Thökk

Þökk

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MythologieMoyen ÂgeMythologie nordique, dont les récits sont fixés par écrit au Moyen Âge (XIIIe siècle) dans les sources islandaises.

Þökk est une géante (jötunn) de la mythologie nordique. Elle est la seule créature à refuser de pleurer le dieu Baldr, empêchant ainsi son retour du royaume des morts. On la soupçonne d'être Loki déguisé.

Questions fréquentes

Þökk est une géante (jötunn) de la mythologie nordique, connue pour un seul acte décisif : elle est la seule créature de l'univers à refuser de pleurer le dieu Baldr, ce qui empêche son retour du royaume des morts. Ce qu'il faut retenir, c'est que son refus n'est pas un simple caprice : il scelle le destin du dieu le plus aimé et prépare le terrain pour le Ragnarök, la fin des dieux. La tradition rapporte qu'il s'agirait en réalité de Loki déguisé, le dieu trompeur, ce qui ajoute une dimension de ruse et de vengeance à l'épisode.

Faits marquants

  • Apparaît dans la Gylfaginning de l'Edda en prose, compilée par Snorri Sturluson vers 1220.
  • Refuse de pleurer Baldr alors que toute la création le fait, condamnant le dieu à rester chez Hel.
  • Prononce la formule selon laquelle « Þökk pleurera des larmes sèches », scellant le sort de Baldr.
  • Est traditionnellement interprétée comme une métamorphose de Loki, responsable de la mort de Baldr.
  • Son nom signifie « gratitude » ou « merci » en vieux norrois, par ironie.

Œuvres & réalisations

Le refus des larmes (récit mythique)

Acte central de Þökk : seule créature de l'univers à refuser de pleurer Baldr, elle scelle son maintien au royaume des morts.

Le poème des larmes sèches (vers 1220 (texte))

Strophe prononcée par Þökk où elle déclare ne verser que des larmes sèches, l'un des passages les plus glaçants de l'Edda.

L'échec de la résurrection de Baldr (récit mythique)

Par son seul refus, Þökk empêche le retour à la vie du dieu le plus aimé, conséquence irréversible pour les Ases.

La métamorphose de Loki en géante (récit mythique)

Selon le soupçon des Ases, Þökk est Loki déguisé : l'épisode illustre la maîtrise du dieu trompeur dans l'art du déguisement.

Apparition dans la Gylfaginning de Snorri Sturluson (vers 1220)

Le personnage est consigné dans l'Edda en prose, principale source qui a transmis son histoire jusqu'à nous.

Anecdotes

Quand le dieu Baldr meurt, la déesse Frigg obtient des Enfers une promesse : son fils reviendra à la vie si toute chose dans l'univers le pleure. Les Ases envoient alors des messagers dans le monde entier pour demander aux êtres et aux objets de verser des larmes.

Tout pleure Baldr — les hommes, les animaux, la terre, les pierres et même les arbres, comme le métal pleure quand on le sort du froid pour le réchauffer. Une seule créature refuse : la géante Þökk, assise dans une caverne.

Þökk répond par un poème glaçant : elle ne versera que des larmes sèches sur le bûcher de Baldr, car le fils d'Odin ne lui a jamais rien apporté de bon. À cause de ce refus unique, Baldr doit rester chez Hel, la déesse des morts.

Le texte de Snorri Sturluson conclut par un soupçon resté célèbre : « On pense que c'était Loki, fils de Laufey, qui avait causé le plus grand mal aux Ases. » Le dieu malicieux se serait déguisé en géante pour ruiner le retour de Baldr.

Son nom même, Þökk, signifie « remerciement » ou « gratitude » en vieux norrois — une ironie mordante pour un personnage qui refuse tout, et un indice de plus sur la nature trompeuse de Loki dissimulé sous ce masque.

Sources primaires

Edda de Snorri Sturluson, Gylfaginning (chapitre 49) (vers 1220)
Þökk pleurera de larmes sèches les funérailles de Baldr. Vivant ou mort, je n'ai eu nul bien du fils du vieux ; que Hel garde ce qu'elle tient.
Edda de Snorri Sturluson, Gylfaginning (vers 1220)
On pense que celle qui était là était Loki, fils de Laufey, qui avait causé le plus grand mal aux Ases.
Edda poétique, Völuspá (La prophétie de la voyante) (compilée XIIIe siècle, traditions plus anciennes)
Je vois le destin de Baldr, le dieu sanglant, fils d'Odin, voué à la mort ; debout, plus haut que la plaine, mince et très beau, croissait le gui.
Edda poétique, Baldrs draumar (Les songes de Baldr) (compilée XIIIe siècle)
Odin chevauche jusqu'au royaume de Hel pour interroger une voyante morte sur les rêves funestes qui tourmentent son fils Baldr.

Lieux clés

Caverne de Þökk (Jötunheim)

Antre où la géante est trouvée assise, refusant de pleurer Baldr. Situé dans le monde des géants, hors de la portée des Ases.

Helheim (royaume de Hel)

Monde souterrain des morts gouverné par la déesse Hel, où Baldr est retenu après sa mort. C'est là qu'il devrait rester faute des larmes de Þökk.

Asgard

Citadelle céleste des dieux Ases, plongée dans le deuil après la mort de Baldr. D'où partent les messagers qui rencontreront Þökk.

Breidablik

Demeure lumineuse de Baldr à Asgard, réputée la plus pure où nul mal ne peut entrer. Elle reste vide après sa mort.

Islande

Terre où les mythes nordiques furent fixés par écrit au XIIIe siècle, notamment l'épisode de Þökk dans l'Edda de Snorri.

Voir aussi