Auteur-compositeur-interprète, réalisateur et peintre français (1928-1991), figure majeure de la chanson française. Provocateur et poète, il a marqué la culture populaire avec des œuvres mêlant humour, érotisme et engagement.
Serge Gainsbourg(1928 — 1991)
Serge Gainsbourg
France
8 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Le superflu, chose très nécessaire.»
« Je suis un être monstrueusement superficiel.»
Faits marquants
- Né le 2 avril 1928 à Paris sous le nom de Lucien Ginsburg
- Compose 'La Javanaise' en 1963, l'une de ses premières grandes chansons
- Enregistre 'Je t'aime… moi non plus' avec Jane Birkin en 1969, chanson censurée par le Vatican
- Réalise le film 'Je vous salue Marie' (1976) et 'Equateur' (1983)
- Décède le 2 mars 1991 à Paris, laissant une œuvre immense et controversée
Œuvres & réalisations
Album-concept en sept parties avec arrangements orchestraux de Jean-Claude Vannier, considéré comme le chef-d'œuvre de Gainsbourg. Il mêle rock, jazz et cordes dans un récit poético-érotique qui influença des générations de musiciens du monde entier.
Duo avec Jane Birkin banni par le Vatican et de nombreuses radios pour son érotisme, mais numéro un des ventes au Royaume-Uni. Devenu l'une des chansons françaises les plus connues internationalement.
Album enregistré en Jamaïque proposant une relecture reggae de La Marseillaise. Scandale national et succès commercial phénoménal, il est un exemple pionnier de la fusion musicale interculturelle dans la chanson française.
Album-concept racontant l'histoire d'un journaliste obsédé par une shampouineuse nommée Marilou. Reconnu comme l'un des sommets de la chanson française narrative, avec une couleur rock sombre et cinématographique.
Premier grand succès populaire de Gainsbourg, hommage mélancolique au poète Jacques Prévert. Le titre révèle sa dimension de poète autant que de provocateur et l'ancre dans la tradition de la chanson à texte.
Film qu'il réalisa et dans lequel il joue face à sa propre fille Charlotte Gainsbourg dans un registre intimiste. Œuvre atypique témoignant de ses ambitions de cinéaste au-delà de la chanson.
Anecdotes
Pendant l'Occupation allemande, le jeune Lucien Ginsburg — futur Serge Gainsbourg — fut contraint de porter l'étoile jaune à l'âge de douze ans. Son père, pianiste de cabaret né en Ukraine, cacha sa famille dans la campagne bordelaise pour les soustraire aux rafles. Cette expérience traumatisante marqua profondément Gainsbourg, qui développa un rapport complexe à sa judéité tout au long de sa vie.
En janvier 1984, invité à l'émission télévisée « 7 sur 7 » face à la journaliste Anne Sinclair, Gainsbourg sortit un billet de 500 francs et le brûla en direct devant les caméras. Il entendait ainsi protester contre un taux d'imposition qui dépassait les 70 % en France. Le geste fit scandale, mais illustra parfaitement son goût pour la provocation calculée.
En 1979, Gainsbourg enregistra en Jamaïque « Aux armes et cætera », une version reggae de La Marseillaise accompagné par les musiciens Sly Dunbar et Robbie Shakespeare, proches de Bob Marley. La sortie du disque déclencha une polémique nationale : des anciens combattants considérèrent le détournement de l'hymne comme une insulte, et des parachutistes tentèrent d'envahir la scène lors de son concert à Strasbourg. Gainsbourg tint bon et acheva la tournée.
La chanson « Je t'aime… moi non plus » fut d'abord enregistrée en 1967 avec Brigitte Bardot, dont la voix était très explicite. À la demande de l'actrice, soucieuse de sa réputation, le titre ne fut pas commercialisé. Gainsbourg le réenregistra en 1969 avec Jane Birkin : banni par de nombreuses radios et condamné par le Vatican, le disque atteignit malgré tout la première place des ventes au Royaume-Uni.
Gainsbourg avait commencé sa carrière comme peintre aux Beaux-Arts avant de se tourner vers la chanson au milieu des années 1950, faute de succès commercial. Il continua néanmoins de peindre toute sa vie, produisant des toiles expressionnistes. Sa maison du 5 bis rue de Verneuil à Paris, recouverte après sa mort de milliers de graffitis et de dessins laissés par ses admirateurs du monde entier, est devenue un monument informel de la culture parisienne.
Sources primaires
Reprise de La Marseillaise sur un riddim reggae enregistré en Jamaïque : « Allons enfants de la Patrie / Le jour de gloire est arrivé » — démonstration que l'hymne national peut se prêter à toutes les formes musicales.
« Je suis un personnage de roman, je ne suis pas un personnage de la réalité. » Gainsbourg y distingue « Gainsbourg » le poète de « Gainsbarre », son alter ego médiatique et provocateur.
Ballade en Rolls-Royce, collision avec une jeune cycliste anglaise nommée Melody Nelson : récit poético-érotique en sept tableaux avec arrangements orchestraux de Jean-Claude Vannier.
« La Marseillaise m'appartient autant qu'à eux. Je suis français, je suis né à Paris, et j'ai le droit de faire ce que je veux de l'hymne national. »
« Oh ! je voudrais tant que tu te souviennes / Des jours heureux où nous étions amis » — hommage mélancolique au poète Jacques Prévert, premier grand succès critique de Gainsbourg.
Lieux clés
Maison où Gainsbourg vécut de 1969 jusqu'à sa mort en 1991. Ses murs extérieurs sont depuis recouverts de milliers de graffitis, dessins et messages laissés par des fans du monde entier, transformant la façade en œuvre d'art collective.
Gainsbourg y est inhumé depuis le 6 mars 1991. Sa tombe est régulièrement fleurie et ornée de paquets de Gitanes, de photos et de billets par les visiteurs, comme une continuation vivante de son culte.
Quartier où naquit Lucien Ginsburg le 2 avril 1928, dans un Paris marqué par l'immigration et la vie artistique des cabarets. Son père y jouait du piano dans les bars de Pigalle et Montmartre.
En 1979, Gainsbourg s'y rendit pour enregistrer « Aux armes et cætera » avec les musiciens reggae Sly Dunbar et Robbie Shakespeare, donnant à l'album son authenticité jamaïcaine et sa portée internationale.
Gainsbourg y étudia la peinture dans les années 1940-1950 avant de se tourner vers la chanson. Cette formation artistique influen profondément son sens de la composition visuelle, poétique et scénique.
Objets typiques

Gainsbourg était un fumeur invétéré de Gitanes sans filtre, dont la cigarette était devenue un attribut visuel indissociable de sa silhouette. Il enchaînait plusieurs paquets par jour, au mépris de tous les avertissements médicaux.

Fils d'un pianiste de cabaret ukrainien, Gainsbourg fut formé au piano dès l'enfance. Il composa l'essentiel de son œuvre au piano, instrument qu'il considérait comme son outil de travail fondamental même au sommet de sa gloire.

L'alcool faisait partie intégrante du personnage de « Gainsbarre », son alter ego médiatique. On le voyait fréquemment avec un verre lors de ses apparitions télévisées, et sa consommation quotidienne était considérable selon ses proches.

Gainsbourg enregistrait ses compositions sur magnétophone et travaillait avec des arrangeurs en s'appuyant sur des maquettes sonores. L'outil de studio était au cœur d'un processus créatif rigoureux sous ses dehors désinvoltes.

Avant d'être chanteur, Gainsbourg forma sa sensibilité aux Beaux-Arts de Paris. Il continua de peindre toute sa vie des toiles expressionnistes, dont les murs de sa maison rue de Verneuil étaient couverts.

Gainsbourg était avant tout un auteur : il rédigeait ses textes à la main, jouant sur les assonances, les calembours et les références littéraires. Ses carnets manuscrits témoignent d'un travail d'écriture méticuleux sous les apparences de la provocation.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Gainsbourg se levait en général très tard, souvent en début d'après-midi, après des nuits de travail et de sorties. Il prenait un café fort accompagné d'une première Gitane dans la semi-obscurité de sa maison de la rue de Verneuil, dont les volets restaient souvent clos.
Après-midi
L'après-midi était consacré à la composition : il s'installait au piano ou au magnétophone, travaillant ses paroles dans des carnets avant de les soumettre à ses arrangeurs. Il recevait aussi des journalistes, des collaborateurs et des artistes pour lesquels il écrivait des chansons.
Soir
Ses soirées commençaient tard, dans les bars et restaurants de Saint-Germain-des-Prés ou chez des amis. Il affectionnait les dîners animés, les discussions philosophiques arrosées et les sorties tardives. Ses apparitions télévisées nocturnes, souvent imprévisibles, étaient devenues des événements en elles-mêmes.
Alimentation
Gainsbourg mangeait irrégulièrement, souvent au restaurant, avec une préférence pour la cuisine française classique. Il buvait abondamment — whisky, Ricard, vin — et le tabac lui coupait fréquemment l'appétit, au grand dam de ses médecins.
Vêtements
Gainsbourg cultivait un style délibérément froissé : chemise entrouverte, veste décontractée, barbe de quelques jours et perfecto en cuir. Ses tenues signalaient un refus ostensible de l'élégance bourgeoise conventionnelle tout en construisant une image iconique et reconnaissable.
Habitat
Il vivait depuis 1969 dans une maison de ville du 7e arrondissement de Paris, rue de Verneuil, décorée de manière baroque et personnelle : toiles de sa propre peinture, objets hétéroclites, lumières tamisées. L'intérieur reflétait un désordre créatif assumé, qui contrastait avec la rigueur cachée de son travail d'auteur.






