Sarah Osborne(1640 — 1692)
Sarah Osborne
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Colon anglaise de la Nouvelle-Angleterre, Sarah Osborne fut l'une des trois premières femmes accusées de sorcellerie lors du procès de Salem en 1692. Marginalisée pour avoir vécu avec un domestique avant le mariage et négligé l'église, elle nia toujours les accusations et mourut en prison.
Faits marquants
- Accusée de sorcellerie le 1er mars 1692, parmi les trois premières inculpées de Salem avec Tituba et Sarah Good
- Contrairement à Tituba, elle nia toujours toute pratique de sorcellerie lors des interrogatoires
- Femme âgée et marginalisée : litiges fonciers, absentéisme à l'église et union avec un ancien domestique nourrissaient les soupçons
- Mourut en prison à Boston le 10 mai 1692, sans avoir été jugée ni exécutée
Œuvres & réalisations
Face aux magistrats, elle nie tout pacte avec le diable et se présente en victime, l'un des rares plaidoyers de défense consignés au début du procès.
Son évocation d'une apparition cauchemardesque illustre les peurs coloniales mêlant diable et figure amérindienne, étudiée par les historiens.
Contrairement à Tituba qui «avoua», Osborne maintint son innocence, devenant un symbole des accusés injustement broyés par la rumeur.
Première personne morte à cause de l'affaire, elle figure parmi les victimes commémorées et étudiées comme cas d'école de l'hystérie collective.
Anecdotes
Le 1er mars 1692, Sarah Osborne fait partie des trois premières femmes interrogées à Salem Village, aux côtés de Tituba et Sarah Good. Trop malade pour marcher seule, elle est amenée devant les magistrats alors qu'elle est alitée depuis des semaines.
Pour se défendre, elle retourne l'accusation : elle déclare qu'elle est «plus probablement ensorcelée elle-même qu'une sorcière», affirmant avoir vu en rêve une chose ressemblant à un Indien qui l'avait saisie par la nuque.
On lui reproche surtout de ne plus aller à l'église depuis plus d'un an : elle répond qu'elle est restée chez elle à cause de ses maladies, pas par mépris de Dieu. À l'époque puritaine, manquer le culte était presque un aveu de culpabilité.
Sa réputation était déjà entachée : veuve aisée, elle avait épousé son ancien serviteur sous contrat, Alexander Osborne, et s'était disputée avec ses fils au sujet de l'héritage de son premier mari. Cette histoire d'argent et de scandale en fit une cible facile.
Sarah Osborne ne fut jamais jugée ni pendue : elle mourut enchaînée dans la prison de Boston le 10 mai 1692, devenant l'une des premières victimes de la panique de Salem sans qu'aucun verdict n'ait été rendu.
Sources primaires
Demandé pourquoi elle n'allait pas à la réunion (au culte). Elle répondit qu'elle avait été malade et infirme et incapable d'y aller.
Elle dit qu'elle était plus probablement ensorcelée qu'une sorcière. Elle raconta qu'elle avait vu, ou rêvé qu'elle voyait, une chose comme un Indien, tout noir, qui la pinça par le cou et la tira par les cheveux vers la porte de la maison.
Plainte contre Sarah Good, Sarah Osborne et Tituba pour avoir commis des actes de sorcellerie sur les corps d'Elizabeth Parris, Abigail Williams, Ann Putnam et Elizabeth Hubbard.
Vous êtes par les présentes requis d'amener Sarah Osborne, épouse d'Alexander Osborne de Salem Village, demain matin vers dix heures, pour être interrogée au sujet de soupçons de sorcellerie.
Lieux clés
Hameau agricole où vivait Sarah Osborne et où éclata la panique de 1692. Les rivalités de voisinage y nourrirent les accusations.
Foyer où les premières «victimes», Betty Parris et Abigail Williams, furent prises de crises, point de départ de l'affaire.
Centre administratif et portuaire où se tenaient les autorités judiciaires de la région.
Geôle où Sarah Osborne fut transférée et mourut enchaînée le 10 mai 1692, avant tout jugement.
Mémorial inauguré en 1992 à Salem en hommage aux victimes des procès, dont Sarah Osborne.
