Biographie

Jeune Anglaise morte de la variole vers 1714, amie de Lady Mary Wortley Montagu. Sa mort tragique poussa Lady Mary à défendre la variolisation en Angleterre après avoir observé cette pratique en Empire ottoman, contribuant indirectement à l'histoire de la vaccination.

Sarah Chiswell

Sarah Chiswell

9 min de lecture

SciencesSociétéTemps modernesDébut du XVIIIe siècle, époque des Lumières naissantes et des premières réflexions sur la médecine préventive en Europe

Questions fréquentes

Sarah Chiswell était une jeune aristocrate anglaise, amie intime de Lady Mary Wortley Montagu. Elle mourut de la variole vers 1714, à une époque où cette maladie emportait une personne sur sept en Europe. Ce qui rend son nom important, c'est que sa mort tragique fut l'un des déclencheurs de l'engagement de Lady Mary pour introduire en Angleterre la variolisation, une pratique préventive observée dans l'Empire ottoman. Ce qu'il faut retenir, c'est que sans cette perte personnelle, Lady Mary n'aurait peut-être pas eu la même détermination à affronter l'hostilité des médecins londoniens.

Faits marquants

  • Morte de la variole vers 1714, à un jeune âge
  • Amie proche de Lady Mary Wortley Montagu, qui décrivit sa mort dans sa correspondance
  • Son décès motiva Lady Mary à adopter et promouvoir la variolisation observée à Constantinople (1717)
  • Exemple emblématique de la mortalité de la variole avant l'introduction de l'inoculation en Grande-Bretagne
  • Sa mémoire contribua à légitimer les efforts de Lady Mary pour convaincre la cour d'Angleterre d'adopter la variolisation

Œuvres & réalisations

Correspondance avec Lady Mary Wortley Montagu (Vers 1710-1714)

Échange épistolaire entre Sarah Chiswell et Lady Mary, dont des traces subsistent dans les lettres de cette dernière. Cette correspondance atteste de leur amitié profonde et constitue le principal document témoignant de l'existence de Sarah.

Turkish Embassy Letters de Lady Mary Wortley Montagu (document clé de son héritage) (1763, posthume)

Recueil de lettres publié après la mort de Lady Mary, dans lequel elle évoque ses amies anglaises emportées par la variole, dont Sarah Chiswell, et décrit son combat pour introduire la variolisation en Angleterre.

Inoculation du fils de Lady Mary, Edward Wortley Montagu Jr. (Mars 1718, Constantinople)

Acte pionnier directement motivé par la mort d'amies comme Sarah Chiswell : Lady Mary fit inoculer son fils, premier enfant de la noblesse anglaise à subir cette procédure, ouvrant ainsi la voie à la variolisation en Angleterre.

Essais cliniques de variolisation à la prison de Newgate (Août 1721)

Premiers essais officiels en Angleterre, rendus possibles par le combat de Lady Mary, lui-même alimenté par la mort de Sarah Chiswell. Les six prisonniers inoculés survécurent tous, validant la méthode et préparant le terrain pour la vaccination de Jenner.

Anecdotes

Sarah Chiswell était une jeune Anglaise de bonne famille, amie intime de Lady Mary Wortley Montagu depuis l'enfance. Toutes deux avaient grandi dans des milieux aristocratiques où la variole représentait une menace constante et redoutée, emportant régulièrement des proches et laissant les survivants défigurés à vie. Leur amitié est attestée par la correspondance que Lady Mary lui adressa depuis l'Empire ottoman.

Lady Mary Wortley Montagu évoque la mort de Sarah avec une profonde émotion dans ses lettres. Alors qu'elle observait à Constantinople la pratique de la variolisation, elle ne pouvait s'empêcher de penser à son amie disparue, se demandant si cette technique ottomane aurait pu la sauver. Ce deuil devint l'un des moteurs de son combat pour introduire la variolisation en Angleterre.

La mort de Sarah en 1714 survint dans un contexte où la variole tuait ou défigurait en moyenne une personne sur sept en Europe. Lady Mary elle-même contracta la maladie en 1715 et survécut, mais au prix de la perte de ses cils et de cicatrices permanentes sur le visage, ce qui la rendait d'autant plus sensible à la cause de la prévention.

Lorsque Lady Mary observa à Constantinople les 'parties de variolisation' pratiquées par des femmes âgées grecques, qui introduisaient du pus variolique sous la peau d'enfants sains pour les immuniser, elle pensa immédiatement à Sarah et aux autres amies emportées par la maladie. Elle fit inoculer son propre fils Edward en mars 1718 — le premier enfant d'un noble anglais à subir cette procédure.

Le souvenir de Sarah Chiswell et des épidémies qui ravageaient l'Angleterre poussa Lady Mary à affronter l'hostilité des médecins londoniens à son retour en 1718. Ce combat mena à des essais cliniques sur des prisonniers de Newgate en 1721, puis à la vaccination royale des enfants de la princesse de Galles — un enchaînement qui prépara directement les travaux d'Edward Jenner sur le vaccin en 1796.

Sources primaires

Lettre de Lady Mary Wortley Montagu depuis Andrinople (à une amie) (1er avril 1717)
La petite vérole, si fatale et si générale parmi nous, est ici rendue entièrement inoffensive par l'invention de l'engraftment [...] Je suis assez patriote pour prendre la peine d'introduire cette pratique utile dans mon pays.
Turkish Embassy Letters de Lady Mary Wortley Montagu (1717-1718, publiées posthumément en 1763)
J'ai vu cette opération faite sur plus de cent enfants [...] Je suis satisfaite de leur sécurité, bien que j'aie regardé avec toute la curiosité possible. L'enfant ou le jeune patient se plaint à peine, et en huit jours il se trouve en parfaite santé.
Lettre de Lady Mary Wortley Montagu à sa sœur, la comtesse de Mar (1717)
Je ne puis m'empêcher de vouloir vous informer d'une pratique qui s'est généralement répandue ici et qui, je l'espère, se répandra un jour en Angleterre pour le bénéfice de nos compatriotes, et pour épargner à d'autres familles les deuils que nous avons connus.
An Account of the Success of Inoculating the Small-Pox in Great Britain, par James Jurin (1722-1724)
Rapport statistique comparant la mortalité de la variolisation (environ 2 %) à celle de la variole naturelle (environ 20 %), publié dans les Philosophical Transactions de la Royal Society pour valider la pratique introduite par Lady Mary.

Lieux clés

Londres, Angleterre

Ville où vivait Sarah Chiswell et où elle mourut de la variole vers 1714. La capitale anglaise était régulièrement frappée par des épidémies de variole dans toutes les classes sociales, y compris l'aristocratie.

Constantinople (Istanbul), Empire ottoman

Capitale ottomane où Lady Mary Wortley Montagu séjourna entre 1717 et 1718 et observa la pratique de la variolisation, inspirée notamment par le souvenir de Sarah Chiswell. C'est là qu'elle fit inoculer son fils Edward en mars 1718.

Andrinople (Edirne), Empire ottoman

Ville ottomane depuis laquelle Lady Mary écrivit sa célèbre lettre du 1er avril 1717 décrivant la variolisation. Ce texte fondateur, motivé par le deuil d'amies comme Sarah Chiswell, allait amorcer une révolution médicale en Europe.

Prison de Newgate, Londres

Lieu où furent menées en août 1721 les premières expériences officielles de variolisation en Angleterre sur des prisonniers condamnés à mort, encouragées par Lady Mary. Ces essais validèrent scientifiquement la pratique et ouvrirent la voie à sa diffusion.

Nottinghamshire, Angleterre

Région d'origine de Lady Mary Wortley Montagu et probablement du cercle d'amies auquel appartenait Sarah Chiswell. Les familles aristocratiques des Midlands anglaises étaient liées par de solides réseaux sociaux et épistolaires.

Liens externes & ressources

Œuvres

Correspondance avec Lady Mary Wortley Montagu

Vers 1710-1714

Turkish Embassy Letters de Lady Mary Wortley Montagu (document clé de son héritage)

1763, posthume

Inoculation du fils de Lady Mary, Edward Wortley Montagu Jr.

Mars 1718, Constantinople

Essais cliniques de variolisation à la prison de Newgate

Août 1721

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