Stanley Cohen(1922 — 2020)

Stanley Cohen

États-Unis

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SciencesXXe siècleXXe siècle — âge d'or de la biochimie et de la biologie cellulaire américaine, marqué par l'essor de la recherche sur les protéines et la signalisation cellulaire après la Seconde Guerre mondiale.

Stanley Cohen (1922-2020) est un biochimiste américain. Avec Rita Levi-Montalcini, il découvre les facteurs de croissance, notamment le facteur de croissance épidermique (EGF), des protéines essentielles au développement et à la réparation des cellules. Ces travaux lui valent le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1986.

Questions fréquentes

Stanley Cohen, biochimiste américain (1922-2020), a découvert avec Rita Levi-Montalcini les facteurs de croissance, notamment le facteur de croissance épidermique (EGF). Ce qu'il faut retenir, c'est que ces protéines sont des signaux chimiques qui disent aux cellules de se diviser ou de se développer. Avant Cohen, on ignorait que des molécules spécifiques pouvaient orchestrer la croissance cellulaire. Ses travaux ont ouvert la voie à la compréhension de la signalisation cellulaire et, plus tard, à des thérapies anticancéreuses ciblant les récepteurs de l'EGF. Il a reçu le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1986 pour ces découvertes.

Faits marquants

  • Né le 17 novembre 1922 à Brooklyn (New York), mort le 5 février 2020
  • Découvre le facteur de croissance nerveux (NGF) avec Rita Levi-Montalcini dans les années 1950
  • Identifie le facteur de croissance épidermique (EGF) en 1962
  • Mène l'essentiel de ses recherches à l'université Vanderbilt (Tennessee)
  • Reçoit le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1986 avec Rita Levi-Montalcini

Œuvres & réalisations

Découverte du facteur de croissance nerveuse (NGF) (1954)

Avec Rita Levi-Montalcini, Cohen identifie une protéine stimulant la croissance des fibres nerveuses, première d'une nouvelle classe de molécules signalisatrices.

Isolement et caractérisation du facteur de croissance épidermique (EGF) (1962)

Cohen purifie l'EGF à partir de glandes salivaires de souris et montre son rôle dans le développement des cellules épithéliales.

Identification du récepteur de l'EGF (EGFR) (années 1970-1980)

Ses travaux contribuent à comprendre comment l'EGF se lie à un récepteur membranaire, jetant les bases de l'étude de la signalisation cellulaire.

Conférence Nobel « Epidermal Growth Factor » (1986)

Synthèse de ses recherches présentée lors de la remise du prix Nobel, retraçant la découverte et l'importance de l'EGF.

Anecdotes

Quand Stanley Cohen rejoint le laboratoire de Rita Levi-Montalcini à l'université Washington de Saint-Louis, ils forment un duo improbable : elle, neurobiologiste italienne, lui, biochimiste américain. Elle disait de lui qu'il avait des « mains en or » pour purifier les protéines, et leur collaboration deviendra l'une des plus célèbres de la biologie du XXe siècle.

Pour isoler le facteur de croissance épidermique (EGF), Cohen utilisa une source inattendue : les glandes salivaires de souris mâles, particulièrement riches en cette protéine. Il avait remarqué que l'injection d'extraits de ces glandes faisait ouvrir les yeux et percer les dents des souriceaux plus tôt que la normale.

Cohen et Levi-Montalcini reçurent le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1986, soit plus de trente ans après leurs découvertes des années 1950. Le comité Nobel récompensa leur mise en évidence des facteurs de croissance, des molécules qui révolutionnèrent la compréhension du développement cellulaire et plus tard de la recherche sur le cancer.

Les travaux de Cohen sur l'EGF eurent des retombées médicales majeures qu'il n'avait pas anticipées : comprendre comment les cellules reçoivent des signaux de croissance a permis de développer des thérapies anticancéreuses ciblant ces récepteurs, comme certains traitements contre le cancer du sein ou du poumon.

Discret et passionné par son travail de paillasse, Cohen continua à enseigner et à fréquenter son laboratoire de l'université Vanderbilt bien après son prix Nobel. Il jouait de la clarinette et de la flûte à bec, et restait attaché à la recherche fondamentale plutôt qu'à la gloire.

Sources primaires

Isolation of a Mouse Submaxillary Gland Protein Accelerating Incisor Eruption and Eyelid Opening in the New-born Animal (Journal of Biological Chemistry) (1962)
Une protéine extraite de la glande sous-maxillaire de la souris provoque, après injection à l'animal nouveau-né, une éruption précoce des incisives et une ouverture précoce des paupières.
Conférence Nobel de Stanley Cohen : « Epidermal Growth Factor » (8 décembre 1986)
La découverte du facteur de croissance épidermique est née de l'observation d'effets biologiques inattendus, qui ont guidé pas à pas la purification de la molécule responsable.
A Nerve Growth-Stimulating Factor Isolated from Sarcomas 37 and 180 (avec R. Levi-Montalcini et V. Hamburger, PNAS) (1954)
Un facteur isolé de tumeurs stimule de façon spectaculaire la croissance des fibres nerveuses des ganglions sympathiques et sensoriels.

Lieux clés

Brooklyn, New York

Quartier de New York où Stanley Cohen naît en 1922 dans une famille d'immigrants. Il y grandit pendant la Grande Dépression.

Université du Michigan, Ann Arbor

Université où Cohen obtient son doctorat de biochimie en 1948, posant les bases de sa carrière de chercheur.

Université Washington de Saint-Louis

Laboratoire où Cohen rejoint Viktor Hamburger et Rita Levi-Montalcini en 1953 et découvre les facteurs de croissance nerveuse.

Université Vanderbilt, Nashville

Institution où Cohen mène l'essentiel de sa carrière à partir de 1959, y isole l'EGF et y reste actif jusqu'à un âge avancé.

Nashville, Tennessee

Ville où Stanley Cohen vit la majeure partie de sa vie adulte et où il meurt en 2020 à 97 ans.

Voir aussi