Herbert Spencer(1820 — 1903)

Herbert Spencer

Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande

6 min de lecture

PhilosophieSociétéSciencesPhilosopheScientifiqueXIXe siècleAngleterre victorienne du XIXe siècle, marquée par la révolution industrielle, l'essor du libéralisme et la diffusion des théories évolutionnistes

Herbert Spencer (1820-1903) est un philosophe et sociologue anglais, l'un des principaux penseurs de l'évolutionnisme social au XIXe siècle. Il applique l'idée d'évolution à l'ensemble des phénomènes naturels et sociaux et forge l'expression « survie du plus apte ».

Questions fréquentes

Herbert Spencer (1820-1903) est un philosophe et sociologue anglais qui a marqué l'époque victorienne en appliquant l'idée d'évolution à tous les domaines, de la biologie à la société. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a tenté de construire un vaste Système de philosophie synthétique pour unifier toutes les sciences sous une loi unique d'évolution. Il a aussi forgé l'expression « survie du plus apte » et défendu un libéralisme radical prônant le laissez-faire. Moins connu que Darwin, il fut pourtant l'un des auteurs les plus lus de son temps, avant que sa renommée ne décline brutalement après sa mort.

Citations célèbres

« Survival of the fittest (la survie du plus apte) »

Faits marquants

  • Né en 1820 à Derby (Angleterre) et mort en 1903 à Brighton
  • Publie « Social Statics » en 1851, premier exposé de sa pensée libérale et évolutionniste
  • Forge en 1864 l'expression « survival of the fittest » (survie du plus apte) dans ses Principes de biologie, après la lecture de Darwin
  • Élabore un vaste « Système de philosophie synthétique » (1862-1896) appliquant l'évolution à la biologie, la psychologie, la sociologie et la morale
  • Considéré comme l'un des fondateurs de la sociologie et figure majeure du darwinisme social

Œuvres & réalisations

Statique sociale (Social Statics) (1851)

Premier ouvrage majeur de Spencer, défendant la liberté individuelle et appliquant déjà l'idée de progrès évolutif à la société.

Du progrès, sa loi et sa cause (Progress: Its Law and Cause) (1857)

Essai où Spencer formule sa loi générale d'évolution : le passage de l'homogène à l'hétérogène dans tous les phénomènes.

De l'éducation (Education: Intellectual, Moral and Physical) (1861)

Ouvrage très influent prônant une éducation fondée sur l'observation et l'utilité plutôt que sur la mémorisation.

Premiers principes (First Principles) (1862)

Volume fondateur du Système de philosophie synthétique, exposant sa conception générale de l'évolution et de l'Inconnaissable.

Principes de biologie (Principles of Biology) (1864)

Ouvrage où apparaît pour la première fois l'expression « survie du plus apte ».

Principes de sociologie (Principles of Sociology) (1876)

Œuvre majeure qui compare la société à un organisme vivant et contribue à fonder la sociologie scientifique.

L'Individu contre l'État (The Man versus the State) (1884)

Pamphlet libéral dénonçant l'extension de l'État et défendant le laissez-faire.

Système de philosophie synthétique (1862-1896)

Vaste entreprise en plusieurs volumes visant à unifier toutes les sciences sous le principe d'évolution.

Anecdotes

Herbert Spencer n'a presque jamais été à l'école : son père et son oncle, deux pédagogues anticonformistes, lui apprennent à observer la nature et à raisonner par lui-même plutôt qu'à réciter des leçons. Adulte, il se vantera d'avoir lu très peu de livres, préférant tirer ses idées de sa propre réflexion.

C'est Spencer, et non Darwin, qui a inventé la formule « survie du plus apte » (survival of the fittest) en 1864, dans ses Principes de biologie. Darwin lui-même reprendra l'expression dans les éditions suivantes de L'Origine des espèces, jugeant qu'elle résumait bien sa pensée.

Spencer souffrait d'insomnies et d'une nervosité chroniques qui l'obligeaient à travailler par courtes séances. On raconte qu'il portait des bouchons d'oreille spéciaux pour s'isoler des conversations ennuyeuses qu'il jugeait néfastes pour ses nerfs.

De son vivant, Spencer fut l'un des philosophes les plus lus et traduits au monde : ses ouvrages se vendaient par centaines de milliers d'exemplaires aux États-Unis et étaient traduits en russe, en japonais ou en chinois. Pourtant sa renommée s'effondra presque aussitôt après sa mort en 1903.

Spencer travailla quelques années comme ingénieur des chemins de fer dans sa jeunesse, ce qui le familiarisa avec les sciences et la technique. Il refusa toute sa vie les honneurs officiels, déclinant notamment des distinctions et des postes universitaires.

Sources primaires

Principes de biologie (Principles of Biology) (1864)
Cette survie du plus apte, que j'ai cherché ici à exprimer en termes mécaniques, est ce que M. Darwin a appelé la « sélection naturelle », ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie.
Statique sociale (Social Statics) (1851)
Chaque homme est libre de faire ce qu'il veut, pourvu qu'il n'empiète pas sur la liberté égale d'autrui.
De l'éducation intellectuelle, morale et physique (Education) (1861)
La grande fin de l'éducation n'est pas le savoir, mais l'action.
Autobiographie (An Autobiography) (1904)
Dès l'enfance, on m'encouragea à découvrir par moi-même les causes des choses plutôt qu'à recevoir des explications toutes faites.

Lieux clés

Derby

Ville industrielle des Midlands où Spencer naît en 1820 et grandit dans une famille d'éducateurs non-conformistes.

Londres

Capitale où Spencer mène sa carrière intellectuelle, travaille à la revue The Economist et fréquente les cercles savants de l'époque victorienne.

Brighton

Ville balnéaire du sud de l'Angleterre où Spencer passe ses dernières années et meurt en 1903.

États-Unis

Pays où Spencer effectue un voyage triomphal en 1882 et où sa philosophie évolutionniste connaît un succès considérable auprès des intellectuels et des hommes d'affaires.

Highgate Cemetery, Londres

Cimetière londonien où Spencer est inhumé, non loin de la tombe de Karl Marx.

Voir aussi