Saint Patrick(400 — 500)

Patrick d'Irlande

6 min de lecture

SpiritualitéReligieux/seAntiquitéAntiquité tardive, Ve siècle, à la fin de l'Empire romain d'Occident et au début de la christianisation des îles Britanniques

Saint Patrick est un missionnaire chrétien du Ve siècle, considéré comme l'évangélisateur de l'Irlande. Capturé jeune et réduit en esclavage en Irlande, il y revint comme évêque pour christianiser l'île. Il est le saint patron de l'Irlande.

Questions fréquentes

Ce qu'il faut retenir, c'est que saint Patrick est un missionnaire chrétien du Ve siècle qui a joué un rôle clé dans la christianisation de l'Irlande. Ce qui le distingue, c'est son parcours singulier : capturé adolescent par des pirates irlandais et réduit en esclavage pendant six ans, il s'évade, devient évêque, puis retourne volontairement sur l'île pour y prêcher. Il n'était pas le premier missionnaire – Palladius l'avait précédé en 431 – mais son influence fut telle qu'il est honoré comme le saint patron de l'Irlande. Son autobiographie spirituelle, la Confessio, est le plus ancien texte écrit en Irlande qui nous soit parvenu.

Faits marquants

  • Né vers la fin du IVe siècle (vers 385-390) en Bretagne romaine, dans une famille chrétienne
  • Capturé adolescent par des pillards et réduit en esclavage en Irlande pendant six ans
  • Revient en Irlande vers 432 comme évêque pour évangéliser l'île
  • Mort traditionnellement le 17 mars, vers 461, date devenue la Saint-Patrick
  • Auteur de la 'Confession' (Confessio), texte autobiographique en latin attesté

Œuvres & réalisations

Confessio (Confession) (Ve siècle)

Autobiographie spirituelle où Patrick justifie sa mission et raconte sa captivité et sa foi. C'est le plus ancien document écrit en Irlande qui nous soit parvenu.

Epistola ad milites Corotici (Lettre à Coroticus) (Ve siècle)

Lettre de protestation condamnant un chef breton qui avait massacré et réduit en esclavage de jeunes chrétiens irlandais. Rare témoignage moral contre l'esclavage à cette époque.

Évangelisation de l'Irlande (Ve siècle)

Mission qui aurait converti une grande partie de l'île au christianisme et baptisé des milliers de personnes. Patrick est honoré comme l'apôtre des Irlandais.

Fondation du siège d'Armagh (vers 445)

Établissement attribué à Patrick qui devint le centre religieux de l'Irlande. Armagh demeure aujourd'hui le siège des archevêques d'Irlande.

Lorica (« Cuirasse de saint Patrick ») (attribuée, texte plus tardif)

Prière protectrice traditionnellement attribuée à Patrick, invoquant la puissance de Dieu pour le défendre des dangers. Devenue un hymne célèbre de la spiritualité celtique.

Anecdotes

Vers l'âge de seize ans, Patrick fut enlevé par des pillards irlandais et réduit en esclavage. Il passa six ans à garder des troupeaux dans les collines d'Irlande, où il dit s'être tourné vers la prière et la foi pour survivre à la solitude et au froid.

Selon son propre récit, Patrick s'évada après avoir entendu en rêve une voix lui disant qu'un navire l'attendait. Il parcourut près de 300 kilomètres jusqu'à la côte, convainquit l'équipage de le prendre à bord, et regagna finalement sa famille en Bretagne romaine.

La tradition raconte que Patrick utilisait le trèfle à trois feuilles (shamrock) pour expliquer la Trinité aux Irlandais : trois feuilles distinctes sur une seule tige, comme le Père, le Fils et le Saint-Esprit ne forment qu'un seul Dieu. Le trèfle est depuis devenu l'emblème de l'Irlande.

Une légende célèbre prétend que Patrick chassa tous les serpents d'Irlande en les précipitant dans la mer depuis une colline où il jeûnait. Les naturalistes pensent qu'il n'y eut en réalité jamais de serpents sur l'île, isolée par la mer depuis la dernière glaciation : le récit serait une allégorie de la fin du paganisme.

La fête de la Saint-Patrick, le 17 mars, marque la date traditionnelle de sa mort. D'abord journée religieuse irlandaise, elle est devenue une célébration mondiale de la culture irlandaise, où les villes vont jusqu'à teindre rivières et monuments en vert.

Sources primaires

Confessio (Confession de saint Patrick) (Ve siècle)
Moi, Patrick, pécheur, le plus rustre et le moindre de tous les fidèles... j'avais Calpornius pour père, diacre, fils du prêtre Potitus. J'avais alors près de seize ans et j'ignorais le vrai Dieu, et je fus emmené en captivité en Irlande avec tant de milliers d'hommes.
Epistola ad milites Corotici (Lettre aux soldats de Coroticus) (Ve siècle)
De ma propre main j'ai écrit et composé ces mots, pour qu'ils soient donnés, transmis et envoyés aux soldats de Coroticus ; je ne dis pas à mes concitoyens ni aux concitoyens des saints Romains, mais aux concitoyens des démons, à cause de leurs mauvaises œuvres.
Vita sancti Patricii (Vie de saint Patrick), par Muirchú moccu Machtheni (vers 680)
Patrick alluma le feu pascal sur la colline de Slane, face à la résidence royale de Tara, défiant l'interdit du roi Lóegaire selon lequel aucun feu ne devait briller avant celui du palais.

Lieux clés

Bretagne romaine (Britannia)

Province romaine de l'île de Bretagne où Patrick naquit dans une famille chrétienne romano-bretonne. Il y fut capturé adolescent par des pillards irlandais.

Comté d'Antrim / Mont Slemish

Région du nord de l'Irlande où, selon la tradition, Patrick fut esclave et garda les troupeaux pendant six ans. C'est là qu'il aurait approfondi sa foi.

Colline de Slane

Hauteur dominant la vallée de la Boyne où Patrick aurait allumé le feu pascal en défi au roi païen de Tara. Épisode central de sa légende missionnaire.

Tara (colline royale)

Siège des rois suprêmes d'Irlande, centre du pouvoir et des rites païens que Patrick chercha à convertir. La confrontation avec le roi Lóegaire y est légendaire.

Armagh (Ard Mhacha)

Ville où Patrick aurait établi son siège épiscopal principal, faisant d'elle le cœur ecclésiastique de l'Irlande. Elle reste le siège primatial du pays.

Downpatrick (Saul)

Lieu où, selon la tradition, Patrick fonda sa première église et où il serait mort et enterré. Un sanctuaire perpétue sa mémoire.

Voir aussi