Suzanne Valadon est une peintre et graveuse française, ancienne modèle des grands artistes de Montmartre devenue artiste autodidacte de premier plan. Elle est l'une des premières femmes admises à la Société nationale des beaux-arts et la mère du peintre Maurice Utrillo.
Suzanne Valadon(1865 — 1938)
Suzanne Valadon
France
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née en 1865 à Bessines-sur-Gartempe, morte en 1938 à Paris
- Modèle pour Puvis de Chavannes, Renoir et Toulouse-Lautrec dans les années 1880
- Encouragée par Edgar Degas, qui achète ses dessins et l'initie à la gravure vers 1893
- Première femme peintre admise à la Société nationale des beaux-arts en 1894
- Mère du peintre Maurice Utrillo, né en 1883
Œuvres & réalisations
L'un de ses premiers autoportraits, témoignant très tôt d'un regard sans complaisance sur elle-même.
Grande composition de nus en plein air qui affirme son ambition de peintre face à la tradition académique.
Triptyque de trois nus masculins, audace rare pour une femme peintre de l'époque.
Portrait d'une femme moderne allongée, en pantalon et cigarette, devenue une icône de la peinture féminine ; conservée au Centre Pompidou.
Portrait de groupe illustrant sa maîtrise du modèle d'après nature et des couleurs franches.
Nu féminin cerné d'un trait noir vigoureux, caractéristique de son style sans idéalisation.
Portrait intimiste qui révèle sa tendresse pour les scènes de la vie quotidienne et de la maternité.
Anecdotes
Née Marie-Clémentine Valadon, fille d'une lingère, elle fut tour à tour apprentie, vendeuse et acrobate de cirque dans sa jeunesse. Une chute du trapèze, vers ses quinze ans, mit fin à cette carrière et la poussa vers les ateliers de Montmartre, où elle devint modèle pour gagner sa vie.
Modèle recherchée, elle posa pour Pierre Puvis de Chavannes, Auguste Renoir et Henri de Toulouse-Lautrec. C'est ce dernier qui, amusé par son culot et son tempérament, l'aurait surnommée « Suzanne », en référence à l'épisode biblique de Suzanne et les vieillards, parce qu'elle était entourée de peintres plus âgés.
Pendant qu'elle posait, Suzanne observait en secret les gestes des maîtres et dessinait en cachette. Lorsqu'elle montra ses dessins à Edgar Degas, celui-ci fut frappé par leur force et l'encouragea vivement, lui achetant des œuvres et lui apprenant la gravure : « Vous êtes des nôtres », lui aurait-il dit.
Mère très jeune de Maurice Utrillo, né en 1883 alors qu'elle n'avait que dix-huit ans, elle l'initia elle-même à la peinture pour tenter de l'éloigner de l'alcoolisme. Le fils devint un peintre célèbre de Montmartre, faisant des Valadon-Utrillo l'une des familles d'artistes les plus connues de Paris.
Audacieuse pour son époque, elle fut l'une des premières femmes peintres à représenter ouvertement des nus masculins. Ses corps puissants, cernés d'un trait noir et sans idéalisation, choquèrent par leur franchise et imposèrent un regard de femme artiste rare dans l'art de son temps.
Sources primaires
« Vous êtes des nôtres. » Degas, découvrant les dessins de Valadon, reconnaît en elle une véritable artiste et l'encourage à persévérer.
Degas l'appelle « la terrible Maria » et achète plusieurs de ses dessins, saluant la vigueur de son trait.
Suzanne Valadon figure parmi les premières femmes admises à exposer au sein de la Société, à partir de 1894.
« J'ai peint des gens pour les connaître. » Elle revendique un art direct, observé d'après le réel et sans complaisance.
Lieux clés
Village natal de Suzanne Valadon, qu'elle quitte enfant pour Paris avec sa mère lingère.
Quartier bohème des peintres et des cabarets où elle grandit, pose comme modèle puis devient peintre.
Atelier qu'elle occupe avec Utrillo et Utter ; le bâtiment abrite aujourd'hui le musée de Montmartre.
Demeure acquise dans les années 1920 où la famille Valadon-Utrillo-Utter peignait paysages et natures mortes.
Galerie qui accueille en 1932 une grande rétrospective consacrant son œuvre.
Lieu de sépulture de Suzanne Valadon, où elle repose après ses obsèques en 1938.
Objets typiques

Outil métallique pointu offert et enseigné par Degas, avec lequel Valadon incisa des plaques de cuivre pour réaliser ses gravures de nus et de scènes intimes.

Palette de peintre chargée de couleurs vives et de noirs profonds, instrument de son passage du dessin à la peinture à l'huile.

Carnet où, durant ses poses, elle dessinait en cachette les artistes et les modèles, affûtant un trait nerveux et sûr.

Agrès de son adolescence d'acrobate, dont une chute mit fin à ses rêves de cirque et l'orienta vers les ateliers de peintres.

Bâtonnets de fusain et craies blanches avec lesquels elle rehaussait ses dessins, cernant les figures d'un trait noir caractéristique.

Chevalet de bois installé dans son atelier de la rue Cortot à Montmartre, où elle peignait portraits, nus et bouquets.
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Vie quotidienne
Matin
Au petit matin, dans son atelier de la rue Cortot baigné de la lumière du nord, Suzanne préparait ses couleurs et installait un modèle. Elle dessinait d'abord d'un trait ferme avant d'attaquer la toile, exigeante avec elle-même comme avec ceux qui posaient.
Après-midi
L'après-midi se passait à peindre des nus, des portraits de proches ou des bouquets de fleurs. Elle veillait aussi sur son fils Maurice, qu'elle initiait à la peinture pour le détourner de l'alcool, gérant un foyer d'artistes souvent tumultueux.
Soir
Le soir, Montmartre s'animait de cabarets et de cafés où se croisaient peintres, modèles et poètes. Suzanne y retrouvait parfois Utrillo et Utter, mais elle restait avant tout une travailleuse acharnée, plus attachée à son atelier qu'à la fête.
Alimentation
Issue d'un milieu modeste, elle avait connu une nourriture simple de quartier populaire : pain, soupes, charcuteries et vin du marchand de vin du coin. Avec le succès, sa table devint plus généreuse, mais elle conserva des goûts de gamine de Montmartre.
Vêtements
Femme libre, elle s'habillait sans souci des conventions, troquant volontiers la toilette bourgeoise contre des tenues pratiques d'atelier tachées de peinture. On la disait aimant porter des bijoux voyants et même, dit-on, un bouquet de carottes à la ceinture pour provoquer.
Habitat
Elle vécut longtemps dans des logements et ateliers de Montmartre, en particulier l'atelier de la rue Cortot, parmi toiles, chevalets et désordre créatif. Le succès lui permit aussi de séjourner au château de Saint-Bernard, sur les bords de Saône.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Autoportrait
1883
La Joie de vivre
1911
Le Lancement du filet
1914
Portrait de la famille Bachellerie
1926
Nu à la draperie rayée
1922
Marie-Coca et sa fille Gilberte
1913






