Religieuse franco-belge de la congrégation de Notre-Dame-de-Sion, célèbre pour son engagement humanitaire auprès des chiffonniers du Caire. Figure populaire de la solidarité, elle a fondé l'association Asmae pour venir en aide aux plus démunis.
Sœur Emmanuelle(1908 — 2008)
sœur Emmanuelle
Belgique, Égypte, France
5 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Yalla !»
Faits marquants
- Née le 16 novembre 1908 à Bruxelles sous le nom de Madeleine Cinquin
- Entre dans la congrégation de Notre-Dame-de-Sion en 1931 et enseigne plusieurs décennies au Proche-Orient
- S'installe en 1971 dans le bidonville des chiffonniers du Caire pour partager leur vie
- Fonde en 1980 l'association Asmae pour l'aide aux enfants défavorisés
- Décède le 20 octobre 2008 à Callian, en France, à près de 100 ans
Œuvres & réalisations
Création d'écoles pour scolariser les enfants chiffonniers du Caire, leur ouvrant l'accès à la lecture et à un avenir meilleur.
Mise en place de soins médicaux et de petits ateliers pour améliorer les conditions de vie sanitaires et économiques des familles.
ONG fondée pour soutenir l'enfance défavorisée dans plusieurs pays, qui poursuit son action humanitaire aujourd'hui encore.
Livre d'entretiens qui fit connaître au grand public sa pensée et son énergie communicative.
Ouvrage où elle partage les leçons de vie tirées de son expérience auprès des plus démunis.
Testament spirituel publié après sa mort, où elle dévoile ses doutes et son intimité avec une grande sincérité.
Anecdotes
Sœur Emmanuelle naît Madeleine Cinquin à Bruxelles en 1908, dans une famille aisée de la confection. À l'âge de six ans, elle voit son père se noyer sous ses yeux lors de vacances à la mer : ce drame marque profondément son enfance et nourrira plus tard sa réflexion sur le sens de la vie.
Après des décennies passées à enseigner dans les écoles de sa congrégation en Turquie, en Tunisie et en Égypte, elle décide en 1971, à 62 ans — l'âge de la retraite — de quitter son confort pour aller vivre dans un bidonville du Caire, au milieu des chiffonniers qui trient les ordures de la ville.
Les Égyptiens l'appelaient affectueusement « Ablа » (grande sœur). Son cri de ralliement était « Yallah ! », mot arabe signifiant « allons-y, en avant ! », qu'elle reprenait sans cesse pour entraîner les autres à l'action.
Devenue une véritable star médiatique en France dans les années 1980-1990, reconnaissable à son éternel foulard gris, elle savait secouer les consciences avec un franc-parler joyeux et provoquant, n'hésitant pas à interpeller les puissants pour défendre les plus pauvres.
Elle s'éteint le 20 octobre 2008, à Callian dans le Var, à quelques semaines seulement de son centième anniversaire. Dans un livre publié après sa mort, elle confie avec une grande franchise ses doutes et ses combats intérieurs, loin de l'image lisse d'une sainte.
Sources primaires
Le bonheur, c'est de servir. Plus on donne, plus on reçoit, plus on est heureux.
J'ai découvert chez les chiffonniers une joie de vivre, une solidarité que je n'avais jamais rencontrées dans le confort.
J'ai connu le doute et la tentation. Je n'ai jamais été cette sainte que l'on imagine ; j'étais une femme qui luttait.
Aimez-vous les uns les autres. Tout le reste n'est que littérature.
Lieux clés
Ville natale de Madeleine Cinquin, future sœur Emmanuelle, où elle naît en 1908 dans une famille bourgeoise.
L'une des villes où elle enseigna dans les écoles de la congrégation de Notre-Dame-de-Sion durant ses premières décennies de vie religieuse.
Ville égyptienne où elle enseigna dans un collège chic, avant de choisir de tout quitter pour les bidonvilles.
Quartier des chiffonniers (zabbalin) du Caire où elle vécut à partir de 1971, fondant écoles et dispensaires au milieu des ordures.
Village provençal où elle passa la fin de sa vie dans une maison de retraite et où elle mourut le 20 octobre 2008.
Objets typiques

Simple foulard noué sur la tête, devenu son signe distinctif à la télévision. Il remplaçait le voile traditionnel et symbolisait sa proximité avec les gens humbles.

Objet de prière catholique composé de grains que l'on égrène en récitant des prières. Il accompagnait sa vie spirituelle quotidienne.

Charrette tirée par un âne servant aux zabbalin à collecter les ordures du Caire pour les trier et les recycler. C'était l'outil de travail des familles qu'elle a rejointes.

Petite croix simple portée par les religieuses, signe de leur foi chrétienne. Elle reflétait son dépouillement volontaire.

Simples cahiers utilisés dans les écoles qu'elle a ouvertes dans le bidonville pour apprendre à lire et écrire aux enfants chiffonniers.

Chaussures simples et abîmées qu'elle portait par choix de pauvreté, marchant dans la poussière et les détritus du bidonville.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Tags
Vie quotidienne
Matin
Sœur Emmanuelle se levait tôt pour prier et méditer, fidèle à sa vie religieuse. Puis elle parcourait les ruelles du bidonville pour saluer les familles et organiser les activités de la journée.
Après-midi
L'après-midi était consacré à l'action concrète : visiter les écoles et les dispensaires, écouter les habitants, chercher des financements et négocier avec les autorités pour améliorer le quartier.
Soir
Le soir, elle prenait le temps d'échanger avec les jeunes et les voisins, partageant un repas simple. Elle écrivait aussi du courrier et préparait ses interventions pour sensibiliser le public à la cause des pauvres.
Alimentation
Elle mangeait frugalement, partageant la nourriture modeste des chiffonniers : pain, fèves, légumes et thé. Ce dépouillement volontaire était au cœur de son choix de vie.
Vêtements
Elle portait des vêtements simples et usés, reconnaissable à son foulard gris noué sur la tête plutôt qu'au voile traditionnel, signe de sa proximité avec les humbles.
Habitat
Au Caire, elle vivait dans une baraque modeste au milieu du bidonville, sans confort, partageant les conditions précaires des familles qui l'entouraient.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Écoles du bidonville de Mokattam
1970s
Dispensaires et ateliers du Caire
1970s-1980s
Association Asmae – Sœur Emmanuelle
1980
Yallah ! Sœur Emmanuelle au quotidien
1992
Richesse de la pauvreté
2001
Confessions d'une religieuse
2008






