Ahmad Yasawi est un poète mystique soufi turcophone du XIIe siècle, fondateur de l'ordre Yasawiyya. Né à Sayram, il vécut à Yasi (actuel Kazakhstan) où il composa le Divan-i Hikmet, recueil de poèmes spirituels en langue turque populaire qui contribua à l'islamisation des steppes d'Asie centrale.
Ahmad Yasawi(1093 — 1166)
Ahmad Yasawi
Turkestan
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Quand j'eus soixante-trois ans, je descendis sous terre.»
« Celui qui cherche Dieu doit d'abord mourir à lui-même.»
Faits marquants
- Naissance vers 1093 à Sayram (actuel Kazakhstan) dans une famille de lettrés religieux
- Formation auprès du maître soufi Yusuf Hamdani à Boukhara vers 1120
- Fondation de l'ordre soufi Yasawiyya, premier ordre turcophone d'Asie centrale
- Composition du Divan-i Hikmet, recueil de poèmes en turc populaire transmis oralement
- Retraite volontaire dans une cellule souterraine (chillaхana) à l'âge de 63 ans, en mémoire du Prophète, jusqu'à sa mort en 1166
Œuvres & réalisations
Recueil de poèmes mystiques en turc populaire ; premier grand monument littéraire de la spiritualité turque et vecteur de l'islamisation des steppes.
Ordre soufi qui essaima dans toute l'Asie centrale et l'Anatolie, adaptant l'islam aux traditions turques nomades.
Yasawi popularisa la répétition rythmée des noms divins, méthode qui distingua sa voie et influença d'autres confréries.
En héritant de la lignée de Hamadani, Yasawi relia la mystique du Khorassan aux peuples turcophones des steppes.
Ses quatrains de sagesse fixèrent un genre littéraire imité pendant des siècles par les poètes soufis turcs.
Anecdotes
La tradition rapporte qu'à l'âge de 63 ans — l'âge auquel mourut le prophète Mahomet — Ahmad Yasawi se retira dans une cellule souterraine (chilla-khana) creusée près de la mosquée de Yasi. Il aurait passé le reste de sa vie dans cette retraite, jugeant qu'il ne devait plus voir la lumière du jour après l'âge du Prophète.
Plus de deux siècles après sa mort, le conquérant Tamerlan (Timur) fit édifier sur sa tombe un immense mausolée à Yasi, vers 1389-1405. La légende veut que Timur ait ordonné ce chantier après avoir vu le saint en rêve lui promettre la victoire ; le monument reste inachevé, ses grandes portes de bois n'ayant jamais été posées.
Ahmad Yasawi choisit de composer ses poèmes non pas en persan ou en arabe, langues savantes de l'islam, mais en turc tchaghataï populaire. Ce choix permit aux nomades des steppes, qui ne lisaient pas l'arabe, de mémoriser et de chanter ses vers, faisant de lui un passeur de l'islam parmi les peuples turcs.
On raconte qu'enfant, à Sayram, Ahmad perdit tôt ses parents et fut élevé par sa sœur aînée Gawhar Shahnaz. Selon les récits hagiographiques, il montra très jeune des dons spirituels, dialoguant en rêve avec le maître soufi Arslan Baba qui lui aurait transmis une datte confiée jadis par le Prophète lui-même.
Le grand mausolée de Turkestan abrite un chaudron de bronze géant, le Taïkazan, coulé en 1399 : large de plus de deux mètres et pesant environ deux tonnes, il servait à distribuer de l'eau sucrée aux pèlerins le vendredi. C'est l'un des plus grands récipients métalliques du monde médiéval musulman.
Sources primaires
À soixante-trois ans j'entrai sous la terre : ayant atteint l'âge du Prophète, je cachai mon visage au monde et cherchai le Bien-Aimé dans l'obscurité.
Ceux qui n'ont pas goûté la douleur de l'amour ne sont pas des hommes ; écoute, ô ignorant, ces paroles de sagesse et pleure sur ton âme négligente.
Khwaja Ahmad Yasawi reçut la voie de Khwaja Yusuf Hamadani, puis se rendit à Yasi où il devint le guide des peuples turcs vers la vérité.
Lieux clés
Ville natale d'Ahmad Yasawi dans le sud du Kazakhstan actuel, ancien carrefour caravanier de la route de la soie.
Ville où Yasawi enseigna, mourut et fut enseveli ; elle devint le grand centre de pèlerinage de la confrérie Yasawiyya.
Immense sanctuaire timouride bâti sur sa tombe par Tamerlan, aujourd'hui inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Grand foyer du soufisme où Yasawi étudia auprès du maître Yusuf Hamadani avant de retourner vers les steppes.
Métropole savante du Khorassan liée à l'école de Yusuf Hamadani, dans l'actuel Turkménistan.
Objets typiques

Recueil de poèmes spirituels en turc populaire attribué à Yasawi, transmis et chanté par ses disciples ; véritable manuel de la voie mystique pour les steppes.

Grain à grain, il servait au dhikr, la répétition des noms de Dieu, pratique centrale de la confrérie Yasawiyya.

Vêtement de bure porté par les soufis en signe de pauvreté et de renoncement au monde, transmis du maître au disciple.

Petite chambre creusée sous terre où Yasawi se retira à 63 ans pour prier loin de la lumière du monde.

Récipient monumental coulé en 1399 pour le sanctuaire, servant à offrir de l'eau bénie aux pèlerins le vendredi.

Instrument des cérémonies soufies dont le souffle plaintif symbolise l'âme séparée de Dieu et accompagne le chant des hikmet.

Le calame et l'encrier avec lesquels les disciples fixèrent par écrit la sagesse orale du maître turcophone.
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Vie quotidienne
Matin
Avant l'aube, Ahmad Yasawi se lève pour la prière du fajr et de longues ablutions. La matinée se passe en récitation du Coran et en enseignement aux disciples rassemblés autour de lui dans la khanqah.
Après-midi
L'après-midi mêle méditation silencieuse, réponse aux questions des fidèles et composition de quatrains de sagesse. Les disciples copient ses paroles et pratiquent le dhikr sous sa direction.
Soir
À la nuit tombée, après la prière du soir, la confrérie se réunit pour le dhikr chanté à voix haute, parfois jusque tard, avant que le maître ne regagne sa cellule pour la veille et la prière solitaire.
Alimentation
Alimentation frugale de derviche : pain d'orge, bouillie de céréales, lait aigre et fromage séché des nomades, dattes et fruits secs, eau. Le jeûne fréquent est vu comme une discipline de l'âme.
Vêtements
Une longue robe de laine grossière (khirqa), une ceinture, un turban modeste et parfois un manteau de feutre contre le froid des steppes. Le vêtement pauvre affiche le renoncement au monde.
Habitat
Une modeste khanqah de briques crues à Yasi, avec salle de prière et cellules pour les disciples ; puis, dès 63 ans, une étroite cellule souterraine creusée dans la terre pour la retraite.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Une ambiance de manuscrit timouride enluminé : ocre et turquoise, coupole émaillée et dômes dorés au-dessus de la steppe infinie.
Ambiance sonore
Le souffle grave du dhikr chanté et de la flûte de roseau, mêlé au vent sec des steppes et aux clochettes lointaines des caravanes.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Divan-i Hikmet (Le Livre de la Sagesse)
XIIe siècle
Fondation de la confrérie Yasawiyya
vers 1150
Développement du dhikr chanté à voix haute
XIIe siècle
Transmission spirituelle de Yusuf Hamadani
avant 1141
Modèle poétique du hikmet
XIIe siècle et après






