Salomé est la fille d'Hérodiade et belle-fille d'Hérode Antipas, tétrarque de Galilée au Ier siècle. Selon les Évangiles, sa danse plut tant à Hérode qu'il lui accorda n'importe quelle requête : sur les conseils de sa mère, elle demanda la tête de Jean le Baptiste.
Salomé(14 — 62)
Salomé
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Ier siècle apr. J.-C. : Salomé vit à la cour d'Hérode Antipas en Galilée
- Sa danse (mentionnée dans Matthieu 14 et Marc 6) séduit Hérode lors d'un festin
- Elle réclame la tête de Jean le Baptiste sur un plateau, à l'instigation de sa mère Hérodiade
- Son nom n'apparaît pas dans les Évangiles ; il est fourni par l'historien Flavius Josèphe (Antiquités judaïques, XVIII)
- Elle devient au XIXe siècle une figure emblématique de la femme fatale dans l'art et la littérature
Œuvres & réalisations
Premier récit évangélique de l'épisode de la danse et de la décollation de Jean le Baptiste. Source textuelle fondatrice du personnage, bien que la fille d'Hérodiade n'y soit pas nommée.
L'historien juif romanisé nomme 'Salomé' pour la première fois et fournit des données généalogiques sur ses mariages, conférant une réalité historique au personnage évangélique.
Tableau symboliste majeur représentant Salomé face à la tête lumineuse de Jean le Baptiste. Cette œuvre a fixé dans l'imaginaire collectif l'image de Salomé comme figure ensorcelante et dangereuse.
Nouvelle littéraire reconstituant avec précision documentaire le contexte historique et politique du festin d'Hérode. Flaubert y campe Salomé comme danseuse mystérieuse dans un Orient soigneusement documenté.
Pièce symboliste en français qui réinvente Salomé en femme fatale éperdument amoureuse de Jean le Baptiste. Cette œuvre a profondément reconfiguré la vision moderne du personnage en Europe.
Opéra en un acte adapté de la pièce de Wilde, où la scène de la 'Danse des Sept Voiles' est mise en musique de façon éblouissante. Il consacre Salomé comme icône de l'art lyrique du XXe siècle.
Anecdotes
Le nom 'Salomé' n'apparaît nulle part dans les Évangiles de Matthieu et de Marc, les deux seuls textes bibliques qui racontent l'épisode de la danse. Elle y est désignée uniquement comme 'la fille d'Hérodiade'. C'est l'historien juif Flavius Josèphe qui, dans ses Antiquités juives rédigées vers 93 ap. J.-C., la nomme pour la première fois 'Salomé', confirmant par là même son existence historique.
La célèbre 'Danse des Sept Voiles' associée à Salomé ne figure nulle part dans la Bible. Les Évangiles parlent simplement d'une danse qui plut à Hérode Antipas et à ses convives. Cette danse aux voiles est une invention du XIXe siècle, popularisée par la pièce de théâtre de l'écrivain irlandais Oscar Wilde en 1891, puis consacrée par l'opéra de Richard Strauss en 1905.
La décollation de Jean le Baptiste eut lieu à la forteresse de Machaerus, citadelle imprenable construite par Hérode le Grand sur un piton rocheux dominant la mer Morte. C'est dans ses cachots qu'était emprisonné le prophète, et c'est là que la tête fut, selon la tradition, apportée sur un plateau à Salomé, qui la remit à sa mère Hérodiade.
Selon Flavius Josèphe, Salomé épousa en premières noces Philippe le Tétrarque, son grand-oncle qui gouvernait l'Iturée et la Trachonitide. Devenue veuve, elle se remaria avec Aristobule de Chalcis. Ces unions illustrent comment les mariages au sein de la famille hérodienne servaient avant tout des stratégies d'alliance politique dans le cadre de la domination romaine.
Salomé est devenue, surtout à partir du XIXe siècle, l'une des figures féminines les plus représentées dans l'art occidental, symbole de la femme fatale et de la tentation. Des peintres comme Gustave Moreau, Lucas Cranach l'Ancien ou Aubrey Beardsley l'ont célébrée, transformant le personnage biblique en véritable mythe culturel traversant les siècles.
Sources primaires
La fille d'Hérodiade entra, dansa, et plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la jeune fille : Demande-moi ce que tu voudras, et je te le donnerai. Elle sortit, et dit à sa mère : Que demanderai-je ? Et sa mère dit : La tête de Jean-Baptiste.
La fille d'Hérodiade dansa au milieu des convives, et plut à Hérode. Alors il lui promit avec serment de lui donner tout ce qu'elle demanderait. Poussée par sa mère, elle dit : Donne-moi ici, sur un plateau, la tête de Jean-Baptiste.
Hérodias avait une fille nommée Salomé, de qui naquit Aristobule. Hérodias, ne supportant pas d'être inférieure à son frère, décida de bouleverser les coutumes ancestrales et d'épouser Hérode Antipas, son demi-frère.
Mannaeï reçut l'ordre de descendre au cachot pour couper la tête d'Iaokanann. Phanuel entra, suivi de deux hommes portant un plateau. Ils le posèrent sur la table. C'était la tête de Iaokanann.
Lieux clés
Forteresse hérodienne construite sur un promontoire dominant la mer Morte, en Pérée (actuelle Jordanie). C'est ici que Jean le Baptiste fut emprisonné puis décapité, et que la danse de Salomé aurait eu lieu lors du festin d'Hérode.
Capitale de la Galilée fondée par Hérode Antipas en l'honneur de l'empereur Tibère, au bord du lac de Tibériade. Résidence principale de la cour où vivait Salomé, mêlant architecture romaine et traditions juives.
Centre religieux et politique de la Judée, où se croisaient les influences hérodiennes, romaines et les grands courants religieux juifs. Salomé, en tant que membre de la famille régnante, y séjournait lors des grandes fêtes.
Ville reconstruite par Hérode le Grand et rebaptisée Sébaste en l'honneur d'Auguste. Haut lieu de pouvoir et de culte dynastique, elle est liée à l'histoire de la famille hérodienne à laquelle appartient Salomé.
Objets typiques

Objet central de la légende, c'est sur ce plateau que la tête de Jean le Baptiste fut apportée à Salomé, puis remise à Hérodiade. Il est devenu le symbole le plus puissant du mythe, associant la récompense royale à la mort d'un innocent.
📷 CC0 · Wikimedia Commons ↗
Bien qu'absents du texte biblique, les voiles sont devenus l'attribut iconique de Salomé dans l'art et la littérature depuis le XIXe siècle, symbolisant à la fois la séduction et le dévoilement progressif d'une vérité terrible.

Signe du pouvoir dynastique auquel appartient Salomé, la couronne ou le diadème signale son rang de princesse dans les représentations artistiques, rappelant que sa demande meurtrière s'inscrit dans les jeux du pouvoir royal.

L'épée utilisée pour la décollation de Jean le Baptiste est l'instrument de mort central du récit. Mannaeï, cité dans certaines traditions comme bourreau de Machaerus, en est le porteur funeste.

En tant que princesse de la cour hérodienne, Salomé portait des parures mêlant influences juives, romaines et orientales — bracelets, colliers d'or et diadèmes — reflets du faste d'une cour à la croisée des cultures.
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Vie quotidienne
Matin
Salomé commence sa journée dans les appartements privés du palais d'Hérode Antipas, entourée de servantes qui l'aident à se vêtir et se coiffer. Le matin est consacré aux ablutions purificatrices et aux rites religieux prescrits par la loi juive, que la cour hérodienne respectait avec une observance officielle, même si sa piété était souvent contestée.
Après-midi
L'après-midi, la princesse participe à la vie de la cour : réceptions de dignitaires romains ou juifs, pratique de la danse et de la musique qui font partie de l'éducation des jeunes femmes de rang royal. Les banquets princiers mêlent raffinements culinaires romains et traditions juives dans un cadre de luxe orientalisé.
Soir
Les soirées dans la cour hérodienne peuvent être animées par des festins richement ordonnés où se côtoient musique, danse et joutes d'éloquence entre lettrés grecs et juifs. C'est lors de l'un de ces banquets d'anniversaire d'Hérode qu'eut lieu la danse qui scella le destin de Jean le Baptiste.
Alimentation
La table hérodienne respectait officiellement les prescriptions alimentaires de la loi mosaïque (kashrout), tout en s'ouvrant aux raffinements culinaires romains. On y servait de l'agneau, des volailles, des poissons du lac de Tibériade, des légumes méditerranéens, des fruits secs, du pain de froment et du vin de Galilée.
Vêtements
Salomé portait des tuniques de lin fin et des robes brodées aux couleurs vives, dans la tradition des femmes de haut rang du Proche-Orient romain. Les bijoux d'or — bagues, boucles d'oreilles, diadèmes — signalaient son appartenance à la maison hérodienne régnante.
Habitat
Salomé résidait dans les palais que la famille hérodienne possédait en Galilée, notamment à Tibériade, capitale construite par Hérode Antipas sur les rives du lac. Ces résidences mêlaient architecture romaine (colonnes, mosaïques, thermes) et décors orientaux, reflet d'une famille placée entre le monde juif et l'Empire romain.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Évangile selon Marc (chapitre 6)
vers 65-70 ap. J.-C.
Antiquités juives, Flavius Josèphe (Livre XVIII)
vers 93-94 ap. J.-C.
L'Apparition, Gustave Moreau (peinture)
1876
Hérodias, Gustave Flaubert (Trois Contes)
1877
Salomé, Oscar Wilde (pièce de théâtre)
1891






