Rosalind Pitt-Rivers(1907 — 1990)

Rosalind Pitt-Rivers

Royaume-Uni, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande

5 min de lecture

SciencesXXe sièclePremière moitié et milieu du XXe siècle, âge d'or de la biochimie et de l'endocrinologie britanniques

Rosalind Pitt-Rivers est une biochimiste britannique du XXe siècle, spécialiste des hormones thyroïdiennes. Elle co-découvre en 1952 la triiodothyronine (T3), une hormone majeure de la thyroïde, avec Jack Gross.

Questions fréquentes

Rosalind Pitt-Rivers (1907-1990) était une biochimiste britannique qui a co-découvert en 1952 la triiodothyronine (T3), une hormone thyroïdienne bien plus active que la thyroxine. Ce qu'il faut retenir, c'est que cette découverte a révolutionné l'endocrinologie : on pensait alors que la thyroxine (T4) était la seule hormone de la thyroïde. En identifiant la T3, elle a ouvert la voie à une meilleure compréhension du métabolisme et au traitement des maladies thyroïdiennes.

Faits marquants

  • Née en 1907 à Londres, morte en 1990
  • Co-découvre en 1952 l'hormone thyroïdienne triiodothyronine (T3) avec Jack Gross
  • Travaille au National Institute for Medical Research de Londres
  • Élue membre de la Royal Society en 1954
  • Ses travaux font progresser le traitement des maladies de la thyroïde

Œuvres & réalisations

Co-découverte de la triiodothyronine (T3) (1952)

Identification d'une nouvelle hormone thyroïdienne, plus active que la thyroxine. Découverte fondamentale pour comprendre le métabolisme et traiter les maladies de la thyroïde.

Isolation et synthèse de la T3 (1953)

Démonstration de la structure de la triiodothyronine en l'isolant de la thyroïde puis en la reproduisant chimiquement, prouvant définitivement son existence.

« The Thyroid Hormones » (avec J. R. Tata) (1959)

Ouvrage de référence synthétisant les connaissances sur les hormones thyroïdiennes, longtemps utilisé par les chercheurs et médecins.

Élection à la Royal Society (1954)

Reconnaissance suprême de la communauté scientifique britannique, exceptionnelle pour une femme à cette époque.

Travaux sur le métabolisme de l'iode et la biosynthèse des hormones thyroïdiennes (années 1940-1960)

Série de recherches éclairant comment la thyroïde capte l'iode et fabrique ses hormones, base de l'endocrinologie moderne.

Anecdotes

Rosalind Pitt-Rivers descend d'une famille célèbre : son arrière-grand-père, le général Augustus Pitt Rivers, fut l'un des pères de l'archéologie scientifique moderne, dont les collections forment aujourd'hui un grand musée à Oxford. Rosalind, elle, choisit non pas les fouilles mais les éprouvettes, devenant l'une des biochimistes britanniques les plus respectées de son temps.

En 1952, alors qu'elle étudie le fonctionnement de la glande thyroïde avec le jeune chercheur canadien Jack Gross, elle découvre une nouvelle hormone, la triiodothyronine ou T3. On pensait depuis des décennies que la thyroxine (T4) était la seule hormone thyroïdienne : leur découverte bouleverse la compréhension du métabolisme humain.

Pour traquer cette hormone invisible, Rosalind et Jack Gross utilisèrent de l'iode radioactif comme « traceur » : en suivant les rayonnements, ils purent repérer une molécule présente en quantités minuscules dans le sang, là où les méthodes classiques échouaient. C'était une technique de pointe pour l'époque.

En 1954, Rosalind Pitt-Rivers est élue membre de la Royal Society, la prestigieuse académie scientifique britannique — un honneur très rare pour une femme à cette époque, où les laboratoires restaient largement dominés par les hommes.

Elle travailla la majeure partie de sa carrière au National Institute for Medical Research de Mill Hill, à Londres, l'un des grands centres de recherche médicale du Royaume-Uni, aux côtés du chimiste Charles Harington qui avait lui-même synthétisé la thyroxine dans les années 1920.

Sources primaires

Gross J., Pitt-Rivers R., « The identification of 3:5:3'-L-triiodothyronine in human plasma », The Lancet (1952)
Une substance possédant les propriétés de la 3:5:3'-triiodothyronine a été identifiée dans le plasma humain ; elle se révèle nettement plus active que la thyroxine.
Gross J., Pitt-Rivers R., « 3:5:3'-Triiodothyronine. 1. Isolation from thyroid gland and synthesis », Biochemical Journal (1953)
La triiodothyronine a été isolée de la glande thyroïde et sa structure confirmée par synthèse chimique.
Pitt-Rivers R., Tata J. R., « The Thyroid Hormones » (ouvrage de référence, Pergamon Press) (1959)
Cet ouvrage rassemble les connaissances sur la biosynthèse, le transport et l'action des hormones thyroïdiennes telles qu'établies au milieu du XXe siècle.

Lieux clés

Londres, Royaume-Uni

Grande ville où Rosalind Pitt-Rivers fit l'essentiel de ses études et de sa carrière scientifique.

National Institute for Medical Research, Mill Hill (Londres)

Centre majeur de recherche médicale britannique où elle découvrit la triiodothyronine. Elle y travailla la plus grande partie de sa carrière.

Bedford College, Université de Londres

Établissement universitaire, l'un des premiers à former des femmes, où elle étudia la chimie.

Heidelberg, Allemagne

Ville où elle se forma auprès du physiologiste et prix Nobel Otto Meyerhof avant la guerre.

Voir aussi