Wace est un poète et clerc anglo-normand du XIIe siècle, originaire de Jersey. Il est l'auteur du Roman de Brut, qui adapte en langue romane l'histoire légendaire des rois de Bretagne et introduit la matière arthurienne dans la littérature française.
Wace(1100 — 1174)
Wace
duché de Normandie
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né vers 1110 sur l'île de Jersey, dans le monde anglo-normand
- Achève le Roman de Brut en 1155, adaptation en français de l'Historia regum Britanniae de Geoffroy de Monmouth
- Premier à mentionner la Table Ronde du roi Arthur dans une œuvre en langue romane
- Rédige le Roman de Rou, chronique en vers des ducs de Normandie, à partir de 1160 pour Henri II Plantagenêt
- Mort vers 1174, après une carrière de clerc lisant à Caen
Œuvres & réalisations
Adaptation en vers français de l'Historia regum Britanniae de Geoffroy de Monmouth ; il introduit la matière arthurienne dans la littérature française et invente la Table Ronde.
Chronique en vers des ducs de Normandie depuis Rollon ; source précieuse sur l'histoire normande, notamment la bataille d'Hastings, restée inachevée.
Poème hagiographique de jeunesse, l'une des plus anciennes œuvres attribuées à Wace, témoignant de sa formation de clerc.
Récit en vers de la vie et des miracles de saint Nicolas, destiné à un public dévot de langue romane.
Poème sur la conception et la vie de la Vierge Marie, contribuant à la diffusion du culte marial en langue vernaculaire.
Anecdotes
Wace est l'un des rares auteurs médiévaux à parler de lui-même : dans son Roman de Rou, il signe son nom et précise qu'il est né à Jersey, dans les îles anglo-normandes, puis qu'il fut élevé à Caen. Ces confidences sont précieuses, car on ignore presque tout de la vie de la plupart des poètes de son temps.
C'est dans le Roman de Brut de Wace qu'apparaît pour la première fois la fameuse Table Ronde du roi Arthur. Wace explique que le roi fit fabriquer cette table sans haut bout ni bas bout, afin qu'aucun de ses chevaliers ne puisse se vanter d'avoir la meilleure place : tous y étaient égaux.
Wace raconte qu'il se rendit lui-même en forêt de Brocéliande, en Bretagne, pour voir la fontaine merveilleuse dont on disait qu'elle déclenchait des orages. Déçu, il avoua honnêtement n'y avoir vu aucune merveille : « Fol m'en revins, fol y allai » (j'y allai fou, j'en revins fou).
Le roi Henri II Plantagenêt accorda à Wace une prébende (un revenu de chanoine) à la cathédrale de Bayeux, en récompense de son travail. C'était une façon courante au Moyen Âge de rémunérer un écrivain : on lui offrait une charge religieuse confortable plutôt qu'un salaire.
Wace ne put jamais achever son grand Roman de Rou, l'histoire des ducs de Normandie. Il avoue avec amertume que le roi Henri II confia la même tâche à un autre poète, Benoît de Sainte-Maure, ce qui le découragea de poursuivre son œuvre.
Sources primaires
Fist Artus la Roonde Table / Dont Bretun dient mainte fable. / Iloc seeient li vassal / Tuit chevalment et tuit egal. (Arthur fit la Table Ronde dont les Bretons disent mainte fable. Là siégeaient les vassaux, tous en chevaliers et tous égaux.)
Jo di e dirai que jo sui / Wace de l'isle de Gersui. (Je dis et dirai que je suis Wace, de l'île de Jersey.)
La alai jo merveilles querre, / Vi la forest e vi la terre, / Merveilles quis, mais nes trovai, / Fol m'en revinc, fol i alai. (J'allai là chercher des merveilles, je vis la forêt et la terre, je cherchai des merveilles mais n'en trouvai aucune ; fou j'y allai, fou j'en revins.)
Lieux clés
Île natale de Wace, qu'il revendique lui-même dans le Roman de Rou. Elle relevait alors du duché de Normandie.
Ville de Normandie où Wace fut élevé et où il revint enseigner comme « clerc lisant » après ses études. Cœur de sa carrière intellectuelle.
Cité de sa cathédrale où Henri II lui octroya une prébende de chanoine en récompense de son œuvre.
Forêt bretonne où Wace se rendit pour observer la fontaine merveilleuse de Barenton, et où il avoua n'avoir vu aucun prodige.
Wace fréquenta le milieu de la cour anglo-normande d'Henri II et d'Aliénor d'Aquitaine, qui commanda et reçut ses œuvres.
Objets typiques

Peau de mouton ou de veau tannée et grattée servant de support à l'écriture au Moyen Âge. Un long poème comme le Roman de Brut en exigeait de nombreuses feuilles.

Instrument d'écriture du clerc médiéval, taillé dans une penne d'oie et trempé dans une encre à base de noix de galle. Outil quotidien du poète qui composait et copiait ses vers.

Forme littéraire des récits en langue romane, écrits en vers de huit syllabes à rimes plates. Wace en fit la forme reine de l'adaptation des chroniques latines en français.

Table sans place d'honneur que le roi Arthur fait construire, selon Wace, pour rendre ses chevaliers égaux. Objet littéraire devenu l'un des symboles majeurs de la légende arthurienne.

Revenu attaché à une charge de chanoine, ici à la cathédrale de Bayeux, qu'Henri II accorda à Wace. C'était la rémunération d'un écrivain protégé par le roi.

Livre copié à la main et orné de lettrines et de miniatures, par lequel circulaient les œuvres comme le Roman de Brut. Objet précieux, réservé aux cours et aux riches abbayes.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Clerc « lisant », Wace commence sa journée par les offices religieux puis se consacre à la lecture des chroniques latines qu'il doit adapter. Il travaille à la lumière du jour, le parchemin étant trop précieux pour l'user à la chandelle.
Après-midi
L'après-midi est consacrée à l'écriture : il compose ses octosyllabes à voix basse, cherchant la rime, et dicte ou copie ses vers. Il enseigne aussi, transmettant le latin et les lettres à de jeunes élèves.
Soir
Le soir, à la cour ou dans une salle de notable, ses vers sont lus ou récités à voix haute devant un auditoire de seigneurs et de dames. La littérature est alors une affaire d'écoute collective plus que de lecture solitaire.
Alimentation
Comme clerc bénéficiant d'une prébende, Wace mange à sa faim : pain, potages, légumes, poissons les jours maigres, viande les autres jours, le tout arrosé de vin coupé d'eau ou de cidre normand.
Vêtements
Il porte la tenue sobre du clerc : longue robe ou tunique de laine sombre, parfois une chape, et la tonsure cléricale au sommet du crâne marquant son appartenance à l'Église.
Habitat
Il loge dans une maison de chanoine ou de clerc, près de l'église ou de la cathédrale, dans une demeure de pierre ou de pans de bois aux pièces sobres, chauffée par une cheminée.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Roman de Brut
1155
Roman de Rou
vers 1160-1174 (inachevé)
Vie de sainte Marguerite
vers 1130-1140
Vie de saint Nicolas
vers 1150
La Conception Nostre Dame
vers 1130-1140






