Salif Keita(1949 — ?)

Salif Keita

Mali

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MusiqueChanteur/seXXe siècleAfrique de l'Ouest postcoloniale et mondialisation musicale de la fin du XXe et du début du XXIe siècle

Salif Keïta est un chanteur et auteur-compositeur malien né en 1949, surnommé « la voix d'or de l'Afrique ». Descendant albinos de la dynastie royale du Mali, il s'est imposé comme une figure majeure de la musique africaine moderne en mêlant traditions mandingues et sonorités occidentales.

Questions fréquentes

Salif Keïta, né en 1949 à Djoliba au Mali, est un chanteur et auteur-compositeur qui a révolutionné la musique africaine moderne. Ce qui le rend unique, c'est qu'il est issu d'une lignée royale descendant de Soundiata Keïta, fondateur de l'empire du Mali, mais a brisé un interdit social en devenant chanteur – métier réservé aux griots. Son surnom vient de sa voix puissante et de sa capacité à mêler les traditions mandingues aux sonorités occidentales, faisant de lui une figure majeure de la world music. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a non seulement marqué la musique, mais aussi lutté contre les discriminations liées à son albinisme.

Faits marquants

  • Né le 25 août 1949 à Djoliba (Mali), descendant de Soundiata Keïta, fondateur de l'Empire du Mali
  • Rejette en 1967 sa lignée royale pour devenir musicien, métier traditionnellement réservé aux griots
  • Rejoint le Rail Band de Bamako en 1970, puis fonde le groupe Les Ambassadeurs
  • Publie l'album « Soro » en 1987, qui le révèle sur la scène internationale de la world music
  • Crée en 2005 la Fondation Salif Keïta pour la défense des personnes atteintes d'albinisme

Œuvres & réalisations

Mandjou (1978)

Chanson enregistrée avec Les Ambassadeurs, hommage à l'histoire mandingue qui le révèle au public africain.

Soro (1987)

Album fondateur enregistré à Paris, considéré comme un jalon majeur de la world music africaine.

Amen (1991)

Album coproduit par le jazzman Joe Zawinul, mêlant jazz et musique mandingue.

Folon... The Past (1995)

Album marquant son retour à des sonorités plus africaines après ses expérimentations parisiennes.

Moffou (2002)

Album acoustique salué par la critique, accompagnant son retour au Mali.

La Différence (2009)

Album-manifeste contre les discriminations envers les albinos, récompensé par un Victoire de la musique.

Un autre blanc (2018)

Album présenté comme son dernier disque studio, prolongeant son combat pour les personnes albinos.

Anecdotes

Salif Keïta est né albinos dans une famille descendant de Soundiata Keïta, le fondateur de l'empire du Mali au XIIIe siècle. Dans la société mandingue, l'albinisme était mal perçu et certains y voyaient un mauvais présage, si bien que son enfance fut marquée par le rejet et la superstition.

Parce qu'il était issu d'une lignée royale, Salif Keïta a brisé un interdit social en devenant chanteur : la musique était traditionnellement réservée à la caste des griots, et un noble n'était pas censé en faire son métier. Sa famille désapprouvait ce choix, ce qui poussa le jeune homme à quitter le foyer.

Au début des années 1970, il rejoint le Rail Band de Bamako, un orchestre rattaché à la gare et à l'hôtel des chemins de fer, où il côtoie le futur guitariste vedette Mory Kanté. Cette formation est devenue une véritable pépinière de la musique malienne moderne.

En 1987, son album « Soro », enregistré à Paris, mêle instruments traditionnels mandingues et synthétiseurs occidentaux. Il devient l'un des disques fondateurs de ce qu'on appellera la « world music » et fait connaître la voix de Salif Keïta sur la scène internationale.

Devenu célèbre, Salif Keïta a milité activement pour la défense des personnes atteintes d'albinisme en Afrique, créant une fondation à leur nom. Il a utilisé sa notoriété pour dénoncer les discriminations et les violences dont elles sont parfois victimes.

Sources primaires

Chanson « La Différence » (album du même nom) (2009)
Je suis noir, ma peau est blanche, et moi j'aime bien ça, c'est la différence qui est jolie.
Entretien avec Salif Keïta sur son enfance d'albinos (années 2000)
On me regardait comme si j'étais un fantôme ; pour beaucoup, un albinos n'était pas vraiment un être humain.
Déclaration sur sa vocation musicale (entretien, années 1990)
Dans ma famille, un Keïta ne chante pas. Chanter, c'était l'affaire des griots, pas celle des nobles.

Lieux clés

Djoliba (Mali)

Village au sud de Bamako où Salif Keïta est né en 1949. Il y a plus tard construit un studio d'enregistrement lors de son retour au pays.

Bamako (Mali)

Capitale du Mali où il débute sa carrière au sein du Rail Band, lié à la gare ferroviaire. Cœur de la vie musicale malienne.

Abidjan (Côte d'Ivoire)

Grande ville où Les Ambassadeurs s'installent à la fin des années 1970, lui donnant une audience panafricaine.

Paris (France)

Capitale où il s'installe en 1984 et enregistre « Soro », tremplin de sa carrière internationale.

Voir aussi