Photographe et photojournaliste brésilien, figure majeure de la photographie documentaire en noir et blanc. Il a consacré son œuvre aux conditions de vie des travailleurs, aux migrations et à la beauté de la nature, dans une démarche à la fois esthétique et engagée.
Sebastião Salgado(1944 — 2025)
Sebastião Salgado
France, Brésil
7 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né le 8 février 1944 à Aimorés, dans l'État du Minas Gerais (Brésil).
- D'abord économiste, il se tourne vers la photographie au début des années 1970.
- Publie en 1993 « La Main de l'homme » (Workers), vaste enquête sur le travail manuel dans le monde.
- Réalise à partir de 2004 le projet « Genesis », célébrant les régions préservées de la planète.
- Lance avec son épouse Lélia l'Instituto Terra pour reboiser la forêt atlantique brésilienne ; décédé le 23 mai 2025.
Œuvres & réalisations
Premier grand album, fruit de sept ans de voyages en Amérique latine auprès des paysans et des communautés rurales.
Reportage sur la famine au Sahel réalisé avec Médecins Sans Frontières, témoignage majeur sur une catastrophe humanitaire.
Série mythique montrant des milliers de chercheurs d'or grouillant dans une mine géante, image saisissante du travail humain.
Vaste hommage au travail manuel à travers le monde, des chantiers aux usines, avant sa disparition à l'ère industrielle.
Enquête de plusieurs années sur les migrants et réfugiés des cinq continents, plaidoyer pour la dignité des déplacés.
Huit ans de voyages pour photographier les régions et peuples encore préservés de la planète, ode à la nature.
Documentaire de Wim Wenders et Juliano Salgado retraçant sa vie et son œuvre, nommé à l'Oscar.
Dernier grand projet consacré à la forêt amazonienne et à ses populations autochtones, accompagné d'une exposition immersive.
Anecdotes
Avant de devenir photographe, Sebastião Salgado était économiste : titulaire d'un doctorat, il travaillait pour l'Organisation internationale du café à Londres. C'est lors de missions en Afrique, vers 1971, qu'il emprunta l'appareil de sa femme Lélia et découvrit que l'image l'attirait bien plus que les statistiques. À presque 30 ans, il abandonna une carrière toute tracée pour la photographie.
En 1981, Salgado se trouvait à Washington le jour où un homme tira sur le président Ronald Reagan. Présent par hasard pour un reportage, il photographia l'attentat. Ces clichés firent le tour du monde et lui apportèrent une notoriété immédiate, mais il refusa toujours de se définir comme un photographe de l'instant : il préférait les projets longs de plusieurs années.
Pour son projet « Genesis », Salgado passa près de huit ans (2004-2013) à photographier les régions de la planète encore préservées : banquises, déserts, forêts, peuples isolés. Il alla jusqu'à voyager en montgolfière, en canoë et à pied pendant des semaines pour approcher tribus et animaux sans les effrayer.
De retour au Brésil dans les années 1990, Salgado hérita de la ferme familiale, devenue une terre aride et morte à cause de la déforestation. Avec sa femme Lélia, il décida d'y replanter la forêt : leur Instituto Terra a fait pousser plus de deux millions d'arbres et a vu revenir des centaines d'espèces animales disparues.
Le réalisateur Wim Wenders, fasciné par une de ses photographies achetée des années plus tôt, lui consacra avec son fils Juliano un film, « Le Sel de la Terre » (2014). Le documentaire, nommé aux Oscars, révéla au grand public le regard de Salgado sur la misère, la guerre et la beauté du monde.
Sources primaires
« La photographie est une façon de vivre, une manière de comprendre le monde. Je ne photographie pas un sujet, je photographie une histoire dont je fais partie. »
« Chaque être humain que j'ai photographié, je l'ai regardé dans les yeux. Photographier, c'est partager un moment de la vie de quelqu'un. »
« Ce livre raconte l'histoire de l'humanité en mouvement. Des millions de personnes quittent leur foyer ; j'ai voulu montrer leur dignité, jamais leur seule détresse. »
« Près de la moitié de la planète reste telle qu'elle était au moment de la Genèse. Je voulais montrer cette beauté pour donner envie de la protéger. »
Lieux clés
Ville natale de Salgado et lieu de la ferme familiale, qu'il transforma plus tard en réserve forestière avec l'Instituto Terra.
Ville d'exil où Salgado s'installa à la fin des années 1960, devint photographe et où il mourut en 2025.
Immense mine à ciel ouvert où des dizaines de milliers d'hommes creusaient à la main ; ses photographies de 1986 y devinrent mondialement célèbres.
Zone frappée par la famine et la sécheresse dans les années 1980, qu'il photographia pour Médecins Sans Frontières, marquant un tournant dans son engagement.
Théâtre de son dernier grand projet, « Amazônia », consacré à la forêt et à ses peuples autochtones.
Ville où le jeune économiste Salgado travailla pour l'Organisation internationale du café avant de bifurquer vers la photographie.
Objets typiques

Boîtier télémétrique discret et robuste que Salgado utilisa longtemps pour ses reportages. Sa petite taille lui permettait de travailler au plus près des gens sans les intimider.

Salgado a toujours privilégié le noir et blanc, qui dépouille l'image de l'anecdote et fait ressortir la lumière, les contrastes et l'émotion. C'était sa signature visuelle.

Ses photographies étaient tirées en grand format sur papier baryté, conçues par sa femme Lélia pour les expositions et les livres. Le grand format donne aux scènes une puissance presque monumentale.

Salgado pensait son œuvre en grands livres-projets comme « Workers », « Exodes » ou « Genesis ». Chaque album raconte une histoire complète sur plusieurs années.

Pour ses expéditions de plusieurs mois, Salgado emportait boîtiers, objectifs et provisions dans des conditions extrêmes, du désert à la banquise. Il vivait au rythme des populations qu'il photographiait.

Symbole de son combat écologique : avec Lélia, il a fait replanter plus de deux millions d'arbres sur sa terre natale dévastée. La forêt et la faune y sont revenues.
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Vie quotidienne
Matin
En reportage, Salgado se levait souvent avant l'aube pour profiter de la lumière douce du matin, la plus belle pour le noir et blanc. Il partageait le réveil des populations qu'il photographiait, paysans, mineurs ou pêcheurs, afin de gagner leur confiance.
Après-midi
Les après-midis étaient consacrés à la marche, à l'observation et à la prise de vue, parfois durant des heures pour un seul instant. Lors de ses expéditions, il pouvait passer des semaines dans des conditions extrêmes, désert, banquise ou forêt.
Soir
Le soir, il notait ses impressions et préparait le travail du lendemain. De retour à Paris, les soirées servaient à choisir les images avec Lélia, qui concevait les tirages, les livres et les expositions.
Alimentation
Sur le terrain, Salgado mangeait simplement et partageait souvent la nourriture des communautés qu'il accompagnait. Il s'adaptait aux ressources locales, parfois rares lors de ses longues expéditions isolées.
Vêtements
Il portait des vêtements sobres et pratiques adaptés au climat et à la marche, vestes solides, chaussures de terrain. Sa tenue se faisait discrète pour ne pas s'imposer face aux gens qu'il photographiait.
Habitat
Salgado partageait sa vie entre son atelier parisien, base de son travail d'édition, et de longs séjours sur le terrain où il logeait au plus près des habitants. À la fin de sa vie, la ferme reboisée de l'Instituto Terra au Brésil tenait une place essentielle.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Autres Amériques
1986
Sahel, l'homme en détresse
1986
Reportage sur la mine de Serra Pelada
1986
La Main de l'homme (Workers)
1993
Exodes (Migrations)
2000
Le Sel de la Terre (film)
2014






