Turenne(1611 — 1675)
Henri de La Tour d'Auvergne
France
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Turenne fut l'un des plus grands chefs de guerre français du XVIIe siècle. Maréchal général sous Louis XIV, il s'illustra pendant la guerre de Trente Ans et les campagnes de Hollande, où il mourut frappé par un boulet à Sasbach en 1675.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1611 à Sedan dans une famille protestante, fils du duc de Bouillon
- Nommé maréchal de France en 1643 après ses victoires durant la guerre de Trente Ans
- Acteur ambigu de la Fronde (1648-1653), d'abord contre puis au service du roi
- Reçoit la dignité exceptionnelle de maréchal général des camps et armées du roi en 1660
- Tué par un boulet de canon à Sasbach le 27 juillet 1675 lors de la guerre de Hollande
Œuvres & réalisations
Durant la Fronde, Turenne défait Condé aux portes de Paris et sauve l'autorité du jeune Louis XIV, scellant sa fidélité à la couronne.
Victoire décisive contre l'Espagne près de Dunkerque, qui hâta la signature de la paix des Pyrénées en 1659.
Chef-d'œuvre de la guerre de mouvement : par une marche surprise en plein hiver, Turenne rejette les Impériaux au-delà du Rhin et délivre l'Alsace.
Turenne perfectionne la manœuvre, la coordination infanterie-cavalerie-artillerie et la guerre de position ; ses campagnes furent étudiées par les grands stratèges, dont Napoléon.
Récit de ses campagnes laissé par Turenne, précieux témoignage sur l'art de la guerre et la stratégie de son temps.
Titre exceptionnel créé pour lui, le plaçant au sommet de la hiérarchie militaire française, au-dessus des autres maréchaux.
Anecdotes
Turenne était réputé pour son calme légendaire au combat. On raconte qu'avant une bataille, sentant son corps trembler de peur, il se serait apostrophé lui-même : « Tu trembles, carcasse, mais tu tremblerais bien davantage si tu savais où je vais te mener ! » Cette phrase est restée célèbre comme l'image du courage qui maîtrise la peur.
Né protestant, élevé dans la foi calviniste de sa famille, Turenne se convertit au catholicisme en 1668, à 57 ans, après de longues réflexions et l'influence de Bossuet. Sa conversion fit grand bruit à la cour de Louis XIV, car il était l'un des plus illustres protestants du royaume.
Turenne fut tué le 27 juillet 1675 à Sasbach, frappé par un boulet de canon alors qu'il observait l'ennemi avant la bataille. Sa mort provoqua une stupeur immense dans l'armée et dans tout le royaume ; on dit que ses soldats pleurèrent et que Louis XIV ordonna un deuil exceptionnel.
Honneur insigne, Louis XIV fit inhumer Turenne dans la basilique de Saint-Denis, nécropole des rois de France — privilège rarissime pour un homme qui n'était pas de sang royal. Plus tard, Napoléon fit transférer son tombeau aux Invalides, le plaçant ainsi parmi les grandes gloires militaires de la nation.
Adolescent, le jeune Henri, de santé fragile et bègue, voulait prouver sa résistance. La légende rapporte qu'il passa une nuit entière endormi sur l'affût d'un canon des remparts pour démontrer son endurance, présage de la vie rude de soldat qu'il allait mener.
Sources primaires
Le dessein que j'avais était de passer le Rhin et d'attaquer l'ennemi dans ses quartiers, afin de le contraindre à se retirer de l'Alsace.
Il n'y a plus que le tombeau de Turenne et la gloire. Ce grand homme, dont la modestie égalait la valeur, est tombé au milieu de ses triomphes.
Monsieur de Turenne a été tué ce matin... Toute l'armée pleure ; voilà ce que je sais, et l'extrême affliction où nous sommes tous.
Turenne était de tous les capitaines celui qui se ménageait le moins et qui exposait sa personne avec le plus de tranquillité.
Lieux clés
Principauté protestante où naquit Turenne en 1611, fief de la puissante famille de La Tour d'Auvergne.
Village d'Allemagne, sur la rive droite du Rhin, où Turenne fut tué par un boulet le 27 juillet 1675. Un monument y rappelle sa mort.
Lieu de la victoire décisive de janvier 1675 qui, au terme d'une audacieuse campagne d'hiver, libéra l'Alsace des Impériaux.
Site de la bataille des Dunes en 1658, victoire franco-anglaise sur l'Espagne qui ouvrit la route de la paix des Pyrénées.
Nécropole des rois de France où Louis XIV fit inhumer Turenne, honneur exceptionnel pour un sujet non royal.
Lieu où Napoléon fit transférer le tombeau de Turenne, le plaçant parmi les grandes gloires militaires de la France.





