Navigateur et explorateur danois au service de la Russie impériale, Vitus Béring dirigea deux grandes expéditions vers l'Extrême-Orient russe. Il explora les côtes de la Sibérie, de l'Alaska et donna son nom au détroit séparant l'Asie de l'Amérique.
Vitus Bering(1681 — 1741)
Vitus Béring
Empire russe, Royaume de Danemark
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Questions fréquentes
Faits marquants
- 1681 : naissance au Danemark
- 1725-1730 : première expédition du Kamtchatka commandée par Pierre le Grand
- 1728 : franchit le détroit qui portera son nom, séparant l'Asie de l'Amérique
- 1741 : atteint les côtes de l'Alaska lors de la Grande Expédition du Nord
- 1741 : meurt sur l'île qui porte son nom lors du voyage de retour
Œuvres & réalisations
Béring traversa toute la Sibérie par voie terrestre et fluviale, construisit un navire sur place et explora les côtes du Kamtchatka avant de franchir le détroit séparant l'Asie de l'Amérique. Cette expédition produisit les premières cartes précises de l'Extrême-Orient russe.
À son retour, Béring remit à l'Amirauté un rapport détaillé accompagné de cartes corrigeant les représentations erronées des côtes sibériennes et kamtchadales. Ces documents convainquirent les autorités de financer une deuxième expédition encore plus ambitieuse.
Béring fonda ce port stratégique sur la côte est du Kamtchatka comme base logistique de son expédition vers l'Amérique. La ville est aujourd'hui le chef-lieu du territoire du Kamtchatka et conserve le souvenir de l'explorateur.
Entreprise scientifique d'une ampleur inédite au XVIIIe siècle, réunissant savants, marins et militaires pour cartographier les côtes arctiques sibériennes et explorer le Pacifique Nord jusqu'en Alaska. Ses résultats géographiques et naturalistes furent publiés pendant plusieurs décennies après l'expédition.
Béring fut le premier navigateur européen à documenter et cartographier la côte sud de l'Alaska depuis la mer. Cette découverte ouvrit directement la voie à la colonisation russe de l'Amérique du Nord et à la lucrative traite des fourrures dans le Pacifique Nord.
Anecdotes
Né danois, Vitus Béring rejoignit la marine impériale russe en 1703, attiré par les opportunités offertes par Pierre le Grand qui recrutait activement des officiers de marine expérimentés en Europe occidentale. Il gravit les échelons jusqu'au grade de capitaine-commandant, une ascension remarquable pour un étranger au sein d'une institution aussi jalousement gardée que la marine tsariste.
Lors de sa première expédition vers le Kamtchatka (1725-1730), Béring franchit le détroit séparant l'Asie de l'Amérique le 13 août 1728, mais un épais brouillard l'empêcha d'apercevoir les côtes d'Alaska. Il rentra à Saint-Pétersbourg sans pouvoir certifier avec certitude si les deux continents étaient reliés ou séparés, laissant la question géographique partiellement ouverte aux yeux de l'Amirauté.
Le 16 juillet 1741, lors de sa deuxième expédition, Béring aperçut enfin les sommets enneigés de l'Alaska — notamment le mont Saint-Élie — après des mois de navigation périlleuse dans le Pacifique Nord. Son naturaliste Georg Wilhelm Steller débarqua sur l'île Kayak le 20 juillet, mais ne disposa que de dix heures pour observer la faune et la flore locales, ce qui rendit le scientifique furieux tant les découvertes étaient prometteuses.
Sur le chemin du retour en 1741, le navire de Béring, le Saint-Pierre, fut battu par des tempêtes violentes et s'échoua sur une île déserte du Pacifique Nord que ses hommes baptisèrent île Béring. Épuisé, rongé par le scorbut et les engelures, Vitus Béring y mourut le 8 décembre 1741. Sa tombe fut retrouvée et son identité confirmée formellement par des archéologues danois et russes lors de fouilles menées en 1991.
La Grande Expédition du Nord organisée par Béring reste l'une des plus vastes entreprises scientifiques du XVIIIe siècle : elle mobilisa plusieurs milliers d'hommes sur dix ans (1733-1743), cartographia des milliers de kilomètres de côtes arctiques, et permit la description de la vache de mer de Steller, un mammifère marin gigantesque découvert sur l'île Béring et malheureusement chassé jusqu'à l'extinction dès 1768.
Sources primaires
1. Il faut construire sur le Kamtchatka ou ailleurs un ou deux bateaux pontés. 2. Sur ces bateaux, il faut longer la côte qui court vers le nord et qui semble être — on ne le sait pas exactement — la côte de l'Amérique. 3. Il faut chercher où elle rejoint l'Amérique et se rendre dans une ville appartenant à une puissance européenne.
Nous avons navigué le long de la côte s'étendant vers le nord-est ; d'après nos observations et le cap de la côte, nous avons conclu que nous nous trouvions bien face à un détroit séparant l'Asie de l'Amérique, sans que les deux continents se rejoignent dans cette direction.
Sur cette île où nous avons hiverné, nous avons découvert un mammifère marin d'une taille prodigieuse, jamais décrit par les savants d'Europe, se nourrissant paisiblement d'algues dans les eaux côtières. Ces animaux, sans crainte des hommes, se laissaient approcher et témoignaient d'une nature vierge de tout contact humain.
Notre capitaine commandant, épuisé par le scorbut, ne pouvait plus quitter sa cabine ni se tenir debout sur le pont. Il conservait néanmoins toute sa lucidité et faisait passer ses ordres avec calme, sachant que ses forces l'abandonnaient progressivement sur cette île solitaire et glacée.
Ce jour, 16 juillet 1741, par une éclaircie, nous avons distingué à l'horizon une haute montagne couverte de neige que nous avons nommée mont Saint-Élie. Nous avons ainsi la certitude qu'il existe une terre à l'est que l'on peut tenir pour l'Amérique septentrionale.
Lieux clés
Ville natale de Vitus Béring, où il naquit en 1681. Un musée et un monument lui sont aujourd'hui dédiés dans cette ville portuaire du Jutland central.
Capitale impériale d'où Béring organisa ses deux grandes expéditions et où il rendit compte de ses voyages à l'Amirauté russe. Il y résida entre les expéditions et y obtint ses lettres de mission.
Passage maritime de 82 km de large entre la Sibérie et l'Alaska que Béring franchit le 13 août 1728 lors de sa première expédition. Ce détroit porte son nom bien que Semyon Dezhnyov l'ait traversé le premier en 1648.
Port fondé par Béring lui-même en 1740 comme base de départ de sa deuxième expédition vers l'Alaska. La ville porte son nom et celui de l'apôtre Paul en hommage à ses deux navires, le Saint-Pierre et le Saint-Paul.
Première terre alaskienne sur laquelle débarqua l'équipe de Béring le 20 juillet 1741. Le naturaliste Georg Wilhelm Steller y effectua en dix heures une description scientifique pionnière de la faune et de la flore locales.
Île isolée du Pacifique Nord où le Saint-Pierre s'échoua en novembre 1741. Béring y mourut le 8 décembre 1741 du scorbut et des rigueurs de l'hiver arctique ; sa tombe fut identifiée lors de fouilles archéologiques en 1991.
Objets typiques

Instrument de navigation permettant de mesurer la hauteur des astres pour déterminer la latitude en mer. Béring et ses officiers l'utilisaient quotidiennement pour calculer leur position lors des longues traversées du Pacifique Nord.

Les cartographes de l'expédition dressaient des relevés côtiers au fur et à mesure de la progression des navires. Ces cartes constituaient la principale production scientifique des expéditions, corrigeant les nombreuses erreurs des représentations européennes de l'époque.

Registre tenu quotidiennement consignant la route, les conditions météorologiques, les observations côtières et les incidents. Les journaux de l'expédition de Béring sont conservés aux Archives de la marine russe à Saint-Pétersbourg.

Instrument indispensable pour maintenir le cap par mauvais temps et dans le brouillard dense du Pacifique Nord. Dans les hautes latitudes, la déclinaison magnétique rendait son usage délicat et nécessitait des corrections constantes.

Les bricks de Béring — le Saint-Pierre et le Saint-Paul — étaient armés de canons légers utilisés pour signaler leur position par salves dans le brouillard. Des tirs de canon furent tirés pour tenter de reprendre contact entre les deux navires après leur séparation dans la tempête de 1741.

Le scorbut causé par la carence en vitamine C ravageait les équipages lors des longues traversées sans fruits ni légumes frais. Malgré les précautions prises, la maladie frappa durement l'équipage de Béring lors de son dernier voyage et causa directement sa mort.
Programmes scolaires
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Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
À bord du Saint-Pierre, Béring se levait à l'aube pour inspecter le navire et recevoir le rapport du quart de nuit. Il consultait les instruments de navigation — sextant, boussole, loch — pour calculer la position du vaisseau et tracer la route de la journée sur la carte. Sa santé déclinante lors du dernier voyage l'obligeait souvent à diriger depuis sa cabine.
Après-midi
Les après-midis étaient consacrés aux observations scientifiques et à la gestion de l'équipage. Les officiers prenaient les mesures de latitude et de longitude, tandis que Béring supervisait l'entretien du navire et rédigeait les ordres du jour. Lors des escales en terre inconnue, il organisait les reconnaissances côtières et les prises d'eau douce.
Soir
Le soir, Béring tenait le journal de bord et rédigeait ses rapports destinés à l'Amirauté. Il conférait avec ses officiers principaux — notamment son second Sven Waxell et le naturaliste Steller — pour planifier les opérations du lendemain. À bord, les officiers partageaient un repas simple servi dans la cabine du capitaine.
Alimentation
L'alimentation à bord consistait principalement en biscuits de mer, salaisons de viande ou de poisson, fèves et choucroute pour prévenir le scorbut. Lors des escales, l'équipage chassait ou pêchait pour améliorer l'ordinaire. Sur l'île Béring, les survivants se nourrirent de loutres de mer et de vaches marines de Steller pour survivre à l'hiver rigoureux.
Vêtements
Béring portait l'uniforme de capitaine-commandant de la marine impériale russe : habit bleu marine à boutons dorés et tricorne lors des occasions officielles. En mer et dans les régions hostiles de Sibérie, il revêtait des vêtements en laine épaisse et en fourrure, indispensables dans les latitudes arctiques et subarctiques.
Habitat
Lors de ses séjours à Saint-Pétersbourg, Béring habitait un logement d'officier supérieur fourni par la marine. Durant les années de traversée de la Sibérie, il logea dans des isbas misérables ou sous la tente dans des conditions très rudes. À bord du Saint-Pierre, il disposait d'une cabine de capitaine à la poupe, relativement spacieuse mais inconfortable lors des tempêtes du Pacifique.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Première expédition au Kamtchatka
1725-1730
Rapport et cartes soumis à l'Amirauté russe
1730
Fondation de Petropavlovsk-Kamtchatski
1740
Grande Expédition du Nord (deuxième expédition de Kamtchatka)
1733-1742
Exploration et cartographie de la côte alaskienne
1741






