Samael

Satan

SpiritualitéMythologieAntiquitéAntiquité tardive et Moyen Âge — traditions talmudiques et kabbalistiques

Samael est un ange maléfique dans la tradition juive, souvent assimilé à l'ange de la mort et à l'Accusateur (Satan). Figure centrale de la Kabbale et du Talmud, il incarne le mal et l'opposition divine.

Faits marquants

  • Mentionné dans le Talmud de Babylone (IIe-VIe siècle) comme ange accusateur
  • Dans la Kabbale médiévale, Samael est associé à la sphère de la rigueur divine (Geburah)
  • Son nom est interprété comme 'Venin de Dieu' (sam = venin, El = Dieu)
  • Il est parfois identifié à Satan dans la littérature rabbinique
  • Figure reprise dans les textes apocryphes juifs comme le Livre d'Énoch

Œuvres & réalisations

Talmud de Babylone (Talmud Bavli) (IIIe–VIe siècle ap. J.-C.)

Texte fondamental du judaïsme rabbinique, compilé dans les académies de Babylone. Il constitue la première source systématique décrivant Samael comme ange de la mort, Accusateur céleste et prince des démons.

Pirké de-Rabbi Éliézer (VIIIe–IXe siècle)

Midrash narratif attribué au Rabbi Éliézer ben Hyrcanos. Ce texte contient les récits les plus détaillés sur la chute de Samael, son rôle dans la séduction d'Ève et sa nature d'ange déchu.

Alphabet de Ben Sira (Alphabetum Siracidis) (IXe–Xe siècle)

Texte apocryphe en hébreu et en araméen qui introduit le couple mythologique Samael-Lilith, fondateur de la démonologie kabbalistique médiévale.

Sefer ha-Bahir (Livre de la Clarté) (c. 1150–1180, Provence)

Premier grand texte kabbalistique, il systématise le rôle de Samael comme entité du mal structurel opposée à la lumière divine, posant les bases de la cosmologie dualiste de la Kabbale.

Zohar (Livre de la Splendeur) (c. 1280, Castille — attribué à Moïse de Léon)

Œuvre maîtresse de la Kabbale médiévale, le Zohar consacre de nombreux passages à Samael comme chef de la Sitra Achra (l'Autre Côté), époux de Lilith et grand antagoniste de la création divine.

Écrits kabbalistiques d'Isaac Louria (Ari) (c. 1560–1572, Safed)

Consignés par son disciple Haïm Vital dans l'Ets Haïm, ces enseignements intègrent Samael dans la cosmogonie de la 'brisure des vases' (Shvirat ha-Kelim) et dans le processus de réparation du monde (Tiqoun Olam).

Anecdotes

Dans le Talmud de Babylone, Samael est identifié à l'ange qui lutta toute la nuit contre Jacob au gué du Jabbok. Certains rabbins enseignent que Jacob ne combattit pas un homme ordinaire, mais le « prince céleste » d'Ésaü, c'est-à-dire Samael lui-même, représentant les forces du mal.

Selon le traité talmudique Sotah, Samael descendit sur terre sous la forme du serpent pour séduire Ève dans le jardin d'Éden. La tradition kabbalistique précise qu'il chevaucha le serpent et que de cette union naquit Caïn, premier meurtrier de l'humanité.

Dans la Kabbale médiévale, Samael est présenté comme l'époux de Lilith, la première femme d'Adam selon certains textes. Ensemble, ils forment le couple diabolique de la 'Sitra Achra' (l'Autre Côté), principe du mal opposé à la lumière divine.

Le livre de Job, dans la Bible hébraïque, met en scène 'ha-Satan' (l'Accusateur) qui parie avec Dieu sur la fidélité de Job et obtient la permission de le soumettre à d'atroces épreuves. La tradition rabbinique assimile progressivement cette figure à Samael, faisant de lui le procureur céleste au tribunal divin.

Selon le Pirké de-Rabbi Éliézer, Samael est l'ange qui apporta la mort à Moïse. Dieu lui refusa cependant l'accès à l'âme du prophète, et c'est finalement Dieu lui-même qui recueillit l'âme de Moïse d'un baiser, pour que Samael ne puisse s'en emparer.

Sources primaires

Talmud de Babylone, traité Sotah (9b et 9a) (IIIe–VIe siècle de notre ère (rédaction finale))
« Samael, le mauvais, descendit et monta sur le serpent... et l'esprit de Samael entra dans le serpent. »
Pirké de-Rabbi Éliézer, chapitre XIII (VIIIe–IXe siècle)
« Samael chevaucha le serpent, dont l'apparence ressemblait à celle d'un chameau. Samael était le plus grand des anges du ciel, et il prit le serpent comme monture. »
Zohar, Genèse (I, 35b–38a) (c. 1280, attribué à Moïse de Léon)
« Samael est appelé le grand prince de l'accusation dans les régions célestes supérieures... Il est le chef de tous les accusateurs, et il se dresse devant le Saint, béni soit-Il, pour accuser les hommes. »
Alphabetum Siracidis (Alphabet de Ben Sira) (IXe–Xe siècle)
« Lilith quitta Adam et alla demeurer près de la mer Rouge... Samael la prit pour épouse, et ils engendrèrent une multitude de démons. »
Sefer ha-Bahir (Livre de la Clarté), §109 (XIIe siècle, Provence)
« Et quel est son nom ? Samael est son nom. Et pourquoi s'appelle-t-il ainsi ? Parce qu'il est l'ange de la mort ('sar shel mavet'), et que son venin ('sam') est la mort. »

Lieux clés

Babylone (Irak actuel) — Académies talmudiques de Soura et Pumbedita

Les grandes académies rabbiniques de Babylone sont le lieu de rédaction du Talmud de Babylone (IIIe-VIe siècles), texte fondateur dans lequel Samael acquiert son rôle systématique d'ange de la mort et d'adversaire divin.

Gérone (Catalogne, Espagne) — École kabbalistique

Au XIIIe siècle, Gérone abrite l'une des premières grandes écoles kabbalistiques d'Europe, où des maîtres comme Nahmanide développent les doctrines sur Samael et la Sitra Achra qui inspireront le Zohar.

Safed (Tsefat, Galilée, Israël) — Centre kabbalistique du XVIe siècle

Après l'expulsion d'Espagne (1492), Safed devient la capitale mondiale de la Kabbale. Isaac Louria et Joseph Karo y développent une cosmologie complexe dans laquelle Samael occupe la fonction de chef des forces du mal dans l'univers brisé.

Jardin d'Éden (lieu mythologique)

Le jardin d'Éden est le théâtre de l'acte fondateur de Samael : monté sur le serpent, il y tente Ève et précipite la chute de l'humanité selon la relecture kabbalistique de la Genèse.

Gué du Jabbok (Jordanie actuelle)

C'est au Jabbok que Jacob lutta toute la nuit contre un mystérieux adversaire (Genèse 32). La tradition rabbinique identifie cet adversaire à Samael, prince céleste d'Ésaü, dans un combat qui préfigure la lutte d'Israël contre les forces du mal.

Galerie


Self-Portrait

Self-Portrait

Wikimedia Commons, Public domain — Paul Gauguin


Fair women in painting and poetry

Fair women in painting and poetry

Wikimedia Commons, Public domain — Sharp, William, 1855-1905


Painting, sculpture and architecture as representative arts;

Painting, sculpture and architecture as representative arts;

Wikimedia Commons, Public domain — Raymond, George Lansing, 1839-1929


Michael defeats Satan

Michael defeats Satan

Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Josef Mariano Kitschker


Luciferlabel QS:Lit,"Lucifero"label QS:Lfr,"Lucifer"label QS:Leu,"Luzifer"label QS:Last,"Lucifer"label QS:Lde,"Luzifer"label QS:Lpt,"Lúcifer (ou Lucifer)"label QS:Llv,"Lucifers"label QS:Lbg,"Луцифер"

Luciferlabel QS:Lit,"Lucifero"label QS:Lfr,"Lucifer"label QS:Leu,"Luzifer"label QS:Last,"Lucifer"label QS:Lde,"Luzifer"label QS:Lpt,"Lúcifer (ou Lucifer)"label QS:Llv,"Lucifers"label QS:Lbg,"Луцифер"

Wikimedia Commons, Public domain — Franz von Stuck

Archangel Michael - Brody

Archangel Michael - Brody

Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Scotch Mist


Lectures on sculpture

Lectures on sculpture

Wikimedia Commons, Public domain — Flaxman, John, 1755-1826


Historical handbook of Italian sculpture

Historical handbook of Italian sculpture

Wikimedia Commons, Public domain — Perkins, Charles C. (Charles Callahan), 1823-1886


A history of sculpture

A history of sculpture

Wikimedia Commons, Public domain — Short, Ernest H. (Ernest Henry), 1875-1959


History of Andover, from its settlement to 1829

History of Andover, from its settlement to 1829

Wikimedia Commons, Public domain — Abbot, Abiel, 1765-1859

Voir aussi