Stephanie Shirley, dite « Steve », est une informaticienne et entrepreneuse britannique d'origine allemande, arrivée enfant au Royaume-Uni grâce au Kindertransport. Pionnière du logiciel, elle fonde en 1962 une entreprise de programmation employant presque exclusivement des femmes travaillant depuis chez elles. Devenue philanthrope, elle a fait don de l'essentiel de sa fortune.
Stephanie Shirley(1933 — 2025)
Stephanie Shirley
Royaume-Uni, Allemagne
6 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« I wanted a company of women, for women, that would do something about the awful situation that women faced when they had to leave their work on marriage or pregnancy.»
« Why do ambitious women have flat heads? Because men pat them on the head and say, 'There, there.'»
Faits marquants
- Née en 1933 à Dortmund, elle fuit l'Allemagne nazie en 1939 grâce au Kindertransport et grandit au Royaume-Uni.
- En 1962, elle fonde Freelance Programmers, entreprise de logiciel employant majoritairement des femmes en télétravail.
- Elle signe ses lettres d'affaires « Steve » pour être prise au sérieux dans un milieu masculin.
- Son entreprise devient F International puis Xansa, valorisée à des centaines de millions de livres.
- Devenue Dame Commandeur de l'Empire britannique (DBE) en 2000, elle consacre sa fortune à la philanthropie, notamment l'autisme.
Œuvres & réalisations
Entreprise de logiciel employant majoritairement des femmes en télétravail, modèle d'organisation pionnier qui deviendra F International puis Xansa.
Contribution logicielle à la « boîte noire » de l'avion supersonique, démontrant la fiabilité du travail de ses équipes.
Cotation qui enrichit le personnel actionnaire et consacre la réussite d'un modèle d'affaires inédit.
École spécialisée pour enfants autistes qu'elle finance, tournant majeur de sa philanthropie en mémoire de son fils.
Fondations à travers lesquelles elle donne des dizaines de millions de livres à la recherche sur l'autisme et à l'informatique.
Récit de sa vie, de réfugiée à entrepreneuse puis philanthrope, devenu une référence sur les pionnières du logiciel.
Intervention internationalement diffusée sur les femmes, l'ambition et son parcours hors normes.
Anecdotes
Quand elle démarre son entreprise de programmation, ses lettres commerciales signées « Stephanie » restent sans réponse. Elle se met alors à signer « Steve » : les rendez-vous arrivent enfin, et les clients ne découvrent qu'elle est une femme qu'une fois face à elle.
En 1939, à l'âge de cinq ans, elle quitte l'Allemagne nazie pour le Royaume-Uni grâce au Kindertransport, ces convois qui ont sauvé des milliers d'enfants juifs. Séparée de ses parents, elle dira plus tard avoir voulu « rendre sa vie digne d'avoir été sauvée ».
En 1962, elle fonde son entreprise, Freelance Programmers, avec seulement 6 livres sterling de capital, sur la table de sa salle à manger. Elle y emploie presque exclusivement des femmes programmant depuis chez elles, à une époque où la maternité poussait les femmes hors du marché du travail.
Ses équipes ont participé à la programmation de la « boîte noire », l'enregistreur de vol de l'avion supersonique Concorde, prouvant qu'un travail logiciel de haute fiabilité pouvait être réalisé par des femmes travaillant à domicile.
Quand l'entreprise est introduite en Bourse, une partie du personnel détenait des parts : l'opération transforme une dizaine de ses anciennes collaboratrices en millionnaires. Devenue très riche, elle donnera ensuite l'essentiel de sa fortune, soit des dizaines de millions de livres, à des causes liées à l'informatique et à l'autisme.
Sources primaires
Le récit raconte son parcours « de réfugiée à entrepreneuse puis philanthrope » et comment elle lança Freelance Programmers avec 6 livres de capital sur la table de sa salle à manger.
Elle y explique avoir adopté le prénom « Steve » dans sa correspondance d'affaires pour franchir la porte avant qu'on ne s'aperçoive qu'elle était une femme, et affirme avoir voulu rendre sa vie « digne d'avoir été sauvée ».
Elle décrit son arrivée enfant au Royaume-Uni en 1939, sans ses parents, et le sentiment de dette envers ce pays d'accueil qui a guidé toute sa carrière et sa philanthropie.
Lieux clés
Ville industrielle de la Ruhr où elle naît en 1933, qu'elle quitte enfant pour fuir le nazisme.
Gare londonienne où arrivaient les convois du Kindertransport, point d'entrée des enfants réfugiés au Royaume-Uni.
Centre de recherche britannique pionnier de l'informatique où elle apprend son métier et programme ses premières machines.
Ville où, depuis son domicile, elle fonde Freelance Programmers en 1962.
École pour enfants autistes qu'elle finance et fonde, en mémoire de son fils Giles, autiste.
Ville du sud de l'Angleterre où elle s'installe et poursuit son œuvre philanthropique.
Objets typiques

Carton percé de trous codant instructions et données, support d'entrée des programmes des premiers ordinateurs. C'est sur ce médium qu'on « écrivait » le logiciel avant les écrans.

Énorme machine occupant une pièce entière, partagée entre de nombreux utilisateurs. C'est pour ces calculateurs que les programmeuses de Stephanie Shirley écrivaient leurs logiciels.

Schéma fait de cases et de flèches représentant la logique d'un programme avant son codage. Outil de conception fondamental des premières analystes-programmeuses.

Appareil embarqué consignant les données techniques d'un avion, dont celui du Concorde programmé par ses équipes. Symbole de la fiabilité logicielle exigée dans l'aéronautique.

Machine à clavier reliée par ligne téléphonique permettant d'envoyer et recevoir du texte à distance. Il rendait possible le travail informatique depuis le domicile.
📷 CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons ↗
Épais ouvrage décrivant la syntaxe d'un langage et le fonctionnement d'une machine. Indispensable à une époque sans tutoriels ni internet pour apprendre à coder.
Programmes scolaires
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Vie quotidienne
Matin
Levée tôt, elle organisait sa journée autour du travail à domicile, conciliant tâches d'entreprise et vie de famille. La matinée pouvait commencer par la lecture du courrier d'affaires, souvent signé « Steve », et la répartition des projets entre ses programmeuses dispersées chez elles.
Après-midi
L'après-midi était consacré à la conception de programmes, à la relecture d'organigrammes et à la coordination téléphonique avec ses équipes. Elle visitait parfois des clients ou des centres informatiques pour discuter de contrats et présenter son modèle inédit.
Soir
Le soir, elle s'occupait de son foyer et de son fils Giles, dont l'autisme marqua profondément sa vie. Elle réservait aussi du temps à la gestion financière de l'entreprise et, plus tard, à ses projets philanthropiques.
Alimentation
Son alimentation était celle de la classe moyenne britannique de l'après-guerre : repas simples, thé fréquent, produits de plus en plus disponibles avec la fin du rationnement. La cuisine restait sans ostentation, à l'image de sa sobriété personnelle.
Vêtements
Elle portait les tenues professionnelles soignées attendues d'une femme d'affaires du XXe siècle : tailleurs stricts, coupe nette, pour s'imposer dans un univers d'hommes. Son apparence soignée renforçait son autorité face à des clients souvent méfiants envers une dirigeante.
Habitat
Elle vivait dans des maisons confortables du sud de l'Angleterre, dont l'une servit de premier siège à son entreprise. Sa salle à manger fut littéralement le berceau de Freelance Programmers, avant que la société ne grandisse.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Fondation de Freelance Programmers
1962
Programmation de l'enregistreur de vol du Concorde
années 1970
Introduction en Bourse de l'entreprise
1996
Prior's Court School
1999
The Shirley Foundation et la charité Autistica
années 2000
Let IT Go (autobiographie)
2012
Conférence TED « Why do ambitious women have flat heads? »
2015






