Saint Benoît de Nursie(480 — 547)

Benoît de Nursie

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SpiritualitéReligieux/seAntiquitéAntiquité tardive, à la charnière entre la fin de l'Empire romain d'Occident et le haut Moyen Âge (Ve-VIe siècles)

Moine chrétien italien, Benoît de Nursie est considéré comme le fondateur du monachisme occidental. Il rédige une règle monastique qui organise la vie des communautés autour de la prière et du travail, et fonde l'abbaye du Mont-Cassin.

Questions fréquentes

Ce qu'il faut retenir, c'est que Benoît n'a pas inventé le monachisme, mais il lui a donné un cadre durable. Alors que d'autres règles monastiques circulaient en Gaule ou en Italie, la sienne, rédigée vers 530-540, se distingue par son équilibre entre prière et travail, et par son exigence de stabilité : le moine s'engage à vie dans son abbaye. Ce qui rend sa règle décisive, c'est sa diffusion progressive dans tout l'Occident médiéval, portée par l'essor de l'abbaye du Mont-Cassin et plus tard par l'empire carolingien. Elle devient le texte de référence pour des milliers de communautés.

Citations célèbres

« Ora et labora »

Faits marquants

  • Né vers 480 à Nursie (Nursia), en Ombrie (Italie)
  • Fonde l'abbaye du Mont-Cassin vers 529
  • Rédige la Règle de saint Benoît, fondement du monachisme occidental
  • Mort vers 547 au Mont-Cassin
  • Proclamé saint patron de l'Europe par Paul VI en 1964

Œuvres & réalisations

Règle de saint Benoît (vers 530-540)

Code de 73 chapitres organisant la vie monastique autour de la prière, du travail et de l'obéissance. Elle structura le monachisme occidental pendant plus de mille ans.

Fondation de l'abbaye du Mont-Cassin (vers 529)

Monastère établi sur les ruines d'un temple d'Apollon, qui devint le foyer rayonnant de l'ordre bénédictin et un centre de culture pour l'Europe.

Les douze monastères de Subiaco (vers 520-525)

Réseau de petites communautés de douze moines chacune, première expérience d'organisation de la vie cénobitique par Benoît.

La devise « Ora et labora » (VIe siècle)

Principe d'équilibre entre prière et travail manuel issu de sa Règle, qui valorisa le labeur et la stabilité dans l'Occident médiéval.

L'idéal de stabilité monastique (VIe siècle)

Vœu de demeurer toute sa vie dans le même monastère, qui fit des abbayes des points d'ancrage durables dans une Europe bouleversée par les invasions.

Anecdotes

Selon les Dialogues de Grégoire le Grand, le jeune Benoît, parti étudier à Rome, est tellement écœuré par la débauche de la ville qu'il s'enfuit pour vivre en ermite dans une grotte de Subiaco. Un moine nommé Romain lui descend chaque jour son pain au bout d'une corde munie d'une clochette.

La tradition raconte que des moines, agacés par la sévérité de Benoît, tentèrent de l'empoisonner en lui offrant une coupe de vin. Quand le saint la bénit d'un signe de croix, la coupe se brisa net comme frappée par une pierre, révélant le complot.

On dit qu'un jour, pour combattre une violente tentation charnelle, Benoît se jeta nu dans un buisson d'orties et de ronces, se roulant dedans jusqu'à ce que la douleur du corps éteigne celle de l'âme. Il aurait ainsi vaincu la tentation pour le reste de sa vie.

D'après les Dialogues, un corbeau venait chaque jour manger dans la main de Benoît. Lorsqu'un prêtre jaloux lui envoya un pain empoisonné, le saint ordonna à l'oiseau d'emporter le pain loin, là où nul ne pourrait le trouver.

La légende veut qu'à l'instant de la mort de Benoît, deux moines situés en des lieux différents eurent la même vision : un chemin lumineux couvert de tapis, montant de sa cellule vers le ciel, le long duquel un homme rayonnant annonçait que c'était la route empruntée par le bien-aimé du Seigneur.

Sources primaires

Grégoire le Grand, Dialogues, Livre II (Vie de saint Benoît) (vers 593-594)
Il abandonna la maison et les biens de son père et, désirant ne plaire qu'à Dieu seul, il chercha l'habit de la sainte vie. Il se retira donc, savamment ignorant et sagement sans instruction.
Règle de saint Benoît, Prologue (vers 530-540)
Écoute, mon fils, les préceptes du maître et prête l'oreille de ton cœur ; reçois volontiers l'avertissement d'un père aimant et mets-le en pratique.
Règle de saint Benoît, chapitre 48 (Du travail manuel quotidien) (vers 530-540)
L'oisiveté est l'ennemie de l'âme ; c'est pourquoi les frères doivent à certaines heures s'occuper du travail des mains, et à d'autres heures à la lecture des choses divines.
Règle de saint Benoît, chapitre 53 (De l'accueil des hôtes) (vers 530-540)
Que tous les hôtes qui surviennent soient reçus comme le Christ, car lui-même dira un jour : J'étais étranger et vous m'avez accueilli.

Lieux clés

Nursie (Norcia)

Petite cité de montagne en Ombrie où naquit Benoît vers 480, dans une famille de notables romains.

Rome

Capitale où le jeune Benoît fut envoyé étudier les arts libéraux, avant de fuir la corruption de la ville.

Subiaco

Vallée de l'Aniene où Benoît vécut trois ans en ermite dans une grotte (le Sacro Speco), puis organisa ses premiers monastères.

Mont-Cassin

Hauteur dominant la vallée du Liri où Benoît fonda vers 529 sa grande abbaye, berceau du monachisme occidental, et où il mourut.

Voir aussi