathématiques et l'astronomie, soulignant les erreurs du calendrier julien bien avant la réforme grégorienne.

Anecdotes

Roger Bacon enseigna à l'université de Paris puis à Oxford, où il fut l'un des premiers à commenter en détail les œuvres scientifiques d'Aristote nouvellement traduites de l'arabe et du grec. Il insistait pour que ses étudiants apprennent les langues originales plutôt que de se fier à de mauvaises traductions.

Fasciné par l'optique, Bacon étudia la réfraction de la lumière, le fonctionnement de l'œil et la formation de l'arc-en-ciel. Il décrivit l'effet grossissant de lentilles convexes, ce qui lui valut plus tard la réputation (en partie légendaire) d'avoir inventé les lunettes.

Vers 1266, le pape Clément IV, intrigué par sa réputation, lui demanda de lui envoyer ses idées. Bacon rédigea alors en grande hâte son Opus majus, une véritable encyclopédie du savoir, mais le pape mourut peu après sans avoir pu soutenir son projet.

Bacon connaissait la composition de la poudre noire, qu'il décrivit dans un texte sous une forme partiellement codée (une anagramme), peut-être pour en dissimuler le secret. Il y évoque le « bruit de tonnerre » et l'« éclair » produits par ce mélange.

Son audace intellectuelle et ses critiques des savants de son temps lui attirèrent des ennuis : selon une tradition, il aurait été surveillé voire emprisonné par son propre ordre franciscain pour des idées jugées suspectes ou trop novatrices.

Sources primaires

Opus majus, partie VI (sur la science expérimentale) (vers 1267)
Il y a deux modes de connaître : par le raisonnement et par l'expérience. Le raisonnement conclut et nous fait admettre la conclusion, mais il ne donne ni certitude ni ne supprime le doute, à moins que l'esprit ne la rencontre par la voie de l'expérience.
Opus tertium (vers 1267)
Les mathématiques sont la porte et la clef des sciences ; ceux qui les ignorent ne peuvent connaître les autres sciences ni les choses de ce monde.
Epistola de secretis operibus artis et naturae (Lettre sur les œuvres secrètes de l'art et de la nature) (vers 1260)
On pourra construire des machines pour naviguer sans rameurs, et des chars qui se meuvent sans animal pour les tirer, avec une force inestimable.
Opus minus (vers 1267)
Quatre obstacles principaux empêchent d'atteindre la vérité : l'autorité fragile, la coutume, l'opinion du vulgaire, et la dissimulation de notre ignorance sous l'apparence du savoir.

Lieux clés

Ilchester (Somerset, Angleterre)

Région d'Angleterre où Roger Bacon serait né vers 1220, dans une famille relativement aisée.

Université d'Oxford

Centre majeur du savoir où Bacon étudia et enseigna ; il y subit l'influence de Robert Grosseteste et y poursuivit ses recherches sur l'optique.

Université de Paris

Grand foyer intellectuel d'Europe où Bacon enseigna les arts et commenta Aristote dans les années 1240-1250.

Couvent franciscain de Paris

Maison de l'ordre des Frères mineurs où Bacon vécut après son entrée chez les franciscains, soumis à la règle et à la surveillance de l'ordre.

Viterbe (cour pontificale)

Ville italienne où résidait souvent le pape Clément IV, destinataire des grands écrits de Bacon envoyés vers 1267-1268.

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