Sofonisba Anguissola
Sofonisba Anguissola
1532 — 1625
Crémone
Peintre italienne de la Renaissance (1532-1625), elle fut l'une des premières femmes artistes à acquérir une renommée internationale. Portraitiste officielle à la cour du roi Philippe II d'Espagne, elle influença de nombreux artistes, dont le Caravage et Van Dyck.
Faits marquants
- Née en 1532 à Crémone (Lombardie), dans une famille noble qui encouragea son éducation artistique
- Forma par Michel-Ange qui lui prodigua des conseils après avoir examiné ses dessins vers 1554
- Nommée dame d'honneur et peintre à la cour de Philippe II d'Espagne en 1559, poste qu'elle occupa pendant vingt ans
- Peint de nombreux portraits de la famille royale espagnole, dont la reine Élisabeth de Valois
- Décède à Palerme en 1625 à l'âge de 93 ans ; Anthony van Dyck lui rendit visite peu avant sa mort
Œuvres & réalisations
L'une des premières représentations connues d'une femme artiste au travail, conservée au château de Lancut en Pologne. Cette œuvre affirme avec audace l'identité professionnelle de Sofonisba.
Tableau représentant trois de ses sœurs jouant aux échecs, conservé au Musée national de Poznań. Œuvre pionnière par sa scène de genre intime et sa restitution naturelle des expressions.
Conservé au Museo Nazionale di Capodimonte à Naples, ce tableau la montre jouant du clavecin, témoignant de sa double culture musicale et picturale. Il illustre l'idéal de la femme cultivée de la Renaissance.
Portrait de la reine d'Espagne, épouse de Philippe II, réalisé pendant ses années à la cour madrilène. Plusieurs versions en existent, témoignant de l'importance de son rôle de portraitiste officielle.
Portrait du roi d'Espagne, conservé au Museo del Prado à Madrid. Exemple de sa maîtrise du portrait de cour alliant dignité royale et psychologie subtile du modèle.
Œuvre de maturité révélant l'évolution de sa technique vers une plus grande profondeur psychologique. Long attribué à d'autres maîtres, il lui a été rendu par la recherche contemporaine.
Anecdotes
Sofonisba Anguissola apprit la peinture auprès de Bernardino Campi à Crémone, fait exceptionnel pour une femme au XVIe siècle. Son père Amilcare, convaincu du talent de ses filles, prit la décision audacieuse de les faire former comme artistes professionnelles, brisant ainsi les conventions de l'époque.
Michel-Ange lui-même s'intéressa à son travail : vers 1557, Sofonisba lui envoya un dessin représentant un garçon qui pleure après s'être fait mordre par une écrevisse. Le maître fut si impressionné qu'il lui proposa des corrections et encouragea son développement artistique — correspondance attestée par des lettres conservées.
En 1559, elle fut invitée à la cour du roi Philippe II d'Espagne en tant que dame de compagnie et peintre de la reine Élisabeth de Valois. Pendant près de quinze ans, elle réalisa de nombreux portraits de la famille royale, jouissant d'un statut et d'une rémunération sans précédent pour une femme artiste de son temps.
À l'âge de quatre-vingt-douze ans, aveugle mais toujours lucide, Sofonisba reçut la visite du jeune Antoine van Dyck à Palerme en 1624. Impressionné par son intelligence et sa mémoire des œuvres d'art, il réalisa son portrait et nota dans son carnet de voyage les précieux conseils qu'elle lui prodigua sur l'art du portrait.
Sources primaires
J'ai envoyé à Votre Seigneurie un dessin de ma fille Sofonisba, afin que vous puissiez voir et juger le progrès qu'elle a fait dans les arts nobles que vous lui avez enseignés.
Sofonisba Anguissola, de Crémone, a travaillé avec plus d'étude et de grâce que toute autre femme de notre temps dans les difficultés du dessin ; elle a non seulement réussi à dessiner, colorier et peindre d'après nature, mais aussi à réaliser de très belles et rares peintures.
J'ai visité la signora Sofonisba, peintre. Elle m'a donné de nombreux bons conseils sur la peinture. Elle a dit que pour faire un bon portrait, il faut faire parler la personne afin qu'elle ne prenne pas une expression figée.
Je supplie Votre Majesté de me permettre de retourner en Italie pour me marier selon mon rang, ayant servi fidèlement la reine pendant de nombreuses années.
Lieux clés
Ville natale de Sofonisba, centre artistique actif au XVIe siècle où elle reçut sa formation initiale auprès de Bernardino Campi. C'est dans cette cité lombarde que sa vocation artistique prit racine.
Sofonisba séjourna à Rome vers 1556 et y rencontra Michel-Ange, qui l'encouragea et lui proposa des corrections sur ses dessins. Ce contact avec le maître consacra sa réputation naissante.
Sofonisba y vécut et travailla pendant près de quinze ans (1559-1573) comme portraitiste officielle de la cour de Philippe II. C'est là qu'elle réalisa ses œuvres les plus célèbres et acquit une renommée européenne.
Après la mort de son premier mari, Sofonisba s'installa à Gênes avec son second époux Orazio Lomellini. Elle y fut active dans les milieux artistiques génois et continua à peindre.
Ville où Sofonisba passa la fin de sa vie et où Antoine van Dyck vint lui rendre visite en 1624, un an avant sa mort. Elle y est enterrée en l'église San Giorgio dei Genovesi.
Galerie
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Self-Portrait by Sofonisba Anguissola, 1558, Galleria Colonna
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Photographic print of portrait painting by Sofonisba Anguissola
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Sofonisba Anguissola - Autoritratto (1554)
Wikimedia Commons, Public domain — Unknown authorUnknown author


