Wilhelm Ostwald est un chimiste germano-balte, l'un des pères fondateurs de la chimie physique. Il reçut le prix Nobel de chimie en 1909 pour ses travaux sur la catalyse, les équilibres chimiques et les vitesses de réaction.
Wilhelm Ostwald(1853 — 1932)
Wilhelm Ostwald
Allemagne, Empire russe
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1853 à Riga (alors dans l'Empire russe), mort en 1932 près de Leipzig
- Cofondateur de la chimie physique aux côtés de van 't Hoff et Arrhenius dans les années 1880
- Met au point le procédé Ostwald (1902) pour la production industrielle d'acide nitrique à partir de l'ammoniac
- Reçoit le prix Nobel de chimie en 1909 pour ses travaux sur la catalyse
- Défenseur de l'« énergétisme », doctrine philosophique faisant de l'énergie la réalité fondamentale
Œuvres & réalisations
Traité fondateur qui définit et organise la chimie physique comme discipline autonome. Référence majeure pour des générations de chimistes.
Relation mathématique décrivant la dissociation des électrolytes faibles en solution. Pilier de l'électrochimie naissante.
Définition moderne du catalyseur comme accélérateur de réaction non consommé. Elle valut à Ostwald son prix Nobel.
Méthode industrielle de production d'acide nitrique par oxydation de l'ammoniac. Toujours employée pour fabriquer engrais et explosifs.
Première revue scientifique mondiale dédiée à la chimie physique, cofondée avec van 't Hoff. Elle structura la communauté de cette nouvelle science.
Classification rationnelle des couleurs fondée sur des principes mesurables. Elle influença designers et théoriciens de l'art.
Récompense décernée pour ses travaux sur la catalyse, les équilibres chimiques et les vitesses de réaction. Consécration de la chimie physique.
Anecdotes
Ostwald obtint le prix Nobel de chimie en 1909 pour ses travaux sur la catalyse, mais il faillit ne jamais devenir chimiste : passionné de peinture, il rêva un temps d'être artiste. Plus tard, il fonda même une science des couleurs et inventa un système pour les classer, prouvant qu'il n'avait jamais vraiment abandonné sa palette.
Le « procédé Ostwald », qu'il mit au point en 1902, permet de fabriquer de l'acide nitrique à partir de l'ammoniac. Ce procédé, encore utilisé aujourd'hui, sert à produire des engrais qui nourrissent une grande partie de la planète.
Ostwald fut longtemps un farouche adversaire de l'existence des atomes : il pensait qu'on pouvait expliquer la chimie uniquement avec l'énergie, sans ces minuscules particules invisibles. Il changea d'avis vers 1909, après les expériences de Jean Perrin sur le mouvement brownien qui prouvèrent que les atomes existaient bel et bien.
Avec son ami suédois Svante Arrhenius et le Néerlandais Jacobus van 't Hoff, Ostwald forma un trio surnommé les « Ioniens » qui fonda une discipline entièrement nouvelle : la chimie physique. Ensemble, ils lancèrent en 1887 la première revue scientifique consacrée à ce domaine.
À la fin de sa vie, retiré dans sa propriété nommée « Energie » près de Leipzig, Ostwald consacra beaucoup d'énergie à promouvoir une langue internationale (l'Ido) et à réformer l'organisation de la science. Il rêvait d'un monde où les savants de tous les pays se comprendraient instantanément.
Sources primaires
La chimie physique étudie les relations générales entre les propriétés physiques et la composition chimique des corps.
Un catalyseur est une substance qui modifie la vitesse d'une réaction chimique sans apparaître elle-même dans les produits finaux.
Toute mon existence scientifique a été dominée par la conviction que l'énergie est la réalité fondamentale du monde.
Procédé pour la production d'acide nitrique par oxydation catalytique de l'ammoniac sur un treillis de platine.
Lieux clés
Ville portuaire de la Baltique où Ostwald naquit en 1853 dans une famille germano-balte. Il y passa son enfance et y développa son goût pour les expériences.
Université germanophone de l'Empire russe où Ostwald étudia la chimie et soutint sa thèse. C'est là qu'il rencontra ses premiers maîtres.
Grande université allemande où Ostwald fut professeur de chimie physique de 1887 à 1906. Son laboratoire y attira des étudiants du monde entier.
Domaine campagnard près de Leipzig où Ostwald se retira après 1906. Il y poursuivit ses recherches sur les couleurs et y mourut en 1932.
C'est à Stockholm qu'Ostwald reçut le prix Nobel de chimie en 1909 des mains de l'Académie royale des sciences de Suède.
Objets typiques

Fine grille de platine sur laquelle l'ammoniac s'oxyde pour donner de l'acide nitrique. C'est le cœur du procédé Ostwald, toujours utilisé dans l'industrie chimique.

Tube de verre gradué muni d'un robinet servant à verser goutte à goutte une solution. Ostwald l'utilisait pour mesurer précisément les équilibres acido-basiques.

Appareil mesurant la capacité d'une solution à conduire le courant électrique. Il permit à Ostwald d'étudier la dissociation des ions et de formuler sa loi de dilution.

Roue de couleurs classées selon un système rationnel inventé par Ostwald. Elle illustre sa tentative de fonder une science exacte des couleurs.

Imposant traité en plusieurs volumes par lequel Ostwald structura la nouvelle discipline de la chimie physique. Il forma des générations d'étudiants à travers le monde.

Dispositif transformant une réaction chimique en courant électrique. Ostwald y voyait l'illustration parfaite de l'unité entre énergie et chimie.
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Vie quotidienne
Matin
Lève-tôt méthodique, Ostwald commençait sa journée à l'aube par plusieurs heures d'écriture et de réflexion, son moment le plus productif. Il notait ses idées dans des carnets avant de gagner son laboratoire universitaire.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux expériences, à l'encadrement de ses nombreux doctorants et aux cours magistraux. Son laboratoire de Leipzig bourdonnait d'étudiants venus de toute l'Europe et d'Amérique.
Soir
Le soir, Ostwald correspondait avec ses confrères du monde entier et travaillait à ses projets de réforme de la science et de langue internationale. Il s'adonnait aussi volontiers à la peinture, sa passion de toujours.
Alimentation
Comme la bourgeoisie universitaire allemande de son temps, il prenait des repas copieux à base de pain, de viandes, de pommes de terre et de bière de Saxe. Le café accompagnait ses longues séances de travail.
Vêtements
En public, Ostwald portait le costume sombre, la chemise à col dur et la cravate du professeur d'université de la fin du XIXe siècle. Au laboratoire, il revêtait une blouse pour protéger ses vêtements des produits chimiques.
Habitat
À Leipzig, il vivait dans une demeure bourgeoise confortable proche de l'université. Après sa retraite, il s'installa dans sa propriété campagnarde « Energie » à Großbothen, mêlant maison d'habitation, laboratoire privé et atelier de peinture.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Lehrbuch der allgemeinen Chemie (Manuel de chimie générale)
1885-1887
Loi de dilution d'Ostwald
1888
Théorie de la catalyse
1894
Procédé Ostwald
1902
Zeitschrift für physikalische Chemie (revue cofondée)
1887
Système des couleurs d'Ostwald (Farbenlehre)
1916-1923
Prix Nobel de chimie
1909






