Sandra Harding est une philosophe américaine née en 1935, figure majeure de l'épistémologie féministe et de la philosophie des sciences. Elle a théorisé la notion de « point de vue situé » (standpoint theory) et critiqué la prétention à l'objectivité neutre du savoir scientifique.
Sandra Harding(1935 — 2025)
Sandra G. Harding
États-Unis
5 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née en 1935 à San Francisco (États-Unis)
- Publie « The Science Question in Feminism » en 1986, ouvrage fondateur de l'épistémologie féministe
- Développe le concept d'« objectivité forte » (strong objectivity) à partir de la standpoint theory
- Enseigne à l'Université de Delaware puis à l'UCLA
- Dirige « The Feminist Standpoint Theory Reader » (2004), synthèse du courant
Œuvres & réalisations
Ouvrage qui l'a rendue célèbre : il pose la question de savoir si la science telle qu'elle existe est neutre ou marquée par des préjugés de genre.
Développement majeur de la « théorie du point de vue » (standpoint theory), selon laquelle le savoir dépend de la position sociale de celui qui le produit.
Recueil qu'elle a dirigé, montrant comment l'histoire des sciences a été liée au racisme et au colonialisme.
Essai qui valorise les savoirs scientifiques nés hors de l'Occident et critique l'idée d'une science purement européenne.
Réflexion sur les rapports entre science, féminisme et héritage de la colonisation dans le monde contemporain.
Synthèse de sa notion d'« objectivité forte » : prendre en compte la diversité des points de vue rend la science plus rigoureuse.
Anecdotes
Quand Sandra Harding publie « The Science Question in Feminism » en 1986, elle ose une affirmation qui fera scandale : selon elle, le langage employé par certains savants pour décrire la nature révèle des préjugés masculins cachés. Cette idée provoque des débats houleux dans les universités américaines pendant des années.
Harding aimait raconter que sa réflexion était née d'une question toute simple : pourquoi, dans l'histoire, tant de grands savants étaient-ils des hommes occidentaux et fortunés ? Plutôt que d'y voir un hasard, elle a passé sa vie à montrer que la position sociale d'un chercheur influence ce qu'il observe et les questions qu'il se pose.
Elle a forgé l'expression « objectivité forte » (strong objectivity), une formule qui surprend : pour elle, la science devient PLUS objective, et non moins, quand elle prend en compte les points de vue des personnes habituellement ignorées, comme les femmes ou les peuples colonisés.
Entre 2000 et 2005, Harding a codirigé « Signs », l'une des revues universitaires de référence sur les études féministes. Diriger une telle revue, c'est décider quels articles seront lus par des milliers de chercheurs dans le monde entier.
Très demandée à l'étranger, Harding a conseillé des organismes comme l'UNESCO et l'ONU sur les liens entre science, genre et développement, prouvant que ses idées philosophiques avaient des conséquences très concrètes pour les pays du Sud.
Sources primaires
La vie sociale a une structure de genre, et cette structure est si profonde qu'elle façonne jusqu'à nos manières de connaître le monde.
Partir de la vie des femmes permet de poser des questions sur la nature et sur la société qui ne pouvaient pas être formulées depuis les institutions scientifiques dominantes.
Aucune culture, y compris la culture scientifique moderne occidentale, n'a le monopole de la production de savoirs valables sur la nature.
Une objectivité plus forte exige que l'on examine de façon critique non seulement les objets étudiés, mais aussi le chercheur lui-même et sa position dans la société.
Lieux clés
Ville de Californie associée à ses débuts dans l'ouest des États-Unis, région où elle passera l'essentiel de sa carrière.
Université où Harding a longtemps enseigné la philosophie et écrit ses ouvrages les plus influents des années 1980 et 1990.
Grande université où elle a poursuivi sa carrière, enseignant l'éducation et les études de genre dans les années 2000.
Centre de l'édition universitaire américaine et des grands débats féministes auxquels Harding a participé tout au long de sa vie.
Objets typiques

Ses ouvrages, comme « The Science Question in Feminism », sont l'outil principal par lequel Harding a diffusé ses idées. Plusieurs sont devenus des classiques enseignés à l'université.

Comme tous les intellectuels de sa génération, Harding a d'abord rédigé à la machine à écrire avant de passer à l'ordinateur. C'est l'instrument quotidien du travail philosophique.

La revue « Signs », qu'elle a codirigée, sélectionne et publie les recherches en études de genre. C'est un objet central de la vie scientifique : on y fait connaître et discuter les travaux.

Professeure pendant des décennies, Harding a transmis sa pensée face à des étudiants, craie en main. L'amphithéâtre est le lieu où ses idées rencontraient les nouvelles générations.

Pour critiquer l'histoire des sciences, Harding lisait et annotait d'innombrables ouvrages de physique, de biologie et de sociologie. Ses fiches étaient la matière première de ses analyses.
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Vie quotidienne
Matin
La matinée d'une philosophe universitaire commence souvent par la lecture et l'écriture, dans le calme d'un bureau. Harding y rédigeait ses livres et préparait ses cours, entourée de piles d'ouvrages annotés.
Après-midi
L'après-midi est consacré à l'enseignement : cours magistraux, séminaires de discussion avec les étudiants et réunions de département. C'est aussi le moment des échanges avec d'autres chercheurs.
Soir
Le soir, le travail intellectuel se poursuit souvent : relecture d'articles soumis à la revue « Signs », correspondance avec des collègues du monde entier, ou préparation de conférences à l'étranger.
Alimentation
Sa vie quotidienne ressemble à celle des universitaires américains de la classe moyenne du XXe siècle : repas simples, cafés pris entre deux cours, et déjeuners de travail sur les campus.
Vêtements
Elle portait les tenues sobres et professionnelles d'une professeure d'université de la fin du XXe siècle, adaptées aux salles de cours et aux colloques.
Habitat
Elle vivait dans les villes universitaires où elle enseignait, comme Newark (Delaware) puis Los Angeles, à proximité des bibliothèques et des campus.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
The Science Question in Feminism
1986
Whose Science? Whose Knowledge? Thinking from Women's Lives
1991
The Racial Economy of Science (direction de l'ouvrage)
1993
Is Science Multicultural?
1998
Sciences from Below
2008
Objectivity and Diversity
2015






