Serge Gainsbourg(1928 — 1991)

Serge Gainsbourg

France

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MusiqueSpectacleArts visuelsRéalisateur/triceArtisteXXe siècleSeconde moitié du XXe siècle, des Trente Glorieuses à la mondialisation culturelle

Auteur-compositeur-interprète, réalisateur et peintre français (1928-1991), figure majeure de la chanson française. Provocateur et poète, il a marqué la culture populaire avec des œuvres mêlant humour, érotisme et engagement.

Questions fréquentes

Serge Gainsbourg (1928-1991) était un auteur-compositeur-interprète, réalisateur et peintre français. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a révolutionné la chanson française en mêlant poésie, provocation et expérimentation musicale. Moins un simple chanteur qu'un artiste total, il a marqué son époque par des œuvres comme Histoire de Melody Nelson (1971) et Je t'aime… moi non plus (1969). Son importance historique tient à sa capacité à briser les tabous (sexualité, politique, langage) tout en restant ancré dans la tradition de la chanson à texte.

Citations célèbres

« Le superflu, chose très nécessaire.»
« Je suis un être monstrueusement superficiel.»

Faits marquants

  • Né le 2 avril 1928 à Paris sous le nom de Lucien Ginsburg
  • Compose 'La Javanaise' en 1963, l'une de ses premières grandes chansons
  • Enregistre 'Je t'aime… moi non plus' avec Jane Birkin en 1969, chanson censurée par le Vatican
  • Réalise le film 'Je vous salue Marie' (1976) et 'Equateur' (1983)
  • Décède le 2 mars 1991 à Paris, laissant une œuvre immense et controversée

Œuvres & réalisations

Histoire de Melody Nelson (1971)

Album-concept en sept parties avec arrangements orchestraux de Jean-Claude Vannier, considéré comme le chef-d'œuvre de Gainsbourg. Il mêle rock, jazz et cordes dans un récit poético-érotique qui influença des générations de musiciens du monde entier.

Je t'aime… moi non plus (1969)

Duo avec Jane Birkin banni par le Vatican et de nombreuses radios pour son érotisme, mais numéro un des ventes au Royaume-Uni. Devenu l'une des chansons françaises les plus connues internationalement.

Aux armes et cætera (1979)

Album enregistré en Jamaïque proposant une relecture reggae de La Marseillaise. Scandale national et succès commercial phénoménal, il est un exemple pionnier de la fusion musicale interculturelle dans la chanson française.

L'Homme à tête de chou (1976)

Album-concept racontant l'histoire d'un journaliste obsédé par une shampouineuse nommée Marilou. Reconnu comme l'un des sommets de la chanson française narrative, avec une couleur rock sombre et cinématographique.

La Chanson de Prévert (1961)

Premier grand succès populaire de Gainsbourg, hommage mélancolique au poète Jacques Prévert. Le titre révèle sa dimension de poète autant que de provocateur et l'ancre dans la tradition de la chanson à texte.

Charlotte for Ever (film) (1986)

Film qu'il réalisa et dans lequel il joue face à sa propre fille Charlotte Gainsbourg dans un registre intimiste. Œuvre atypique témoignant de ses ambitions de cinéaste au-delà de la chanson.

Anecdotes

Pendant l'Occupation allemande, le jeune Lucien Ginsburg — futur Serge Gainsbourg — fut contraint de porter l'étoile jaune à l'âge de douze ans. Son père, pianiste de cabaret né en Ukraine, cacha sa famille dans la campagne bordelaise pour les soustraire aux rafles. Cette expérience traumatisante marqua profondément Gainsbourg, qui développa un rapport complexe à sa judéité tout au long de sa vie.

En janvier 1984, invité à l'émission télévisée « 7 sur 7 » face à la journaliste Anne Sinclair, Gainsbourg sortit un billet de 500 francs et le brûla en direct devant les caméras. Il entendait ainsi protester contre un taux d'imposition qui dépassait les 70 % en France. Le geste fit scandale, mais illustra parfaitement son goût pour la provocation calculée.

En 1979, Gainsbourg enregistra en Jamaïque « Aux armes et cætera », une version reggae de La Marseillaise accompagné par les musiciens Sly Dunbar et Robbie Shakespeare, proches de Bob Marley. La sortie du disque déclencha une polémique nationale : des anciens combattants considérèrent le détournement de l'hymne comme une insulte, et des parachutistes tentèrent d'envahir la scène lors de son concert à Strasbourg. Gainsbourg tint bon et acheva la tournée.

La chanson « Je t'aime… moi non plus » fut d'abord enregistrée en 1967 avec Brigitte Bardot, dont la voix était très explicite. À la demande de l'actrice, soucieuse de sa réputation, le titre ne fut pas commercialisé. Gainsbourg le réenregistra en 1969 avec Jane Birkin : banni par de nombreuses radios et condamné par le Vatican, le disque atteignit malgré tout la première place des ventes au Royaume-Uni.

Gainsbourg avait commencé sa carrière comme peintre aux Beaux-Arts avant de se tourner vers la chanson au milieu des années 1950, faute de succès commercial. Il continua néanmoins de peindre toute sa vie, produisant des toiles expressionnistes. Sa maison du 5 bis rue de Verneuil à Paris, recouverte après sa mort de milliers de graffitis et de dessins laissés par ses admirateurs du monde entier, est devenue un monument informel de la culture parisienne.

Sources primaires

Aux armes et cætera — album (Philips/Phonogram) (1979)
Reprise de La Marseillaise sur un riddim reggae enregistré en Jamaïque : « Allons enfants de la Patrie / Le jour de gloire est arrivé » — démonstration que l'hymne national peut se prêter à toutes les formes musicales.
Interview accordée à l'émission « Apostrophes » (Antenne 2), présentée par Bernard Pivot (1986)
« Je suis un personnage de roman, je ne suis pas un personnage de la réalité. » Gainsbourg y distingue « Gainsbourg » le poète de « Gainsbarre », son alter ego médiatique et provocateur.
Histoire de Melody Nelson — album-concept (Philips) (1971)
Ballade en Rolls-Royce, collision avec une jeune cycliste anglaise nommée Melody Nelson : récit poético-érotique en sept tableaux avec arrangements orchestraux de Jean-Claude Vannier.
Déclaration à la presse après l'incident de Strasbourg (1979)
« La Marseillaise m'appartient autant qu'à eux. Je suis français, je suis né à Paris, et j'ai le droit de faire ce que je veux de l'hymne national. »
La Chanson de Prévert — single (Philips) (1961)
« Oh ! je voudrais tant que tu te souviennes / Des jours heureux où nous étions amis » — hommage mélancolique au poète Jacques Prévert, premier grand succès critique de Gainsbourg.

Lieux clés

5 bis rue de Verneuil, Paris 7e

Maison où Gainsbourg vécut de 1969 jusqu'à sa mort en 1991. Ses murs extérieurs sont depuis recouverts de milliers de graffitis, dessins et messages laissés par des fans du monde entier, transformant la façade en œuvre d'art collective.

Cimetière du Montparnasse, Paris 14e

Gainsbourg y est inhumé depuis le 6 mars 1991. Sa tombe est régulièrement fleurie et ornée de paquets de Gitanes, de photos et de billets par les visiteurs, comme une continuation vivante de son culte.

Paris, 9e arrondissement

Quartier où naquit Lucien Ginsburg le 2 avril 1928, dans un Paris marqué par l'immigration et la vie artistique des cabarets. Son père y jouait du piano dans les bars de Pigalle et Montmartre.

Kingston, Jamaïque

En 1979, Gainsbourg s'y rendit pour enregistrer « Aux armes et cætera » avec les musiciens reggae Sly Dunbar et Robbie Shakespeare, donnant à l'album son authenticité jamaïcaine et sa portée internationale.

École nationale supérieure des beaux-arts, Paris

Gainsbourg y étudia la peinture dans les années 1940-1950 avant de se tourner vers la chanson. Cette formation artistique influen profondément son sens de la composition visuelle, poétique et scénique.

Voir aussi