Biographie

Salomé est la fille d'Hérodiade et belle-fille d'Hérode Antipas, tétrarque de Galilée au Ier siècle. Selon les Évangiles, sa danse plut tant à Hérode qu'il lui accorda n'importe quelle requête : sur les conseils de sa mère, elle demanda la tête de Jean le Baptiste.

Salomé(14 — 62)

Salomé

8 min de lecture

SpiritualitéCultureAntiquitéEmpire romain, Ier siècle après J.-C., Judée sous domination romaine

Questions fréquentes

Salomé est une princesse de la dynastie hérodienne, née vers 14 ap. J.-C., surtout connue pour avoir demandé la tête de Jean le Baptiste après avoir dansé devant Hérode Antipas. Ce qu'il faut retenir, c'est que son nom n'apparaît pas dans les Évangiles – ce sont les Antiquités juives de Flavius Josèphe qui la nomment pour la première fois. Elle devient à partir du XIXe siècle, grâce à des œuvres comme la pièce d'Oscar Wilde ou l'opéra de Richard Strauss, l'archétype de la femme fatale, mêlant séduction et cruauté.

Faits marquants

  • Ier siècle apr. J.-C. : Salomé vit à la cour d'Hérode Antipas en Galilée
  • Sa danse (mentionnée dans Matthieu 14 et Marc 6) séduit Hérode lors d'un festin
  • Elle réclame la tête de Jean le Baptiste sur un plateau, à l'instigation de sa mère Hérodiade
  • Son nom n'apparaît pas dans les Évangiles ; il est fourni par l'historien Flavius Josèphe (Antiquités judaïques, XVIII)
  • Elle devient au XIXe siècle une figure emblématique de la femme fatale dans l'art et la littérature

Œuvres & réalisations

Évangile selon Marc (chapitre 6) (vers 65-70 ap. J.-C.)

Premier récit évangélique de l'épisode de la danse et de la décollation de Jean le Baptiste. Source textuelle fondatrice du personnage, bien que la fille d'Hérodiade n'y soit pas nommée.

Antiquités juives, Flavius Josèphe (Livre XVIII) (vers 93-94 ap. J.-C.)

L'historien juif romanisé nomme 'Salomé' pour la première fois et fournit des données généalogiques sur ses mariages, conférant une réalité historique au personnage évangélique.

L'Apparition, Gustave Moreau (peinture) (1876)

Tableau symboliste majeur représentant Salomé face à la tête lumineuse de Jean le Baptiste. Cette œuvre a fixé dans l'imaginaire collectif l'image de Salomé comme figure ensorcelante et dangereuse.

Hérodias, Gustave Flaubert (Trois Contes) (1877)

Nouvelle littéraire reconstituant avec précision documentaire le contexte historique et politique du festin d'Hérode. Flaubert y campe Salomé comme danseuse mystérieuse dans un Orient soigneusement documenté.

Salomé, Oscar Wilde (pièce de théâtre) (1891)

Pièce symboliste en français qui réinvente Salomé en femme fatale éperdument amoureuse de Jean le Baptiste. Cette œuvre a profondément reconfiguré la vision moderne du personnage en Europe.

Salomé, opéra de Richard Strauss (1905)

Opéra en un acte adapté de la pièce de Wilde, où la scène de la 'Danse des Sept Voiles' est mise en musique de façon éblouissante. Il consacre Salomé comme icône de l'art lyrique du XXe siècle.

Anecdotes

Le nom 'Salomé' n'apparaît nulle part dans les Évangiles de Matthieu et de Marc, les deux seuls textes bibliques qui racontent l'épisode de la danse. Elle y est désignée uniquement comme 'la fille d'Hérodiade'. C'est l'historien juif Flavius Josèphe qui, dans ses Antiquités juives rédigées vers 93 ap. J.-C., la nomme pour la première fois 'Salomé', confirmant par là même son existence historique.

La célèbre 'Danse des Sept Voiles' associée à Salomé ne figure nulle part dans la Bible. Les Évangiles parlent simplement d'une danse qui plut à Hérode Antipas et à ses convives. Cette danse aux voiles est une invention du XIXe siècle, popularisée par la pièce de théâtre de l'écrivain irlandais Oscar Wilde en 1891, puis consacrée par l'opéra de Richard Strauss en 1905.

La décollation de Jean le Baptiste eut lieu à la forteresse de Machaerus, citadelle imprenable construite par Hérode le Grand sur un piton rocheux dominant la mer Morte. C'est dans ses cachots qu'était emprisonné le prophète, et c'est là que la tête fut, selon la tradition, apportée sur un plateau à Salomé, qui la remit à sa mère Hérodiade.

Selon Flavius Josèphe, Salomé épousa en premières noces Philippe le Tétrarque, son grand-oncle qui gouvernait l'Iturée et la Trachonitide. Devenue veuve, elle se remaria avec Aristobule de Chalcis. Ces unions illustrent comment les mariages au sein de la famille hérodienne servaient avant tout des stratégies d'alliance politique dans le cadre de la domination romaine.

Salomé est devenue, surtout à partir du XIXe siècle, l'une des figures féminines les plus représentées dans l'art occidental, symbole de la femme fatale et de la tentation. Des peintres comme Gustave Moreau, Lucas Cranach l'Ancien ou Aubrey Beardsley l'ont célébrée, transformant le personnage biblique en véritable mythe culturel traversant les siècles.

Sources primaires

Évangile selon Marc, chapitre 6 (vers 65-70 ap. J.-C.)
La fille d'Hérodiade entra, dansa, et plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la jeune fille : Demande-moi ce que tu voudras, et je te le donnerai. Elle sortit, et dit à sa mère : Que demanderai-je ? Et sa mère dit : La tête de Jean-Baptiste.
Évangile selon Matthieu, chapitre 14 (vers 80-90 ap. J.-C.)
La fille d'Hérodiade dansa au milieu des convives, et plut à Hérode. Alors il lui promit avec serment de lui donner tout ce qu'elle demanderait. Poussée par sa mère, elle dit : Donne-moi ici, sur un plateau, la tête de Jean-Baptiste.
Antiquités juives, Livre XVIII, Flavius Josèphe (vers 93-94 ap. J.-C.)
Hérodias avait une fille nommée Salomé, de qui naquit Aristobule. Hérodias, ne supportant pas d'être inférieure à son frère, décida de bouleverser les coutumes ancestrales et d'épouser Hérode Antipas, son demi-frère.
Hérodias, Gustave Flaubert (Trois Contes) (1877)
Mannaeï reçut l'ordre de descendre au cachot pour couper la tête d'Iaokanann. Phanuel entra, suivi de deux hommes portant un plateau. Ils le posèrent sur la table. C'était la tête de Iaokanann.

Lieux clés

Machaerus (Mukawir)

Forteresse hérodienne construite sur un promontoire dominant la mer Morte, en Pérée (actuelle Jordanie). C'est ici que Jean le Baptiste fut emprisonné puis décapité, et que la danse de Salomé aurait eu lieu lors du festin d'Hérode.

Tibériade

Capitale de la Galilée fondée par Hérode Antipas en l'honneur de l'empereur Tibère, au bord du lac de Tibériade. Résidence principale de la cour où vivait Salomé, mêlant architecture romaine et traditions juives.

Jérusalem

Centre religieux et politique de la Judée, où se croisaient les influences hérodiennes, romaines et les grands courants religieux juifs. Salomé, en tant que membre de la famille régnante, y séjournait lors des grandes fêtes.

Sébaste (ancienne Samarie)

Ville reconstruite par Hérode le Grand et rebaptisée Sébaste en l'honneur d'Auguste. Haut lieu de pouvoir et de culte dynastique, elle est liée à l'histoire de la famille hérodienne à laquelle appartient Salomé.

Voir aussi