La Tarasque est un dragon amphibie de la légende provençale qui ravageait les bords du Rhône près de Tarascon. Selon la tradition chrétienne, elle fut apprivoisée par sainte Marthe à l'aide d'un signe de croix et d'eau bénite, avant d'être mise à mort par les habitants.
Tarasque
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Créature légendaire associée à la ville de Tarascon, en Provence, sur les rives du Rhône.
- Décrite comme un monstre hybride mi-animal mi-dragon, à la carapace de tortue et à la queue de serpent.
- Apprivoisée par sainte Marthe selon La Légende dorée de Jacques de Voragine (vers 1260).
- Le roi René d'Anjou institue les fêtes de la Tarasque à Tarascon en 1474.
- La Tarasque de Tarascon est inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO en 2005 (géants et dragons processionnels).
Œuvres & réalisations
Version la plus célèbre et la plus diffusée du récit, qui ancre la Tarasque dans la culture européenne et fixe l'image du monstre dompté par sainte Marthe.
Texte hagiographique latin antérieur, source principale de Voragine, qui raconte l'évangélisation de la Provence et le combat contre le dragon.
Fête instituée par le roi René d'Anjou, à l'origine de la tradition processionnelle toujours vivante à Tarascon.
Mannequin monumental promené dans la ville, devenu l'icône matérielle de la légende et le centre de la fête.
Roman humoristique qui rendit Tarascon célèbre dans toute la France et contribua, indirectement, à la renommée de la cité de la Tarasque.
Reconnaissance internationale de la Tarasque comme dragon processionnel, garantissant la sauvegarde de la tradition.
Anecdotes
Dans La Légende dorée (vers 1260), Jacques de Voragine décrit la Tarasque comme un monstre « moitié animal, moitié poisson, plus gros qu'un bœuf et plus long qu'un cheval », caché dans un bois entre Arles et Avignon. Il affirme même qu'elle descendait du Léviathan biblique et d'une bête de Galatie, l'Onachus, qui projetait ses excréments brûlants sur ses poursuivants.
Selon la légende, le bourg ne s'appelait pas Tarascon mais Nerluc, le « lac noir ». Après que sainte Marthe eut dompté la bête, les habitants auraient rebaptisé leur ville du nom du monstre vaincu — une façon de transformer la peur en fierté. La Tarasque devint ainsi l'emblème éternel de la cité.
En 1474, le roi René d'Anjou, comte de Provence, organisa officiellement les jeux de la Tarasque et fonda l'ordre des chevaliers de la Tarasque. Depuis, une grande effigie en bois et toile de la créature est promenée dans les rues : à la Pentecôte elle est « sauvage » et bouscule la foule, tandis qu'à la Sainte-Marthe (29 juillet) elle défile « apprivoisée ».
Le défilé est rythmé par un cri traditionnel en provençal : « Lagadigadèu, la Tarasco ! », que le poète Frédéric Mistral, prix Nobel de littérature, a recueilli et célébré au XIXe siècle. Ce refrain accompagne encore aujourd'hui la sortie du monstre dans les rues de Tarascon.
En 2005, l'UNESCO a proclamé les « géants et dragons processionnels » de Belgique et de France — dont la Tarasque de Tarascon — chefs-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité. Une créature née d'une légende médiévale est ainsi devenue un trésor culturel protégé au niveau mondial.
Sources primaires
« Il y avait alors, sur les bords du Rhône, dans un bois entre Arles et Avignon, un dragon, moitié animal, moitié poisson, plus gros qu'un bœuf, plus long qu'un cheval, ayant des dents tranchantes comme des épées et armé de cornes des deux côtés. Marthe, à la prière du peuple, alla le trouver ; après l'avoir aspergé d'eau bénite et lui avoir montré la croix, elle le dompta aussitôt. »
« Marthe lia le dragon de sa ceinture et le conduisit doux comme un agneau jusqu'aux habitants, qui le mirent à mort à coups de pierres et de lances. »
« Pour entretenir la mémoire du miracle accompli par madame sainte Marthe, seront tenus chaque année les jeux de la Tarasque, et seront élus des chevaliers chargés de conduire le monstre par la ville. »
« Lagadigadèu, la Tarasco, lagadigadèu, de casteu ! » (refrain provençal scandé lors de la sortie du monstre).
Lieux clés
Ville provençale au bord du Rhône qui tirerait son nom de la Tarasque. Cœur de la légende et de la fête, elle célèbre chaque année le monstre dompté par sainte Marthe.
Fleuve dans les marais duquel la Tarasque se cachait, surgissant pour dévorer voyageurs et bétail et faire chavirer les barques. C'est le décor naturel du récit légendaire.
Église élevée sur le tombeau supposé de sainte Marthe, consacrée en 1197. Sa crypte abrite le sarcophage et le culte de la sainte qui dompta la Tarasque.
Forteresse médiévale en bord de Rhône, achevée au XVe siècle sous le roi René d'Anjou, qui institua les jeux de la Tarasque. Il domine la ville liée à la légende.
Selon la tradition provençale, c'est là que sainte Marthe et ses compagnons auraient débarqué après leur fuite de Judée, avant que Marthe ne remonte le Rhône vers Tarascon.
Objets typiques

Arme spirituelle de sainte Marthe : en aspergeant la Tarasque d'eau bénite, elle aurait neutralisé sa férocité. L'aspersoir et le bénitier restent des objets liturgiques essentiels des processions provençales.

En traçant le signe de croix devant le monstre, sainte Marthe affirme la victoire du christianisme sur les forces du mal. La croix brandie est le geste central du miracle raconté par La Légende dorée.

Selon la tradition, Marthe passa sa ceinture (ou son ruban) autour du cou de la bête domptée pour la conduire, douce comme un agneau, jusqu'aux habitants. Cette laisse improvisée symbolise la maîtrise de la sainteté sur la nature sauvage.

Grand mannequin de bois et de toile peinte représentant le monstre, porté et manœuvré par des hommes cachés à l'intérieur. Promené dans Tarascon depuis le roi René, il est l'objet rituel au cœur de la fête classée à l'UNESCO.

Châsse conservée dans la crypte de la collégiale Sainte-Marthe abritant les ossements attribués à la sainte. Objet de vénération et de pèlerinage, il matérialise le lien entre la légende et le culte religieux de Tarascon.

La bête est décrite couverte d'une carapace de tortue hérissée de pointes, avec une queue de scorpion, une tête de lion et six pattes d'ours. Ce corps composite, mêlant plusieurs animaux, exprime le caractère monstrueux et démoniaque de la créature.
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Vie quotidienne
Matin
Dans la légende, la Tarasque se tient tapie le jour dans les eaux boueuses et les roseaux du Rhône, immobile comme un rocher écailleux. Au lever du soleil, les pêcheurs et les bateliers de Nerluc évitaient ce coude du fleuve, redoutant de voir surgir le monstre.
Après-midi
Lorsqu'une barque s'aventurait sur le fleuve ou qu'un voyageur longeait la rive, la bête jaillissait de l'eau. D'un coup de sa queue de scorpion et de ses six pattes griffues, elle renversait les embarcations et entraînait ses proies dans les profondeurs.
Soir
À la tombée du jour, le monstre regagnait son repaire dans le bois marécageux entre Arles et Avignon. Les habitants barricadaient leurs maisons, persuadés qu'aucune arme — ni épée, ni lance — ne pouvait percer sa carapace.
Alimentation
La Tarasque dévorait sans distinction le bétail, les poissons et les hommes imprudents qui s'approchaient du Rhône. C'est précisément cette voracité qui faisait d'elle un fléau et justifiait, dans le récit, l'intervention miraculeuse de sainte Marthe.
Vêtements
La créature n'a pas de vêtements mais un corps composite et terrifiant : une tête de lion, une carapace de tortue hérissée de pointes, six pattes d'ours, et une queue de serpent ou de scorpion. Cette mosaïque animale signale aux fidèles médiévaux sa nature démoniaque.
Habitat
Son repaire est le marais boisé des bords du Rhône, entre Arles et Avignon, un lieu sauvage et inquiétant aux yeux des hommes du Moyen Âge. Les eaux troubles et les forêts inondées symbolisent le chaos que la sainteté chrétienne devra ordonner.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Récit de la Tarasque dans La Légende dorée (Jacques de Voragine)
vers 1260
Vita beatae Marthae (Vie de sainte Marthe)
XIIe siècle
Jeux et ordre des chevaliers de la Tarasque
1474
Effigie processionnelle de la Tarasque
depuis le XVe siècle
Tartarin de Tarascon (Alphonse Daudet)
1872
Inscription au patrimoine immatériel de l'UNESCO
2005 / 2008




