Sisygambis était une princesse achéménide, mère de Darius III, dernier roi de l'empire perse. Capturée par Alexandre le Grand après la bataille d'Issos en 333 av. J.-C., elle devint un symbole de la dignité royale dans la défaite et fut traitée avec un respect resté célèbre.
Sisygambis(301 av. J.-C. — 322 av. J.-C.)
Sisygambis
Empire achéménide
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Mère de Darius III, dernier souverain de l'empire perse achéménide
- Capturée par Alexandre le Grand avec sa famille après la bataille d'Issos en 333 av. J.-C.
- Traitée avec respect par Alexandre, qui aurait préservé son rang et l'aurait considérée comme une mère
- Selon la tradition, morte de chagrin en 323 av. J.-C. en apprenant la mort d'Alexandre
Œuvres & réalisations
Pendant dix ans de captivité, Sisygambis maintint la dignité et le protocole de la famille royale perse, devenant le dernier symbole vivant de la dynastie.
En acceptant qu'Alexandre l'appelle « mère », elle incarna la politique de rapprochement entre vainqueurs macédoniens et élites perses.
Le traitement de Sisygambis devint, chez Diodore, Quinte-Curce et Plutarque, l'exemple type de la magnanimité du conquérant envers les vaincus.
Célèbre tableau (National Gallery, Londres) représentant Sisygambis et les femmes royales suppliant Alexandre après Issos.
Grande toile peinte pour Louis XIV (château de Versailles) illustrant la scène où Sisygambis se prosterne par erreur devant Héphaistion.
L'épisode de Sisygambis inspira poètes et dramaturges européens, qui en firent un emblème de la noblesse dans le malheur.
Anecdotes
Au lendemain de la bataille d'Issos en 333 av. J.-C., Alexandre et son ami Héphaistion entrèrent dans la tente des captives. Héphaistion étant plus grand, Sisygambis se prosterna devant lui, le prenant pour le roi. Comprenant son erreur, elle voulut se reprendre, mais Alexandre la rassura : « Tu ne t'es pas trompée, mère, car lui aussi est Alexandre. »
Alexandre prit l'habitude d'appeler Sisygambis « mère » et la traita avec les honneurs dus à une reine. Il interdit qu'on touche aux femmes royales perses et leur laissa leurs servantes, leurs vêtements et leur rang. Ce respect envers la famille d'un ennemi vaincu frappa durablement les auteurs anciens.
Voulant lui faire plaisir, Alexandre fit envoyer à Sisygambis des étoffes et de la laine à filer, pensant lui offrir une occupation honorable comme chez les Macédoniennes. Mais chez les Perses, le travail de la laine était indigne d'une reine : Sisygambis fut blessée. Apprenant son erreur, Alexandre vint lui-même s'excuser de sa maladresse.
Quand Darius III, son fils, fut tué en fuite par le satrape Bessos en 330 av. J.-C., Sisygambis resta dans le camp d'Alexandre plutôt que de rejoindre les Perses. Sa fidélité au conquérant macédonien, qui l'avait protégée, devint un symbole du basculement entre l'empire perse et le monde nouveau d'Alexandre.
À la mort d'Alexandre à Babylone en 323 av. J.-C., Sisygambis fut accablée de chagrin. Selon les historiens anciens, elle se voila la tête, refusa toute nourriture et toute lumière, et mourut après cinq jours. Elle pleurait à la fois le roi qui l'avait traitée en fils et l'effondrement définitif de sa dynastie.
Sources primaires
« Tu ne t'es pas trompée, mère, car lui aussi est Alexandre. » Ainsi Alexandre rassura-t-il la reine prosternée devant Héphaistion, voulant montrer qu'il faisait de l'erreur un témoignage d'amitié.
Alexandre fit porter à Sisygambis des vêtements et de la laine, l'invitant à filer comme le faisaient les femmes de Macédoine ; mais ce présent, jugé indigne chez les Perses, l'affligea, et le roi vint lui-même s'en excuser.
Alexandre traita la mère, l'épouse et les enfants de Darius avec une douceur et un respect tels que les vaincues semblaient n'avoir rien perdu de leur dignité royale.
Apprenant la mort d'Alexandre, Sisygambis, qui avait survécu à la perte de son royaume et de ses petits-fils, se laissa mourir : elle s'abstint de nourriture et de lumière, et s'éteignit le cinquième jour.
Alexandre ordonna que la mère, la femme et les enfants de Darius fussent gardés et servis avec tous les honneurs de leur rang, et qu'on les appelât du titre de reines.
Lieux clés
Lieu de la bataille de 333 av. J.-C. où Darius III fut défait et où Sisygambis fut capturée dans le camp perse.
Ancienne capitale administrative achéménide où Alexandre installa Sisygambis et la famille royale ; elle y passa une grande partie de sa captivité.
Grande cité de Mésopotamie où mourut Alexandre en 323 av. J.-C. ; la nouvelle de sa mort provoqua le désespoir mortel de Sisygambis.
Capitale cérémonielle de l'empire achéménide, cœur de la dynastie à laquelle appartenait Sisygambis, incendiée par Alexandre en 330 av. J.-C.
Ville où une partie des trésors et des bagages de la cour perse fut saisie après Issos, accentuant la perte de la maison royale.
Objets typiques

Coiffe perse réservée à la famille royale achéménide. Sisygambis, en tant que mère du Grand Roi, en portait une marque distinctive de son rang.

Les femmes de la maison royale perse se montraient voilées en public. Le voile protégeait leur statut et signalait qu'on ne pouvait les approcher sans respect.

Voiture fermée et tendue de tissus dans laquelle voyageaient les reines perses. Sisygambis se déplaçait ainsi avec la cour, à l'abri des regards.

Présent envoyé par Alexandre pour occuper la reine ; mais filer la laine étant indigne d'une souveraine perse, l'objet causa un malentendu resté célèbre.

Colliers, bracelets et diadèmes ornaient les femmes royales achéménides. Alexandre laissa à Sisygambis ses parures, marque qu'il respectait son rang.

Vaste tente d'apparat de la cour perse, capturée à Issos avec son mobilier luxueux. Alexandre y découvrit le faste de la royauté achéménide.

Long manteau à manches, vêtement de cour des Perses de haut rang. Il faisait partie de la garde-robe d'une princesse comme Sisygambis.
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Vie quotidienne
Matin
La journée d'une princesse achéménide commençait dans les appartements réservés aux femmes de la cour. Des servantes l'aidaient à se vêtir, à se coiffer et à se parer. La matinée pouvait être consacrée aux prières et aux soins du corps selon le protocole royal.
Après-midi
L'après-midi se passait souvent à diriger la maisonnée : surveiller les servantes, recevoir des proches, s'occuper de l'éducation des enfants royaux. En captivité, Sisygambis veillait sur ses petites-filles et conservait les usages de la cour perse.
Soir
Le soir réunissait la famille royale autour de banquets soignés, animés de musique. Les femmes de haut rang n'y paraissaient toutefois pas comme les hommes, mais dînaient à part, selon les coutumes perses de séparation.
Alimentation
La table royale perse était réputée pour son abondance : pains, viandes rôties (mouton, gibier, volaille), fruits, dattes et vins de qualité. On appréciait les mets relevés d'épices et le raffinement des préparations, signe de la richesse du Grand Roi.
Vêtements
Sisygambis portait de longues robes de tissus précieux, un manteau de cour (kandys), un voile et une coiffe distinctive de son rang royal. Bijoux d'or, ceintures et parures complétaient une tenue qui affichait sa dignité de mère du roi.
Habitat
Elle résidait dans les palais achéménides de Suse, Babylone ou Persépolis, vastes ensembles de salles à colonnes, de cours et d'appartements décorés. En campagne et en captivité, la cour vivait sous de luxueuses tentes royales recréant ce confort.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Préservation de la maison royale achéménide en captivité
333–323 av. J.-C.
Lien symbolique « mère-fils » avec Alexandre
à partir de 333 av. J.-C.
Modèle de la clémence d'Alexandre
Antiquité
« La Famille de Darius devant Alexandre », Paul Véronèse
vers 1565–1570
« Les Reines de Perse aux pieds d'Alexandre », Charles Le Brun
1660
Postérité littéraire et théâtrale
XVIIe–XVIIIe siècles






