Biographie

La Tarasque est un dragon amphibie de la légende provençale qui ravageait les bords du Rhône près de Tarascon. Selon la tradition chrétienne, elle fut apprivoisée par sainte Marthe à l'aide d'un signe de croix et d'eau bénite, avant d'être mise à mort par les habitants.

Tarasque

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7 min de lecture

MythologieCultureSpiritualitéMoyen ÂgeLégende hagiographique médiévale enracinée dans la Provence, popularisée par La Légende dorée de Jacques de Voragine au XIIIe siècle et célébrée à Tarascon depuis la fin du Moyen Âge.

Questions fréquentes

La Tarasque est un dragon amphibie de la légende provençale, mi-animal mi-poisson, qui terrorisait les bords du Rhône près de l'actuelle Tarascon. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle incarne les forces du chaos et du mal que la sainteté chrétienne vient dompter. Selon la tradition hagiographique, elle fut apprivoisée par sainte Marthe au Ier siècle, puis mise à mort par les habitants. Moins un simple monstre qu'un symbole de la victoire de la foi sur les peurs païennes, la Tarasque est devenue l'emblème de la ville.

Faits marquants

  • Créature légendaire associée à la ville de Tarascon, en Provence, sur les rives du Rhône.
  • Décrite comme un monstre hybride mi-animal mi-dragon, à la carapace de tortue et à la queue de serpent.
  • Apprivoisée par sainte Marthe selon La Légende dorée de Jacques de Voragine (vers 1260).
  • Le roi René d'Anjou institue les fêtes de la Tarasque à Tarascon en 1474.
  • La Tarasque de Tarascon est inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO en 2005 (géants et dragons processionnels).

Œuvres & réalisations

Récit de la Tarasque dans La Légende dorée (Jacques de Voragine) (vers 1260)

Version la plus célèbre et la plus diffusée du récit, qui ancre la Tarasque dans la culture européenne et fixe l'image du monstre dompté par sainte Marthe.

Vita beatae Marthae (Vie de sainte Marthe) (XIIe siècle)

Texte hagiographique latin antérieur, source principale de Voragine, qui raconte l'évangélisation de la Provence et le combat contre le dragon.

Jeux et ordre des chevaliers de la Tarasque (1474)

Fête instituée par le roi René d'Anjou, à l'origine de la tradition processionnelle toujours vivante à Tarascon.

Effigie processionnelle de la Tarasque (depuis le XVe siècle)

Mannequin monumental promené dans la ville, devenu l'icône matérielle de la légende et le centre de la fête.

Tartarin de Tarascon (Alphonse Daudet) (1872)

Roman humoristique qui rendit Tarascon célèbre dans toute la France et contribua, indirectement, à la renommée de la cité de la Tarasque.

Inscription au patrimoine immatériel de l'UNESCO (2005 / 2008)

Reconnaissance internationale de la Tarasque comme dragon processionnel, garantissant la sauvegarde de la tradition.

Anecdotes

Dans La Légende dorée (vers 1260), Jacques de Voragine décrit la Tarasque comme un monstre « moitié animal, moitié poisson, plus gros qu'un bœuf et plus long qu'un cheval », caché dans un bois entre Arles et Avignon. Il affirme même qu'elle descendait du Léviathan biblique et d'une bête de Galatie, l'Onachus, qui projetait ses excréments brûlants sur ses poursuivants.

Selon la légende, le bourg ne s'appelait pas Tarascon mais Nerluc, le « lac noir ». Après que sainte Marthe eut dompté la bête, les habitants auraient rebaptisé leur ville du nom du monstre vaincu — une façon de transformer la peur en fierté. La Tarasque devint ainsi l'emblème éternel de la cité.

En 1474, le roi René d'Anjou, comte de Provence, organisa officiellement les jeux de la Tarasque et fonda l'ordre des chevaliers de la Tarasque. Depuis, une grande effigie en bois et toile de la créature est promenée dans les rues : à la Pentecôte elle est « sauvage » et bouscule la foule, tandis qu'à la Sainte-Marthe (29 juillet) elle défile « apprivoisée ».

Le défilé est rythmé par un cri traditionnel en provençal : « Lagadigadèu, la Tarasco ! », que le poète Frédéric Mistral, prix Nobel de littérature, a recueilli et célébré au XIXe siècle. Ce refrain accompagne encore aujourd'hui la sortie du monstre dans les rues de Tarascon.

En 2005, l'UNESCO a proclamé les « géants et dragons processionnels » de Belgique et de France — dont la Tarasque de Tarascon — chefs-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité. Une créature née d'une légende médiévale est ainsi devenue un trésor culturel protégé au niveau mondial.

Sources primaires

Jacques de Voragine, La Légende dorée — Vie de sainte Marthe (vers 1260-1266)
« Il y avait alors, sur les bords du Rhône, dans un bois entre Arles et Avignon, un dragon, moitié animal, moitié poisson, plus gros qu'un bœuf, plus long qu'un cheval, ayant des dents tranchantes comme des épées et armé de cornes des deux côtés. Marthe, à la prière du peuple, alla le trouver ; après l'avoir aspergé d'eau bénite et lui avoir montré la croix, elle le dompta aussitôt. »
Vita beatae Marthae (Vie de sainte Marthe, attribuée à sa servante Marcelle) (XIIe siècle)
« Marthe lia le dragon de sa ceinture et le conduisit doux comme un agneau jusqu'aux habitants, qui le mirent à mort à coups de pierres et de lances. »
Statuts du roi René d'Anjou pour les jeux de la Tarasque (1474)
« Pour entretenir la mémoire du miracle accompli par madame sainte Marthe, seront tenus chaque année les jeux de la Tarasque, et seront élus des chevaliers chargés de conduire le monstre par la ville. »
Frédéric Mistral, recueil du chant traditionnel de la Tarasque (XIXe siècle (tradition orale antérieure))
« Lagadigadèu, la Tarasco, lagadigadèu, de casteu ! » (refrain provençal scandé lors de la sortie du monstre).

Lieux clés

Tarascon (Bouches-du-Rhône)

Ville provençale au bord du Rhône qui tirerait son nom de la Tarasque. Cœur de la légende et de la fête, elle célèbre chaque année le monstre dompté par sainte Marthe.

Le Rhône, près de Tarascon

Fleuve dans les marais duquel la Tarasque se cachait, surgissant pour dévorer voyageurs et bétail et faire chavirer les barques. C'est le décor naturel du récit légendaire.

Collégiale Sainte-Marthe de Tarascon

Église élevée sur le tombeau supposé de sainte Marthe, consacrée en 1197. Sa crypte abrite le sarcophage et le culte de la sainte qui dompta la Tarasque.

Château de Tarascon

Forteresse médiévale en bord de Rhône, achevée au XVe siècle sous le roi René d'Anjou, qui institua les jeux de la Tarasque. Il domine la ville liée à la légende.

Saintes-Maries-de-la-Mer (Camargue)

Selon la tradition provençale, c'est là que sainte Marthe et ses compagnons auraient débarqué après leur fuite de Judée, avant que Marthe ne remonte le Rhône vers Tarascon.

Voir aussi