Philosophe et savant grec, successeur d'Aristote à la tête du Lycée d'Athènes. Considéré comme le père de la botanique, il a systématisé l'étude des plantes et poursuivi l'œuvre encyclopédique de son maître.
Théophraste(370 av. J.-C. — 286 av. J.-C.)
Théophraste
Athènes
8 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Le temps est la plus précieuse des dépenses.»
« Les racines sont pour les plantes ce que la bouche est pour les animaux.»
Faits marquants
- Né vers 370 av. J.-C. à Érèse, sur l'île de Lesbos
- Disciple d'Aristote, il dirige le Lycée d'Athènes à sa mort en 322 av. J.-C.
- Rédige l'Histoire des plantes et les Causes des plantes, fondements de la botanique scientifique
- Auteur des Caractères, portraits de types moraux qui influenceront la littérature européenne
- Meurt vers 286 av. J.-C. après avoir dirigé le Lycée pendant 35 ans
Œuvres & réalisations
En neuf livres, Théophraste décrit et classe plus de cinq cents espèces végétales selon leur morphologie, leur habitat et leur usage. Cette œuvre fondatrice a fait de lui le « père de la botanique » et a servi de référence scientifique jusqu'au XVIIe siècle.
Complément de l'Historia Plantarum, cet ouvrage en six livres analyse les mécanismes de croissance, de reproduction et de dépérissement des végétaux. Il aborde aussi les propriétés médicinales et aromatiques des plantes.
Recueil de trente portraits satiriques de types humains universels (l'avare, le flatteur, le lâche, le bavard...). Cette œuvre littéraire a exercé une influence considérable sur la comédie grecque et latine, puis sur des auteurs modernes comme La Bruyère.
Premier traité de minéralogie de l'Antiquité, il classe et décrit les pierres, les métaux et les minéraux selon leurs propriétés physiques. C'est la seule œuvre scientifique de Théophraste, avec les traités botaniques, à nous être parvenue intacte.
Traité physique examinant la nature du feu, ses propriétés et ses différentes manifestations. Il témoigne de l'ambition encyclopédique de Théophraste, qui poursuivit le projet aristotélicien de comprendre la totalité du monde naturel.
Anecdotes
Théophraste ne s'appelait pas vraiment Théophraste : son vrai nom était Tyrtamos. C'est Aristote lui-même qui lui aurait donné le surnom de Théophraste, qui signifie « celui qui parle divinement », tant il était impressionné par l'éloquence de son disciple. Ce surnom est devenu son nom pour la postérité.
Sous la direction de Théophraste, le Lycée d'Athènes atteignit un rayonnement exceptionnel : il aurait rassemblé jusqu'à deux mille élèves, un chiffre considérable pour l'Antiquité. Parmi eux figuraient des savants, des philosophes et même des futurs dirigeants politiques venus de tout le monde grec.
Dans ses Recherches sur les plantes, Théophraste décrit plus de cinq cents espèces végétales en les classant avec une méthode rigoureuse. Il distingue déjà les plantes selon leur mode de reproduction, leur habitat ou leur usage médical, posant ainsi les bases d'une botanique scientifique qui ne sera vraiment dépassée qu'au XVIIe siècle.
Théophraste est aussi l'auteur des Caractères, un recueil de portraits satiriques de types humains : l'avare, le flatteur, le bavard, le lâche... Ce petit livre a influencé directement des auteurs comme La Bruyère au XVIIe siècle et reste étonnamment moderne dans sa description des travers humains.
Selon Diogène Laërce, Théophraste mourut vers 85 ans en regrettant que la vie fût trop courte : il aurait dit en substance qu'on commence à peine à comprendre les choses importantes quand la mort arrive. Il légua à ses disciples ses livres et le jardin du Lycée, symbole de son attachement à l'étude de la nature.
Sources primaires
« Les parties des plantes sont soit générales, communes à toutes, soit particulières à chacune. Par parties générales, j'entends la racine, la tige, le rameau, le rameau latéral, la feuille, la fleur, le fruit. »
« La génération des plantes se produit soit spontanément, soit à partir d'une graine, soit à partir d'une racine, soit à partir d'un rameau, soit à partir d'un éclat de bois, soit à partir d'une petite branche. »
« La flatterie est une façon de se comporter qui consiste à rendre à quelqu'un des honneurs déshonorants pour lui. Le flatteur dit en marchant à côté de lui : 'Vois-tu comme les gens te regardent ? Cela n'arrive qu'à toi dans la ville.' »
« Parmi les substances que la terre produit, les unes sont composées d'eau, comme les métaux : l'or, l'argent et les autres ; les autres sont composées de terre. La classe la plus noble de ces dernières est celle des pierres précieuses. »
« Le feu, de tous les éléments, est celui qui a le plus besoin d'aliment et qui en consomme le plus ; sans nourriture il s'éteint aussitôt, tandis que les autres éléments subsistent par eux-mêmes. »
Lieux clés
Ville natale de Théophraste, sur la côte ouest de Lesbos. C'est sur cette île riche en végétation méditerranéenne variée qu'il développa ses premières observations naturalistes avec Aristote.
Fondé par Aristote en 335 av. J.-C. dans un gymnase consacré à Apollon Lykeios, le Lycée fut dirigé par Théophraste pendant trente-cinq ans. Son jardin botanique, légué par Aristote à Théophraste, était un lieu unique d'observation scientifique.
Ville d'Asie Mineure où Aristote s'installa après la mort de Platon. Théophraste l'y rejoignit et commença une collaboration qui durerait toute leur vie, les deux hommes menant ensemble leurs premières enquêtes naturelles.
Principale ville de l'île de Lesbos, où Aristote et Théophraste menèrent des observations biologiques et botaniques approfondies avant de rejoindre Athènes. Le milieu naturel de l'île a profondément inspiré les travaux scientifiques de Théophraste.
Objets typiques

Principal support d'écriture de l'Antiquité grecque, Théophraste rédigea sur des rouleaux de papyrus ses traités scientifiques et philosophiques. On estime qu'il aurait composé plus de deux cents ouvrages, dont la plupart sont aujourd'hui perdus.

Utilisées pour les notes de terrain et les brouillons, ces tablettes permettaient à Théophraste de consigner ses observations botaniques lors de ses promenades dans les jardins du Lycée avant de les transcrire sur papyrus.

Instrument indispensable pour l'étude des plantes médicinales et aromatiques, le mortier permettait de broyer et d'analyser les substances végétales. Théophraste s'intéressait de près aux propriétés thérapeutiques des plantes.

Théophraste collectait et conservait des échantillons de plantes pour les étudier et les comparer. Le jardin du Lycée, qu'il hérita d'Aristote, servait de véritable laboratoire botanique à ciel ouvert.

Grand tissu de laine drapé sur le corps, l'himation était le vêtement distinctif du philosophe grec. Théophraste, comme tous les maîtres du Lycée, enseignait en marchant, l'himation flottant au rythme de ses pas.

Source de lumière essentielle pour le travail nocturne, la lampe à huile alimentée d'huile d'olive permettait à Théophraste de rédiger et d'étudier après le coucher du soleil, prolongeant ses journées studieuses.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Théophraste commence sa journée tôt, avant la chaleur athénienne. Il se lève à l'aube, accomplit ses ablutions rituelles et prend un repas léger — pain d'orge, olives et figues. Puis il se rend dans les jardins du Lycée pour observer les plantes à la lumière du matin, noter les floraisons, examiner les nouvelles pousses et dicter ses observations à un élève qui transcrit sur tablette de cire.
Après-midi
Le milieu de journée est consacré à l'enseignement. Théophraste déambule sous les portiques ou dans les allées du jardin (d'où le nom de « péripatéticiens », ceux qui marchent), entouré de ses étudiants à qui il expose ses théories botaniques, éthiques ou physiques. Il reçoit aussi des visiteurs — marchands d'herbes, médecins, voyageurs — qui lui rapportent des plantes inconnues de régions lointaines.
Soir
Le soir, après un repas partagé avec ses disciples (légumes, poisson, pain et vin coupé d'eau), Théophraste se consacre à la rédaction. À la lueur d'une lampe à huile, il compile ses observations du jour, révise ses traités et lit les travaux d'Aristote dont il poursuit l'œuvre. Il se couche relativement tôt, conformément aux habitudes grecques qui suivent le rythme solaire.
Alimentation
L'alimentation de Théophraste est celle d'un citoyen grec cultivé et modéré : pain d'orge ou de froment, olives et huile d'olive, légumes frais du jardin (oignons, ail, pois chiches, lentilles), fromage de chèvre, figues et raisins secs. La viande est rare, surtout consommée lors des sacrifices et banquets. Le vin, toujours coupé d'eau, est bu avec modération selon l'idéal grec de sophrosyne.
Vêtements
Théophraste porte le chiton, tunique de lin ou de laine légère retenue par des fibules aux épaules, recouvert de l'himation, large pièce de tissu de laine drapée autour du corps. Les philosophes portent généralement des vêtements simples, de couleur naturelle ou teintés en ocre ou écru, sans ornements ostentatoires. Aux pieds, des sandales de cuir à lanières.
Habitat
Aristote avait légué à Théophraste sa maison et les jardins du Lycée par testament. Théophraste habite donc dans l'enceinte même du Lycée, ce qui lui permet une dévotion totale à son travail. Sa demeure est sobre : des pièces à sol de terre battue ou de mosaïque simple, des niches pour les lampes, des étagères pour les rouleaux de papyrus, et une cour intérieure ouverte sur le ciel méditerranéen.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Esthétique classique hellénistique : lumière méditerranéenne dorée sur des colonnades de marbre blanc, jardins botaniques ordonnés, figures en himation drapé, inspirée de la céramique à figures rouges et des fresques pompéiennes.
Ambiance sonore
L'atmosphère sonore du Lycée d'Athènes : jardins méditerranéens animés de chants d'oiseaux, fontaines, pas sur les allées de gravier, et bourdonnement studieux des élèves du Peripatos.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Historia Plantarum (Recherches sur les plantes)
vers 300 av. J.-C.
De Causis Plantarum (Les Causes des plantes)
vers 300 av. J.-C.
Les Caractères (Characteres ethikoi)
vers 319 av. J.-C.
Des pierres (De lapidibus)
vers 300 av. J.-C.
De igne (Du feu)
vers 300 av. J.-C.
Voir aussi
Personnages liés

Alexandre II de Macédoine

Anaxagore de Clazomènes
499 av. J.-C. — 427 av. J.-C.

Anaximandre
609 av. J.-C. — 545 av. J.-C.

Ératosthène
275 av. J.-C. — 193 av. J.-C.

Héraclite
534 av. J.-C. — 470 av. J.-C.

Phidias
499 av. J.-C. — 429 av. J.-C.
