Vera Menchik(1906 — 1944)

Vera Menchik

Royaume-Uni, Tchécoslovaquie

6 min de lecture

SportXXe sièclePremière moitié du XXe siècle, entre les deux guerres mondiales, époque de structuration des compétitions internationales d'échecs

Vera Menchik fut une joueuse d'échecs russo-britannique d'origine tchèque, première championne du monde féminine d'échecs. Elle domina la compétition féminine de 1927 jusqu'à sa mort en 1944.

Questions fréquentes

Vera Menchik fut la première championne du monde féminine d'échecs, un titre qu'elle remporta en 1927 et conserva sans interruption jusqu'à sa mort en 1944. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle ne s'est pas contentée de dominer le jeu féminin : elle a aussi affronté et battu des maîtres masculins de premier plan, comme le futur champion du monde Max Euwe, à une époque où l'idée même qu'une femme puisse rivaliser au plus haut niveau était jugée impensable. Son parcours a ouvert la voie à la reconnaissance des joueuses dans les compétitions internationales.

Faits marquants

  • Née en 1906 à Moscou, dans l'Empire russe
  • Remporte le premier championnat du monde féminin d'échecs en 1927 à Londres
  • Conserve son titre mondial sans interruption de 1927 à 1944 (sept fois championne)
  • Affronte et bat plusieurs grands maîtres masculins de son temps
  • Meurt en 1944 à Londres lors d'un bombardement allemand (bombe V1)

Œuvres & réalisations

Titre de première championne du monde féminine (1927)

En remportant le tournoi de Londres, elle devint la première détentrice officielle du titre mondial féminin d'échecs.

Défenses successives du titre mondial (1930-1939)

Elle conserva son titre lors de six championnats du monde féminins consécutifs, restant invaincue dans cette compétition.

Victoire sur Max Euwe (1930)

Elle battit le maître néerlandais, futur champion du monde, démontrant sa capacité à rivaliser avec l'élite masculine.

Participation aux grands tournois internationaux masculins (1929-1930)

Sa présence à des tournois comme Carlsbad ouvrit la voie aux joueuses dans des compétitions jusque-là réservées aux hommes.

Le « Menchik Club » (1929)

Devenue une légende des échecs, la liste des maîtres vaincus par elle symbolisa la reconnaissance de son niveau exceptionnel.

Activité de pédagogue et chroniqueuse d'échecs (années 1930-1940)

Installée en Angleterre, elle enseigna les échecs et contribua à la vie échiquéenne britannique par ses analyses et démonstrations.

Anecdotes

En 1929, le maître autrichien Albert Becker tourna en dérision la participation de Vera Menchik à un tournoi masculin en proposant la création d'un « club Menchik » : tout joueur battu par elle en deviendrait membre. L'ironie se retourna contre lui car il fut l'un des premiers à perdre face à elle, devenant ainsi le premier membre de son propre club moqueur.

Vera Menchik remporta le tout premier championnat du monde féminin d'échecs à Londres en 1927, et resta invaincue dans ce titre pendant dix-sept ans : elle le défendit victorieusement à six reprises sans jamais le perdre, le conservant jusqu'à sa mort.

Plusieurs grands maîtres masculins firent les frais du talent de Menchik. Elle battit notamment Max Euwe, futur champion du monde, ainsi que d'autres joueurs de premier plan comme Samuel Reshevsky, prouvant qu'une femme pouvait rivaliser au plus haut niveau à une époque où c'était jugé impensable.

Née à Moscou d'un père tchèque et d'une mère anglaise, Vera apprit les échecs à neuf ans. Après la révolution russe, sa famille s'installa en Angleterre en 1921, où elle perfectionna son jeu sous la direction du maître hongrois Géza Maróczy, à Hastings, haut lieu des échecs britanniques.

Vera Menchik mourut tragiquement le 26 juin 1944 à Londres, avec sa mère et sa sœur, lorsqu'une bombe volante allemande V1 s'abattit sur leur maison de Clapham. Le titre de championne du monde féminine resta vacant jusqu'en 1950, tant son emprise sur les échecs féminins avait été totale.

Sources primaires

British Chess Magazine — compte-rendu du championnat du monde féminin de Londres (1927)
Miss Vera Menchik a remporté le premier championnat du monde féminin avec un score écrasant, ne concédant pratiquement aucun point à ses rivales.
Reportage sur le tournoi de Carlsbad et le « Menchik Club » (1929)
Le mot d'esprit destiné à ridiculiser sa présence devint le symbole de sa force : nombre de maîtres réputés rejoignirent malgré eux les rangs des vaincus de Mademoiselle Menchik.
Chronique nécrologique, British Chess Magazine (1944)
La mort de Vera Menchik, tuée par une bombe volante, prive le monde des échecs de sa championne incontestée, qui domina le jeu féminin durant près de deux décennies.

Lieux clés

Moscou

Ville natale de Vera Menchik, où elle naquit en 1906 et apprit les échecs vers l'âge de neuf ans.

Hastings

Station balnéaire anglaise, haut lieu des échecs britanniques, où sa famille s'installa en 1921 et où elle se forma auprès de Géza Maróczy.

Londres

Capitale britannique où elle remporta le premier championnat du monde féminin en 1927 et où elle trouva la mort en 1944.

Clapham, Londres

Quartier du sud de Londres où se trouvait sa maison, détruite par une bombe volante V1 le 26 juin 1944.

Buenos Aires

Ville argentine où elle défendit son titre mondial féminin lors du championnat de 1939, à la veille de la Seconde Guerre mondiale.

Stockholm

Capitale suédoise où elle conserva son titre mondial féminin lors du championnat organisé en marge de l'Olympiade d'échecs de 1937.

Voir aussi