Danseur et chorégraphe russe d'origine polonaise, figure majeure des Ballets russes de Serge de Diaghilev. Sa virtuosité technique et ses chorégraphies révolutionnaires (Le Sacre du printemps) ont profondément renouvelé la danse au début du XXe siècle.
Vaslav Nijinski(1889 — 1950)
Vaslav Nijinsky
Pologne, Union soviétique, Empire russe
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1889 à Kiev dans une famille de danseurs polonais, formé à l'École impériale de ballet de Saint-Pétersbourg
- Devient danseur étoile des Ballets russes de Diaghilev à partir de 1909 à Paris
- Crée la chorégraphie scandaleuse de L'Après-midi d'un faune en 1912 sur une musique de Debussy
- Chorégraphie Le Sacre du printemps de Stravinsky en 1913, dont la première provoque un célèbre scandale au Théâtre des Champs-Élysées
- Sa carrière s'interrompt vers 1919 en raison de troubles psychiques (schizophrénie) ; il meurt à Londres en 1950
Œuvres & réalisations
Rôle qui rend célèbre son saut final par la fenêtre, devenu légendaire. Il incarne l'apparition d'un rêve dans la chambre d'une jeune fille.
Il interprète un pantin de foire doté d'une âme, démontrant son génie d'acteur autant que de danseur.
Sa première chorégraphie, aux poses inspirées des bas-reliefs grecs ; elle provoque un scandale et annonce la danse moderne.
Chorégraphie révolutionnaire sur la musique de Stravinsky, rompant avec toute la tradition classique ; émeute à la première.
Ballet sur une musique de Debussy évoquant une partie de tennis, l'un des premiers ballets au thème contemporain.
Dernière chorégraphie de Nijinsky, créée lors de la tournée américaine des Ballets russes.
Journal intime rédigé au seuil de la maladie, témoignage exceptionnel sur l'esprit d'un artiste génial.
Anecdotes
En 1912, lorsque Nijinsky chorégraphie et danse 'L'Après-midi d'un faune', sa gestuelle anguleuse et un geste final jugé trop suggestif provoquent un scandale à Paris. Le journal Le Figaro refuse d'en publier la critique, tandis que le sculpteur Auguste Rodin prend publiquement sa défense.
Le 29 mai 1913, la première du 'Sacre du printemps' au Théâtre des Champs-Élysées déclenche une véritable émeute dans la salle. Sifflets, cris et bagarres couvrent l'orchestre au point que Nijinsky, dans les coulisses, doit crier les temps aux danseurs pour qu'ils gardent le rythme.
On surnommait Nijinsky 'le dieu de la danse' à cause de ses sauts spectaculaires. La légende veut qu'il semblait rester suspendu en l'air, un effet dû à sa technique et à la puissance exceptionnelle de ses cuisses et de ses mollets.
En 1913, lors d'une tournée en Amérique du Sud, Nijinsky épouse la danseuse hongroise Romola de Pulszky. Furieux, son protecteur et directeur des Ballets russes, Serge de Diaghilev, le renvoie aussitôt de la compagnie.
Atteint de schizophrénie, Nijinsky cesse de danser en public dès 1919, à seulement trente ans. Il passera la dernière moitié de sa vie en institutions et cliniques, laissant un journal intime bouleversant rédigé au seuil de la maladie.
Sources primaires
Je suis Dieu, je suis Dieu, je suis Dieu. Je veux dire que je suis l'amour. J'ai écrit ces cahiers pour que les gens comprennent ce que c'est que le sentiment.
Nous avons eu un faune incongru, aux mouvements de bête érotique, aux gestes de lourde impudeur. Le public a hué.
Vaslav semblait défier la pesanteur. Quand il sautait, il restait en l'air un instant de plus que tout autre danseur, comme suspendu.
Nijinsky franchissait la rampe et apparaissait au public comme un être surnaturel. Il avait la grâce du fauve et la puissance d'un athlète.
Lieux clés
Ville où naît Nijinsky en 1889, au sein d'une famille de danseurs polonais itinérants.
Institution prestigieuse où Nijinsky est formé puis devient soliste du théâtre Mariinski.
Salle où éclate l'émeute du 'Sacre du printemps' le 29 mai 1913, l'un des scandales artistiques les plus célèbres du XXe siècle.
Station des Alpes où Nijinsky donne sa dernière danse en public en 1919 et rédige ses 'Cahiers'.
Ville où Nijinsky meurt en 1950 après de longues années de maladie.
Lieu où ses cendres sont transférées en 1953 ; sa tombe est surmontée d'une statue le représentant en Petrouchka.
Objets typiques

Souliers souples en cuir et toile permettant au danseur de glisser et de sauter en silence. Outil de base du travail quotidien de Nijinsky.

Justaucorps moulant à taches imprimées, complété de cornes et d'une queue, dessiné par Léon Bakst pour 'L'Après-midi d'un faune'. Il transformait le corps du danseur en créature antique.

Toiles peintes et étoffes aux couleurs orientales éclatantes qui faisaient la signature visuelle des Ballets russes. Ils plongeaient le public dans des univers exotiques et oniriques.

Œuvre musicale d'Igor Stravinsky aux rythmes martelés et dissonants, qui servait de base à la chorégraphie révolutionnaire de Nijinsky. Sa modernité brutale heurta le public de 1913.

Carnets manuscrits rédigés en 1919 où Nijinsky note ses pensées à l'aube de la maladie. Document bouleversant sur l'art, Dieu et la guerre.

Nijinsky chercha à inventer un système d'écriture pour fixer les mouvements de danse sur le papier, comme une partition de musique. Il y consacra beaucoup d'efforts pour conserver ses chorégraphies.
Programmes scolaires
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Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
La matinée de Nijinsky commençait par la 'classe' quotidienne : des exercices répétés à la barre pour assouplir et renforcer le corps. Aucun danseur, même une étoile, ne pouvait s'en dispenser sans perdre sa forme.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux répétitions avec la compagnie des Ballets russes. Quand il chorégraphiait 'Le Sacre du printemps', il imposait des centaines de répétitions, exigeant des danseurs des mouvements totalement nouveaux et épuisants.
Soir
Le soir avait lieu la représentation devant un public élégant et international. Après le spectacle, Diaghilev et ses artistes fréquentaient les salons et soupers parisiens où se mêlaient peintres, musiciens et écrivains.
Alimentation
En tournée, les danseurs mangeaient simplement et avec mesure pour rester légers. Nijinsky, concentré sur son art, prêtait peu d'attention à la nourriture et vivait souvent sous l'aile attentive de Diaghilev.
Vêtements
À la ville, Nijinsky portait les costumes élégants de la Belle Époque : costume trois-pièces, chapeau et manteau. En scène, il revêtait les costumes flamboyants et orientaux dessinés par Léon Bakst.
Habitat
Sans domicile fixe pendant les années des Ballets russes, il vivait dans les hôtels au gré des tournées européennes. Après son mariage, il s'installa un temps en Hongrie puis dans une villa à Saint-Moritz en Suisse.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Le Spectre de la rose
1911
Petrouchka
1911
L'Après-midi d'un faune
1912
Le Sacre du printemps
1913
Till Eulenspiegel
1916






