Steve Biko(1946 — 1977)
Steve Biko
Afrique du Sud
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Steve Biko est un militant sud-africain anti-apartheid, fondateur du mouvement de la Conscience noire (Black Consciousness Movement) dans les années 1970. Figure de l'émancipation des Noirs sud-africains, il meurt en 1977 des suites des violences subies en garde à vue, devenant un symbole mondial de la lutte contre l'apartheid.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Le meilleur outil de l'oppresseur, c'est l'esprit de l'opprimé.»
Faits marquants
- Naissance en 1946 à King William's Town (province du Cap, Afrique du Sud)
- Fonde en 1968-1969 la South African Students' Organisation (SASO) et le mouvement de la Conscience noire
- Frappé d'une interdiction (banning order) par le régime d'apartheid en 1973
- Meurt le 12 septembre 1977 à Pretoria des suites de mauvais traitements en détention policière
- Ses funérailles rassemblent des milliers de personnes et son nom devient un symbole international de la lutte anti-apartheid
Œuvres & réalisations
Première organisation étudiante noire indépendante, qui rompt avec les structures dominées par les Blancs et lance le mouvement de la Conscience noire.
Philosophie centrée sur la fierté, la dignité et l'autonomie psychologique des Noirs, condition préalable à toute libération politique.
Série d'articles publiés dans le journal de la SASO, exposant ses idées sous un pseudonyme ; recueillis après sa mort en un livre influent.
Structure politique fédérant les organisations de la Conscience noire pour porter le combat au-delà des campus universitaires.
Projets concrets d'autonomie : clinique Zanempilo, ateliers, alphabétisation, destinés à donner aux communautés noires leurs propres ressources.
Lors du procès de neuf militants, Biko explique publiquement et avec éloquence les principes de la Conscience noire devant le tribunal.
Anecdotes
Étudiant en médecine à l'université du Natal, Steve Biko rejoint d'abord l'Union nationale des étudiants sud-africains (NUSAS), majoritairement blanche. Frustré que des Blancs bien intentionnés parlent à la place des Noirs, il fonde en 1968 l'Organisation des étudiants sud-africains (SASO), réservée aux étudiants noirs : pour lui, l'émancipation devait d'abord venir des opprimés eux-mêmes.
Biko résumait sa philosophie par une formule devenue célèbre : « L'arme la plus puissante entre les mains de l'oppresseur, c'est l'esprit de l'opprimé. » Il voulait que les Noirs sud-africains cessent d'avoir honte de leur identité et soient fiers de leur culture avant même de réclamer des droits politiques.
À partir de 1973, le régime d'apartheid le frappe d'un « banning order » : interdit de quitter sa ville de King William's Town, de parler à plus d'une personne à la fois et d'être cité dans la presse. Malgré cela, il continue clandestinement son action et reçoit des journalistes étrangers comme Donald Woods.
Arrêté le 18 août 1977 à un barrage routier, Biko est interrogé et battu par la police de sécurité à Port Elizabeth. Grièvement blessé à la tête, il est transporté nu et menotté à l'arrière d'une Land Rover sur plus de 1 100 km jusqu'à Pretoria, où il meurt le 12 septembre 1977 à 30 ans.
Le ministre de la Justice Jimmy Kruger déclara cyniquement que la mort de Biko « le laissait froid ». Mais l'émotion mondiale fut telle que le chanteur Peter Gabriel lui consacra en 1980 la chanson « Biko », et le film « Cry Freedom » (1987) fit connaître son histoire au grand public.
Sources primaires
L'arme la plus puissante entre les mains de l'oppresseur est l'esprit de l'opprimé.
La Conscience noire est une attitude de l'esprit, une manière de vivre. Nous cherchons à infuser dans la communauté noire une fierté nouvelle d'elle-même, de ses efforts, de ses systèmes de valeurs.
Le Noir doit se rejeter de l'esprit toute attitude servile et se réaliser pleinement comme un être humain à part entière, fier et digne.
Il parlait de la nécessité pour les Noirs de retrouver l'estime d'eux-mêmes avant de pouvoir mener un combat politique efficace.
Lieux clés
Ville natale de Biko, où il fut assigné à résidence par le banning order et où il développa ses programmes communautaires (clinique Zanempilo).
Lieu où Biko étudia la médecine et fonda la SASO en 1968, point de départ du mouvement de la Conscience noire.
Ville où Biko fut détenu, interrogé et violemment battu en septembre 1977, provoquant les blessures fatales.
Capitale administrative où Biko, transporté à l'arrière d'une Land Rover, mourut le 12 septembre 1977 dans une cellule de prison.
Township de Johannesburg dont le soulèvement de 1976 marqua un tournant de la lutte anti-apartheid, fortement inspiré par les idées de la Conscience noire.
Lieu d'inhumation de Biko ; ses funérailles le 25 septembre 1977 rassemblèrent près de 20 000 personnes.






