Anthropologue et navigateur norvégien, Thor Heyerdahl traversa le Pacifique en 1947 sur le radeau Kon-Tiki pour démontrer que des migrations préhistoriques depuis l'Amérique du Sud vers la Polynésie étaient possibles. Ses expéditions mêlaient aventure et recherche archéologique.
Thor Heyerdahl(1914 — 2002)
Thor Heyerdahl
Norvège
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Les frontières ? Je n'en ai jamais vu, mais j'ai entendu dire qu'elles existent dans l'esprit de certaines personnes.»
Faits marquants
- 1947 : traversée du Pacifique sur le radeau Kon-Tiki (8 000 km en 101 jours)
- 1950 : publication du livre Kon-Tiki, traduit dans 70 langues
- 1969-1970 : expéditions Ra I et Ra II sur des bateaux en papyrus pour traverser l'Atlantique
- 1977-1978 : expédition Tigris sur un bateau en roseaux dans l'océan Indien
- Fouilles archéologiques sur l'île de Pâques (1955-1956)
Œuvres & réalisations
Récit de l'expédition de 1947, traduit en plus de 70 langues et vendu à des millions d'exemplaires dans le monde entier. Ce livre rendit Heyerdahl célèbre et suscita un débat mondial sur le peuplement précolombien du Pacifique.
Documentaire réalisé à partir des images filmées directement pendant l'expédition, récompensé par l'Oscar du meilleur film documentaire en 1952. Il contribua à diffuser massivement les théories de Heyerdahl auprès du grand public international.
Récit de l'expédition archéologique à l'île de Pâques, mêlant rigueur scientifique et narration aventureuse. Heyerdahl y décrit comment les moaï pouvaient être érigés et restitue les traditions orales confiées par les habitants.
Récit des expéditions Ra I et Ra II, explorant la possibilité de contacts transatlantiques entre l'Égypte ancienne et les civilisations américaines précolonbiennes par la navigation sur des embarcations de papyrus.
Relation de la traversée depuis la Mésopotamie sur un bateau de roseaux ; Heyerdahl y documente les routes commerciales de l'Antiquité et y exprime sa protestation contre les conflits armés contemporains dans la région.
Résultat de recherches archéologiques sur les îles Maldives, où Heyerdahl découvrit des vestiges de civilisations antérieures à l'islam présentant des similitudes stylistiques avec des cultures d'Asie du Sud-Est et d'Amérique.
Anecdotes
En 1947, Thor Heyerdahl construisit un radeau de bois de balsa qu'il nomma Kon-Tiki, d'après une divinité inca du soleil. Accompagné de cinq compagnons, il quitta le port de Callao au Pérou et dériva pendant 101 jours sur le courant de Humboldt avant d'atteindre l'atoll de Raroia en Polynésie française, parcourant ainsi près de 6 900 kilomètres. Il voulait prouver que les anciens Péruviens auraient pu peupler le Pacifique bien avant l'arrivée des Européens.
Avant d'entreprendre la traversée du Pacifique, Heyerdahl avait vécu avec sa femme Liv aux îles Marquises dès 1937 pour étudier sur place les populations polynésiennes. C'est là qu'il remarqua des similitudes troublantes entre les cultures polynésiennes et sud-américaines — dans les statues, les plantes cultivées comme la patate douce, et les légendes locales. Cette expérience fondatrice le convainquit que des migrations préhistoriques avaient eu lieu bien avant Christophe Colomb.
En 1969, Heyerdahl construisit le Ra, un bateau en papyrus inspiré des fresques égyptiennes antiques, pour tenter de traverser l'Atlantique depuis le Maroc. Le Ra I prit l'eau et dut être abandonné à quelques centaines de kilomètres des Caraïbes. Loin de se décourager, il construisit le Ra II l'année suivante avec des artisans boliviens du lac Titicaca, et traversa l'Atlantique en 57 jours jusqu'à la Barbade, prouvant que d'anciens marins auraient pu relier les deux continents par la mer.
Le film documentaire sur l'expédition Kon-Tiki, réalisé à partir des images tournées à bord même du radeau, remporta l'Oscar du meilleur film documentaire en 1952. Le livre de Heyerdahl racontant l'aventure devint un best-seller mondial, traduit en plus de 70 langues. La popularité de l'œuvre suscita autant d'admiration dans le grand public que de controverses dans le monde académique, où de nombreux linguistes et archéologues contestaient sa théorie du peuplement du Pacifique.
Lors de l'expédition Tigris en 1977, Heyerdahl construisit un bateau de roseaux pour relier la Mésopotamie (Irak) à la mer Rouge, démontrant les possibilités de navigation antique entre ces grandes civilisations. Indigné par les conflits armés qui empêchèrent l'accostage sur les côtes de la Corne de l'Afrique, il décida de brûler délibérément son embarcation le 3 avril 1978 en signe de protestation contre la guerre, envoyant une lettre ouverte au secrétaire général des Nations Unies.
Sources primaires
Nous étions six hommes sur un radeau en bois de balsa et nous dérivions à travers le plus grand océan du monde. Les étoiles au-dessus de nous et les courants sous nous étaient les mêmes qui avaient guidé les navigateurs préhistoriques des côtes péruviennes.
Les statues de l'île de Pâques ne sont pas sorties de terre par magie. Elles ont été taillées, transportées et dressées par des hommes dont nous avons retrouvé les descendants, et ces hommes nous ont confié une partie de leurs secrets ancestraux.
Des marins égyptiens auraient pu traverser l'Atlantique sur des bateaux de papyrus bien avant Christophe Colomb. Notre expédition avait pour but de prouver que cela était techniquement possible, non d'affirmer avec certitude que cela s'était produit.
Nous brûlons le Tigris en protestation contre les guerres qui font rage sur les côtes de la péninsule arabique et dans la Corne de l'Afrique. Nous le faisons en paix, avec l'espoir que les gouvernants du monde retrouveront la raison avant qu'il ne soit trop tard.
Une analyse des plantes cultivées communes aux deux régions, notamment Ipomoea batatas (la patate douce), dont le nom polynésien kumara correspond au terme quechua kumar utilisé en Amérique du Sud, suggère des contacts précolombiens entre ces deux aires culturelles.
Lieux clés
Ville natale de Thor Heyerdahl, où il naquit en 1914. Larvik abrite aujourd'hui un mémorial dédié à l'explorateur, et le musée Kon-Tiki d'Oslo perpétue son héritage scientifique.
Port depuis lequel Heyerdahl et ses cinq compagnons appareillèrent le 28 avril 1947 à bord du radeau Kon-Tiki, au départ de leur traversée légendaire du Pacifique.
Point d'arrivée de l'expédition Kon-Tiki le 7 août 1947, après 101 jours de dérive depuis le Pérou sur l'océan Pacifique, confirmant la faisabilité de la traversée préhistorique imaginée par Heyerdahl.
Heyerdahl y mena des fouilles archéologiques en 1955-1956, étudiant les célèbres statues moaï et cherchant des preuves d'une origine sud-américaine pour les premiers habitants de l'île.
Port de départ de l'expédition Ra II en 1970 ; Heyerdahl et son équipe internationale y embarquèrent à bord du bateau de papyrus pour entreprendre la traversée réussie de l'Atlantique vers les Caraïbes.
Village de Ligurie où Heyerdahl avait établi sa résidence principale en Europe à partir des années 1950 et où il mourut paisiblement le 18 avril 2002.
Objets typiques

Construit selon les techniques ancestrales des Indiens Tiwanaku du Pérou, le radeau mesurait 13,7 mètres et était assemblé sans clous ni vis. Il est aujourd'hui exposé au musée Kon-Tiki à Oslo, en Norvège.

Construit par des artisans boliviens du lac Titicaca selon les méthodes représentées dans les fresques de l'Égypte ancienne, le Ra II permit à Heyerdahl de démontrer la faisabilité d'une traversée de l'Atlantique à l'aide de matériaux naturels antiques.

Heyerdahl emportait des instruments de navigation modernes mais observait aussi les étoiles, les courants et les vents, comme les navigateurs antiques qu'il cherchait à imiter et à comprendre.

Heyerdahl documentait systématiquement chaque expédition par des photographies et des films. Les images tournées à bord du Kon-Tiki servirent à monter le documentaire récompensé aux Oscars.

Heyerdahl consignait chaque jour les observations scientifiques, météorologiques et humaines de ses expéditions. Ces carnets constituaient la base de ses livres à succès et de ses articles publiés dans des revues scientifiques.

Seul lien avec la civilisation durant des semaines en mer, la radio permettait à Heyerdahl d'envoyer des rapports quotidiens à la presse mondiale et de recevoir des bulletins météo essentiels à la navigation.

Lors de ses expéditions terrestres à l'île de Pâques, aux Maldives ou aux Canaries, Heyerdahl utilisait les outils classiques de l'archéologue — pinceaux, truelles, mètres — pour fouiller soigneusement les vestiges et en prélever des échantillons.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Lors de ses traversées en mer, Heyerdahl se levait aux premières lueurs du jour pour observer la direction du vent et l'état des courants. Il notait les coordonnées dans le journal de bord, prenait des mesures de la vitesse de dérive et répartissait les quarts de veille entre les membres de l'équipage.
Après-midi
L'après-midi, sur le radeau ou à bord du bateau de papyrus, l'équipe pêchait pour compléter les vivres, effectuait les réparations nécessaires à la structure et observait la faune marine environnante. Heyerdahl rédigeait ses notes scientifiques et enregistrait sur pellicule les phénomènes naturels et les événements marquants de la journée.
Soir
Le soir, l'équipage se rassemblait pour le repas commun et des discussions animées sur les théories anthropologiques, les mythes polynésiens ou les récits d'exploration. Heyerdahl transmettait un rapport radio aux journaux et aux institutions qui suivaient l'expédition, puis observait le ciel étoilé pour la navigation nocturne.
Alimentation
En mer, l'équipe se nourrissait de poissons frais pêchés chaque jour (thon, bonite), de vivres secs embarqués au départ et de plancton ramassé dans des filets traînés derrière le radeau. Heyerdahl nota dans son journal que le plancton, riche en protéines, pourrait constituer une précieuse ressource alimentaire pour l'avenir de l'humanité.
Vêtements
À bord, Heyerdahl portait des tenues légères adaptées à la chaleur tropicale : short, chemise à manches courtes et chapeau à large bord pour se protéger du soleil intense. Lors de ses expéditions archéologiques terrestres, il adoptait la tenue de l'explorateur-chercheur de l'époque : pantalon de toile robuste, chemise à manches longues et chaussures de marche.
Habitat
Pendant les traversées maritimes, Heyerdahl et ses compagnons dormaient dans une petite cabane en bambou et feuilles de bananier construite sur le radeau, protégée par des toiles imperméables. À terre, lors de ses recherches de terrain — en Polynésie, à l'île de Pâques ou aux Maldives — il vivait souvent chez les habitants locaux ou sous la tente, cherchant à s'immerger dans le mode de vie des populations qu'il étudiait.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Kon-Tiki : à travers le Pacifique sur un radeau
1948
Aku-Aku : le secret de l'île de Pâques
1957
L'Expédition Ra
1970
L'Expédition Tigris
1979
Les Maldives : un mystère
1986






