Willem de Kooning est un peintre américain d'origine néerlandaise, figure majeure de l'expressionnisme abstrait. Installé aux États-Unis en 1926, il devient avec Jackson Pollock l'un des chefs de file de l'École de New York. Sa série des « Women » mêle abstraction gestuelle et figuration.
Willem de Kooning(1904 — 1997)
Willem de Kooning
États-Unis, Royaume des Pays-Bas
6 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« L'art n'est pas pour moi un moyen de faire de l'argent, c'est une manière de vivre.»
Faits marquants
- Né le 24 avril 1904 à Rotterdam (Pays-Bas)
- Émigre clandestinement aux États-Unis en 1926
- Devient une figure de proue de l'expressionnisme abstrait dans les années 1940-1950
- Réalise sa célèbre série « Woman » à partir de 1950-1953
- Mort le 19 mars 1997 à East Hampton (New York)
Œuvres & réalisations
Toile charnière où abstraction et silhouettes féminines roses commencent à fusionner, annonçant son style mature.
Vaste composition abstraite en ocres et blancs, considérée comme l'un de ses chefs-d'œuvre ; elle est montrée à la Biennale de Venise.
Œuvre la plus célèbre de la série des « Women », image violente et grotesque qui rompt avec l'abstraction pure et fait scandale.
Autre pièce majeure de la série, mêlant figure féminine grimaçante et énergie gestuelle débridée.
Peinture abstraite urbaine où de Kooning incorpore par transfert des fragments de journaux, évoquant le chaos de la ville.
Toile abstraite emblématique de sa période new-yorkaise, devenue célèbre pour son prix de vente record.
Œuvre de la période où l'artiste s'oriente vers de larges plans de couleur inspirés du paysage de Long Island.
Figures féminines plus fluides peintes après son installation à East Hampton, témoignant de l'influence de la lumière côtière.
Anecdotes
En 1926, Willem de Kooning embarque clandestinement à bord d'un cargo, le SS Shelley, pour rejoindre les États-Unis. Il débarque sans papiers en règle et travaille d'abord comme peintre en bâtiment et décorateur pour gagner sa vie à New York.
Sa série des « Women », commencée au début des années 1950, déclencha un scandale : alors que ses amis peintres défendaient l'abstraction pure, de Kooning osa réintroduire la figure humaine. Ces femmes aux dents grimaçantes et aux corps déformés choquèrent autant qu'elles fascinèrent la critique.
En 1953, l'artiste Robert Rauschenberg demanda à de Kooning un de ses dessins dans le seul but de l'effacer pour en faire une œuvre intitulée « Erased de Kooning Drawing ». De Kooning, amusé mais conscient de l'enjeu, choisit volontairement un dessin difficile à gommer.
Atteint de la maladie d'Alzheimer dans les années 1980, de Kooning continua pourtant de peindre. Ses dernières toiles, épurées et lumineuses, suscitent encore aujourd'hui un débat sur la part de l'artiste et celle de la maladie dans leur création.
En 1989, son tableau « Interchange » (1955) puis surtout sa revente en 2015 pour environ 300 millions de dollars en fit l'une des œuvres les plus chères jamais vendues, consacrant la valeur posthume de l'expressionnisme abstrait.
Sources primaires
« La chair est la raison pour laquelle la peinture à l'huile a été inventée. »
« La beauté me rend hargneux. Je préfère le grotesque. C'est plus joyeux. »
« Le contenu, si vous voulez, est un aperçu fugitif de quelque chose, une rencontre, comme un éclair. »
Lieux clés
Ville natale de Willem de Kooning, où il commence son apprentissage artistique et fréquente l'Académie des beaux-arts le soir.
Ville où de Kooning s'installe après son émigration et devient une figure centrale de l'École de New York et de l'expressionnisme abstrait.
Village où de Kooning installe son atelier conçu par lui-même et passe la fin de sa vie ; il y meurt en 1997.
Musée qui consacre de Kooning en exposant ses œuvres et en organisant des rétrospectives majeures de son travail.
Objets typiques

De Kooning utilisait souvent de larges brosses de décorateur, héritées de son métier d'origine, pour ses coups de pinceau gestuels et énergiques. Elles permettaient de couvrir de grandes surfaces avec véhémence.

Outil à lame souple servant à étaler, gratter et racler la peinture directement sur la toile. De Kooning l'employait pour superposer et faire ressurgir les couches de matière.

Médium de prédilection de l'artiste, dont il appréciait la lenteur de séchage permettant de retravailler longuement la matière. Il la mêlait parfois à des pigments commerciaux et à de l'eau.

Support de grandes dimensions caractéristique de l'expressionnisme abstrait, qui engage le corps entier du peintre. De Kooning y déployait ses compositions gestuelles à l'échelle du mur.

De Kooning découpait des bouches issues de publicités de magazines et les collait sur ses toiles de « Women » pour amorcer le visage. Il utilisait aussi du papier calque pour reporter et déplacer des motifs.

Instruments de dessin que de Kooning utilisait intensément, traçant et effaçant sans cesse pour chercher la forme. Le dessin restait le squelette vivant de sa peinture.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Tags
Vie quotidienne
Matin
Le matin, de Kooning gagnait son atelier où la lumière du nord était reine. Il passait souvent de longs moments à observer une toile inachevée avant d'oser le premier geste, le café à la main.
Après-midi
L'après-midi était consacré au travail intense de la matière : il appliquait, raclait puis recouvrait la peinture, retravaillant sans fin la même œuvre. Il gardait certaines toiles humides pendant des semaines pour pouvoir les modifier.
Soir
Le soir, surtout dans ses années new-yorkaises, il fréquentait le Cedar Tavern, bar de Greenwich Village où se retrouvaient les peintres de l'École de New York. Les discussions sur l'art y duraient tard dans la nuit.
Alimentation
Sa vie de bohème new-yorkaise fut souvent marquée par les privations, mangeant peu et buvant beaucoup. Une fois installé à East Hampton, son alimentation se régularisa, mais l'alcool resta longtemps un compagnon problématique.
Vêtements
Dans son atelier, de Kooning portait des vêtements de travail maculés de peinture, à l'image de son métier de jeunesse de peintre en bâtiment. En public, il soignait davantage une allure simple et élégante.
Habitat
Après des années de logements modestes à Manhattan, il fit construire à Springs (East Hampton) un atelier-maison lumineux et spacieux, pensé comme un vaisseau dédié à la peinture, qu'il habita jusqu'à sa mort.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Pink Angels
vers 1945
Excavation
1950
Woman I
1950-1952
Woman and Bicycle
1952-1953
Interchange
1955
Door to the River
1960






