Sitting Bull(1831 — 1890)

Sitting Bull

États-Unis

8 min de lecture

PolitiqueMilitaireSpiritualitéXIXe siècleConquête de l'Ouest américain et guerres indiennes de la seconde moitié du XIXe siècle

Sitting Bull (vers 1831-1890) fut un chef et homme-médecine (wičháša wakȟáŋ) sioux lakota du clan des Hunkpapa. Figure majeure de la résistance amérindienne face à l'expansion des États-Unis, il incarne la défense du territoire et du mode de vie des Plaines.

Questions fréquentes

Sitting Bull (vers 1831-1890) était un chef et homme-médecine wičháša wakȟáŋ sioux lakota du clan des Hunkpapa. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il incarne la résistance amérindienne face à l'expansion américaine au XIXe siècle, bien plus qu'un simple guerrier : il était un guide spirituel, un diplomate et un symbole de liberté. Son nom signifie « Le Bison qui s'assoit », un titre gagné après avoir touché un ennemi au combat, un acte de bravoure appelé « compter les coups ». Il sut unifier plusieurs bandes lakotas, cheyennes et arapahos pour défendre leur territoire et leur mode de vie, ce qui le distingue des chefs plus locaux.

Faits marquants

  • Né vers 1831 dans la région de l'actuel Dakota du Sud, au sein du peuple lakota hunkpapa
  • Mène et inspire la coalition sioux et cheyenne lors de la bataille de Little Bighorn (25 juin 1876), où le lieutenant-colonel Custer et le 7e de cavalerie sont anéantis
  • S'exile au Canada en 1877 pour échapper à l'armée américaine, avant de se rendre en 1881
  • Participe au Wild West Show de Buffalo Bill en 1885, devenant une célébrité
  • Tué le 15 décembre 1890 lors de son arrestation, dans le contexte de la Danse des Esprits, peu avant le massacre de Wounded Knee

Œuvres & réalisations

Unification des bandes lakotas, cheyennes et arapahos (années 1860-1876)

Sitting Bull sut rassembler autour de lui un grand nombre de bandes décidées à résister à l'expansion américaine, devenant un chef reconnu bien au-delà de sa propre tribu.

Victoire de Little Bighorn (25-26 juin 1876)

Chef spirituel du camp réuni, il incarna la résistance lors de la défaite la plus retentissante infligée à l'armée américaine pendant les guerres indiennes.

Autobiographie pictographique (vers 1870)

Ensemble de dessins relatant ses propres exploits, devenu une source précieuse sur sa vie et sur la culture guerrière des Plaines, aujourd'hui conservé dans des collections muséales.

Exil et résistance au Canada (1877-1881)

Refus prolongé de se soumettre, en conduisant sa bande hors de portée de l'armée américaine, geste qui fit de lui un symbole durable de la liberté indienne.

Tournée avec le Wild West Show de Buffalo Bill (1885)

Sa présence au spectacle de Buffalo Bill fit de lui une figure célèbre dans toute l'Amérique du Nord, suscitant à la fois admiration et controverses.

Soutien à la Danse des Esprits (1890)

Il laissa se pratiquer dans son camp le mouvement religieux de la Ghost Dance, ce qui précipita son arrestation et sa mort.

Anecdotes

Au printemps 1876, lors d'une grande Danse du Soleil sur la rivière Rosebud, Sitting Bull se fit prélever cent petits morceaux de chair sur les bras et dansa des heures durant jusqu'à tomber en transe. Il y eut une vision : des soldats américains tombant tête la première dans le camp indien, « comme des sauterelles ». Quelques semaines plus tard, la victoire de Little Bighorn sembla confirmer sa prophétie.

Son nom d'enfant était « Lent » (Húŋkešni), car il faisait tout avec application et réflexion. Vers quatorze ans, après avoir accompagné les guerriers et touché un ennemi crow au combat (un acte de bravoure appelé « compter les coups »), son père lui transmit son propre nom : Tȟatȟáŋka Íyotake, « Le Bison qui s'assoit ».

En 1885, Sitting Bull voyagea quelques mois avec le « Wild West Show » de Buffalo Bill Cody. Il s'y lia d'amitié avec la tireuse d'élite Annie Oakley, qu'il surnomma affectueusement « Petite Tireuse Sûre » (Little Sure Shot). On raconte qu'il donnait souvent l'argent gagné aux enfants pauvres et aux mendiants qu'il croisait dans les villes.

Après Little Bighorn, traqué par l'armée américaine, Sitting Bull conduisit en 1877 sa bande au Canada, qu'il appelait « le pays de la Grand-Mère » (en référence à la reine Victoria). Il y resta quatre ans, mais la disparition des bisons et la faim le contraignirent à revenir se rendre en 1881.

Le 15 décembre 1890, des policiers indiens vinrent l'arrêter à l'aube dans sa cabane de la réserve de Standing Rock, par crainte qu'il ne rejoigne le mouvement de la Danse des Esprits. Une bousculade éclata, des coups de feu partirent, et Sitting Bull fut tué. Sa mort précéda de deux semaines le massacre de Wounded Knee.

Sources primaires

Autobiographie pictographique de Sitting Bull (Smithsonian Institution) (vers 1870)
Série de dessins où Sitting Bull représente lui-même ses faits d'armes : chasses, captures de chevaux et combats contre les Crows et les soldats, chaque scène le reliant à son nom par une figure de bison.
Paroles rapportées lors des négociations sur les terres sioux (années 1870 (propos attribués))
« Quel traité que les Blancs ont conclu avec nous a été rompu par l'homme rouge ? Pas un seul. Quel traité l'homme blanc a-t-il jamais respecté ? Pas un seul. »
Déclaration sur son identité, rapportée par des témoins (vers 1882 (propos attribués))
« Je suis un homme rouge. Si le Grand Esprit avait voulu que je sois un homme blanc, il m'aurait fait ainsi dès le départ. »
Témoignage recueilli après la reddition à Fort Buford (20 juillet 1881)
« Je suis le dernier de mon peuple à déposer mon fusil », dit-il en confiant son arme par l'intermédiaire de son jeune fils Crow Foot.

Lieux clés

Rivière Grand (près de l'actuelle Bullhead, Dakota du Sud)

Région de naissance de Sitting Bull vers 1831, sur les terres de chasse hunkpapa. C'est aussi près de là, sur la Grand River, qu'il fut tué en 1890.

Champ de bataille de Little Bighorn (Montana)

Lieu de la grande victoire des nations alliées sur le 7e de cavalerie de Custer, les 25 et 26 juin 1876. Sitting Bull y était le chef spirituel du grand camp réuni.

Wood Mountain (Saskatchewan, Canada)

Région où Sitting Bull et sa bande se réfugièrent de 1877 à 1881, qu'il nommait « le pays de la Grand-Mère ». La faim finit par le contraindre à revenir.

Fort Buford (Dakota du Nord)

Poste militaire où Sitting Bull se rendit le 20 juillet 1881, remettant son fusil par l'intermédiaire de son fils Crow Foot.

Réserve de Standing Rock

Réserve où Sitting Bull vécut ses dernières années après sa captivité et où il fut tué en 1890. Une tombe et des mémoriaux y rappellent son nom.

Vallée de la Rosebud (Montana)

Lieu de la Danse du Soleil de juin 1876 où Sitting Bull eut sa vision, et tout près du champ de la bataille de la Rosebud quelques jours plus tard.

Voir aussi