Princesse mongole, belle-fille de Gengis Khan et épouse de Tolui. Mère de quatre fils dont les empereurs Möngke et Kubilai Khan et l'Ilkhan Houlagou, elle exerça une influence politique décisive sur la succession de l'Empire mongol au XIIIe siècle.
Sorghaghtani Beki(1190 — 1252)
Sorgaqtani
Empire mongol
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Née vers 1190, fille d'un chef kéraïte et belle-fille de Gengis Khan
- Épouse Tolui, plus jeune fils de Gengis Khan, et administre son apanage après sa mort en 1232
- De confession chrétienne nestorienne, elle protège plusieurs religions (bouddhisme, islam, christianisme)
- Manœuvre pour faire élire son fils Möngke grand khan en 1251, écartant la lignée d'Ögödaï
- Mère de Möngke, Kubilai (fondateur de la dynastie Yuan) et Houlagou ; morte en 1252
Œuvres & réalisations
Après la mort de son époux, elle administra seule un vaste domaine couvrant steppe et Chine du Nord, alliant fiscalité modérée et protection des paysans pour en faire un territoire prospère.
Elle forma Möngke, Kubilai, Houlagou et Ariq Böke à la politique, aux langues et au gouvernement, préparant une génération de souverains qui domineront l'Eurasie.
Chrétienne nestorienne, elle finança mosquées, écoles coraniques et institutions bouddhistes, instaurant un modèle de coexistence repris par ses fils dans tout l'empire.
Par ses alliances avec la Horde d'Or de Batu, elle fit basculer le pouvoir suprême de la lignée d'Ögödeï vers celle de Tolui, redessinant la succession mongole.
Ses fils Kubilai et Houlagou fondèrent respectivement la dynastie Yuan en Chine et l'Ilkhanat de Perse, prolongeant son héritage politique sur deux continents.
Contre la tentation mongole de transformer les terres chinoises en pâturages, elle encouragea le maintien de l'agriculture et des villes, source durable de revenus pour l'empire.
Anecdotes
Sorghaghtani Beki était une princesse kéraïte et chrétienne nestorienne, mais elle protégea toutes les religions de l'empire : elle finança des mosquées et des écoles coraniques pour ses sujets musulmans tout en restant fidèle à sa propre foi. Cette tolérance habile lui valut le respect de peuples très divers.
À la mort de son mari Tolui vers 1232, le grand khan Ögödeï lui proposa d'épouser son propre fils Güyük. Refuser une telle offre était risqué, mais elle déclina poliment en disant qu'elle devait se consacrer à l'éducation de ses quatre fils — un choix qui lui permit de garder le contrôle total de son immense apanage.
Bien qu'elle ne sût probablement ni lire ni écrire elle-même, elle veilla à ce que ses fils apprennent plusieurs langues et s'entourent de lettrés de tout l'empire. Deux d'entre eux, Möngke et Kubilai, devinrent grands khans, et un troisième, Houlagou, fonda la dynastie des Ilkhans de Perse.
L'historien persan Rachid ad-Din la décrivit comme « extrêmement intelligente et capable, dépassant toutes les femmes du monde ». Les observateurs étrangers comme le moine Guillaume de Rubrouck notèrent l'influence considérable des grandes dames mongoles à la cour.
En 1251, c'est en grande partie grâce à ses manœuvres politiques et à ses alliances que son fils aîné Möngke fut élu grand khan, faisant passer le pouvoir suprême de la lignée d'Ögödeï à celle de Tolui. Ce coup politique remodela durablement l'histoire de l'Empire mongol.
Sources primaires
Elle était extrêmement intelligente et capable, et s'élevait au-dessus de toutes les femmes du monde par son habileté à gouverner.
Dans la gestion de ses affaires et le gouvernement de ses sujets, elle dépassait les hommes les plus avisés, et personne n'aurait osé contredire ses décisions.
Les dames de la cour mongole possèdent leurs propres campements, leurs troupeaux et leurs serviteurs, et leur autorité y est grande.
Lieux clés
Vastes prairies où vivaient les Mongols nomades et où Sorghaghtani gérait son apanage et ses troupeaux. C'est là que se nouaient les alliances entre clans.
Capitale de l'Empire mongol fondée sous Ögödeï, centre du pouvoir où se tenaient les quriltaï (assemblées). Sorghaghtani y défendit la candidature de son fils Möngke.
Territoires chinois rattachés à l'apanage familial qu'elle administra après la mort de Tolui. Elle y favorisa l'agriculture et protégea les populations sédentaires.
Territoire d'origine de sa tribu chrétienne nestorienne, dans l'actuelle Mongolie centrale. C'est là que s'enracinent sa foi et ses premières alliances familiales.
Région de Chine du Nord-Ouest où la tradition situe son tombeau, dans une église chrétienne nestorienne. Son inhumation chrétienne témoigne de sa foi conservée jusqu'à la fin.
Objets typiques

Haute coiffe cérémonielle portée par les femmes nobles mongoles, faite d'écorce et de feutre, ornée de soie, de plumes et de pierres précieuses. Elle signalait le rang élevé de celle qui la portait.

Sceau officiel utilisé pour authentifier les ordres et décrets administrant les terres et les peuples de son domaine. Il incarnait l'autorité légitime qu'elle exerçait au nom de sa famille.

Croix chrétienne propre à l'Église d'Orient (nestorienne), foi de la tribu kéraïte dont elle était issue. Elle l'arborait comme symbole de sa religion tout en protégeant les autres cultes.

Tente ronde démontable en treillis de bois et feutre, habitat des Mongols nomades. Celle d'une princesse était vaste, richement tapissée et transportée sur des chariots lors des déplacements.

Arc court fait de bois, de corne et de tendon, arme emblématique des cavaliers de l'empire et des troupes de son apanage. Sa portée et sa puissance fondaient la domination militaire mongole.

Bol ou coupe servant à boire le koumis, lait de jument fermenté, boisson rituelle et quotidienne des Mongols. Le partage du koumis scellait les alliances lors des banquets de cour.
Programmes scolaires
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Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
À l'aube, dans son campement, Sorghaghtani recevait les rapports de ses intendants sur l'état des troupeaux et des récoltes de son apanage. Elle prenait connaissance des messages venus de Karakorum et des autres cours de l'empire.
Après-midi
L'après-midi était consacré à l'administration : audiences, jugements, négociations avec les chefs de clan et les fonctionnaires chinois ou persans. Elle veillait aussi à l'instruction de ses fils, entourés de précepteurs lettrés.
Soir
Le soir, sous la grande yourte, on tenait des banquets où circulait le koumis et où se nouaient les alliances. C'était l'occasion d'écouter les conteurs, les envoyés étrangers et de discuter des affaires de l'empire.
Alimentation
L'alimentation mongole reposait sur la viande (mouton, cheval, gibier) et les produits laitiers, dont le koumis, lait de jument fermenté. La cour d'une princesse ajoutait à cela des mets venus de Chine et de Perse rapportés par les caravanes.
Vêtements
Elle portait des robes amples (deel) de soie et de brocart importés, fermées sur le côté et serrées d'une ceinture. Aux grandes occasions, elle arborait la haute coiffe boqta ornée de plumes et de pierres précieuses, signe de son rang.
Habitat
Elle vivait dans de vastes yourtes de feutre richement décorées, montées sur des chariots tirés par des bœufs lors des déplacements saisonniers. Son campement formait une véritable cour itinérante avec serviteurs, gardes et troupeaux.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Gestion de l'apanage de Tolui
1232-1252
Éducation des quatre fils
années 1230-1240
Politique de tolérance religieuse
années 1230-1250
Élévation de Möngke au rang de grand khan
1251
Fondation indirecte des dynasties Yuan et Ilkhanide
à partir de 1260
Soutien à l'agriculture sédentaire
années 1230-1240





